G — 30 R — 34 CR — 35 R — P.G., 24 E— 32 B — 35 G
— Andr., 1 A — 3 A — 7 A —
- 38 E, soit en tout 37 exceptions.
l’alexandrin français
Tous deux, comme nous le savons déjà, possèdent chacun un accent principal, dû soit à une suspension de sens, soit à un mot pathétique ou important. Alors l’un ou l’autre peut présenter le déplacement de voix le plus considérable. L’acuité dominante détermine généralement la modulation la plus étendue :
Viens voir la belle nuit ! — Mon duc, rien qu’un moment !
Le temps de respirer et de voir seulement. (Hem., 1-2.)
La hauteur maxima est v. 1 A = 380, E = 560, G = 480, J = 480, R = 560; v. 2 A = 340, E = 500, G — 420, J = 380, R — 320.
L’écart des tons est dans un rapport parallèle : v. 1 A = 7 */,, E = 7 % G = 7 i/„ J = 8 */„ R = 7 */, ; v. 2 A =6% E = 7 */„ G = 4 */a,
J = 6 Yü, R = 3. Seule la déclamation de E est un peu différente, mais elle n’infirme pas la règle.
Cependant il y a des exceptions. Lorsque l’accent le plus aigu est identique dans les deux vers, l’intervalle mélodique peut en certains cas
marquer la même constance, mais il peut aussi varier et la cause en est à la hauteur minima. Nous citerons un exemple :
...Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point. C’est grand deux fois comme la chambre... (P -G., 32-33.)
On trouve pour J : hauteur maxima v. 32 = 280, v. 33 = 280; hauteur minima v. 32 = 180, v. 33 = 160; écart des tons : v. 32 =3 '/,, v. 33 = 4 Va- note plus grave fournie par l’organe, et elle seule, augmente l’ampleur de la modulation.
On constate parfois un phénomène beaucoup plus intéressant : la hauteur minima, en dépit de l’accent d’acuité principal, commande l’intervalle mélodique :
Tout s’est éteint, flambeaux et musique de fête.
Rien que la nuit et nous. Félicité parfaite ! (Hem., 3-4.)
La déclamation de E appelle en effet notre attention. Les chiffres obtenus sont : hauteur maxima v. 3 = 380, v. 4= 340 ; hauteur minima v. 3 = 240, v. 4 = 200 ; écart des tons : v. 3 = 4, v. 4 = 4 l/î. Les cas semblables constituent les véritables exceptions, mais ces exceptions sont très rares, et nous n’en avons rencontré qu’un petit nombre L
30 Deux alexandrins se succèdent, dont l’un seulement contient à la fois une suspension de sens et une fin de phrase.
Ici la matièie est particulièrement délicate. De tout ce qui précédé, il ressort que la fin de phrase fait baisser la voix, que la coupe suspensive la lait au contraire monter. Le veis, quand il réunit ces deux conditions, doit donc présenter un intervalle mélodique beaucoup plus considérable que s’il possède seulement une suspension de sens. C’est en effet ce qui arrive, nous allons le démontrer, et l’ampleur de la modulation peut cette fois être totalement indépendante de la hauteur maxima comparée. Soit en effet ce passage :
Tout à l’heure on fuyait la lumière et les chants !
Le bal ! Mais un oiseau qui chanterait aux champs !
Un rossignol perdu dans l’ombre et dans la mousse... (Hem., 25-27.)
Dans la déclamation de G, le second de ces alexandrins possède à la fois un fort accent d’acuité et une chute de la voix. Il est encadré par deux vers où le second de ces caractères est absent. La hauteur maxima pour le v. 25 est de 520, pour le v. 26 de 400, pour le v. 27 de 560 v. s.
1. En voici le catalogue : Cid, 10 J — Hem., 4 E G, 5 J, 12 G, 25 A, 27 A J — R. B., 34 E, 36 E — P .G., 18 J, 20 B, 16 J.
l’intervalle des tons : RAPPORTS des vers entre eux
Mais l’écart des tons est respectivement de 4 % 5 et 3 7, Le vers qui est affecté du temps marqué le moins aigu comporte cependant l’intervalle mélodique le plus développé. La même remarque est d’ailleurs applicable à la déclamation du sujet R.
Le type défini (suspension-fin de phrase ou fin de phrase-suspension) se rencontre d’ailleurs sous plusieurs especes.
a) L’alexandrin offre un sens complet : la coupe suspensive est à l’intérieur, frappant la syllabe finale du premier hémistiche ou te groupe rythmique interne d’un fort accent d’acuité, et la chute de la voix porte sur les dernières syllabes :
Mon trouble se dissipe et ma raison revient. {Cm., I, 1.)
t) Inversement, la coupe suspensive peut se rencontrer à la fin du vers, et la chute de la vois à l’intérieur. Dans ce cas, les premières syllabes forment un sens complet ou achèvent une phrase commencée, et les dernières syllabes inaugurent un nouveau sens, à moins quelles ne soient elles-mêmes une fin de phrase dont l’émotion ou 1 emphase relèvent la finale .
C’est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d’écume... (P. G., 13.)
c) D’autre part, on peut assimiler aux précédentes variétés les alexandrins qui contiennent à la fois un mot pathétique ou important et une conclusion, car il’est évident que cet élément pathétique, quand il est mis en relief, est pratiquement l’équivalent d’une coupe suspensive de sens. Le vers suivant, examiné pour deux dictions différentes, peut servii à le démontrer .
Dur labeur ! Tout est noir, tout est froid, rien ne luit.
Dur
la bœr
Tu
te
nwàr
tu
te
frwâ
rye
n(œ) Hui
Il est traité par E comme un tout complet dont les membres, séparés par l’accent de l’hémistiche, s’opposent harmonieusement. R e ivise au contraire en une série de petites phrases à la fin desquelles la voix tombe, mais dont deux au moins possèdent un mot de valeur que la déclamation frappe d’une acuité particulièrement forte. Ce temps marqué fait monter pour R la hauteur maxima du vers comme la coupe suspensive le fait pour Ë. Le traitement différent aboutit donc à une équivalence de fait, comme nous l’avancions plus haut.
d) Enfin la règle s’applique quelquefois aux vers qui terminent un sens et qui font suite à un ou plusieurs autres vers dont la finale est suspendue et dont ils dépendent. Mais il faut pour cela que la conclusion constitue un enjambement non atténué par la voix :
Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison. (R. B., 3.)
ou bien qu’il soit affecté intérieurement d’un accent d’acuité suffisamment important, comme dans le dernier de ces trois alexandrins :
Au fond, dans l’encoignure où quelque humble vaisselle Aux planches d’un bahut vaguement étincelle,
On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants. (P. G., 5-7-)
Lote. — L'alexandrin.
L ALEXANDRIN FRANÇAIS
Dans les deux cas, la cause de l’accent d’acuité suffisant est la même : c’est la suspension de sens, accrue plus ou moins dans ses effets par le relief pathétique.
Le vers de conclusion, disons-nous, ne dépasse par l’étendue de sa modulation le vers suspendu dont il est précédé ou suivi qu’à une seule condition : c’est qu’il renferme un temps marqué musical suffisamment aigu. En fait, la statistique montre que sur 186 vers traités comme fin de phrase par les divers sujets, 53 a peine l’emportent par leur intervalle mélodique sur les alexandrins à coupe suspensive entre lesquels ils trouvent place. 133 au contraire, le plus grand nombre, présentent un écart de tons moins considérable.
Le phénomène exige un commentaire. Les variétés abc 11e sont point elles-mêmes sans admettre quelques exceptions, mais ces exceptions sont relativement rares. Nous en avons compté 13 pour les différents sujets dans l’ensemble des morceaux inscrits ’. Il faut bien noter que d’une façon générale l’ampleur de la modulation est d’autant plus grande que la suspension intérieure est plus caractérisée. C’est seulement quand elle est très affaiblie, quand le vers ne comporte aucun fort accent d'acuité, que la règle se trouve paralysée.
Ce temps marqué fort, — et par conséquent suffisant, selon la définition que nous en donnerons plus loin — , se rencontre presque toujours dans la variété a, puisqu’alors l’alexandrin, formant une phrase à lui tout seul, renferme nécessairement la coupe de sens principale contenue dans cette phrase. Il se rencontre presque toujours aussi dans la variété b, qui n’est guère qu’une transposition de a , et dans le type de c où il est pour ainsi dire essentiel. Il n’en est pas de même dans la catégorie d. Cela 11’offre rien de bien surprenant, puisque de tels vers ne contiennent généralement pas 'la suspension de sens prépondérante de la période dont ils font partie. En effet, nous l’avons vu, ils sont le plus souvent affectés d’une hauteur maxima moindre que celle des alexandrins dont ils sont encadrés, et les mots importants ou pathétiques eux-mêmes y sont atténués par la voix.
Ces considérations expliquent que seule la minorité des vers fin de phrase (variété d ), minorité imposante à la vérité, mais qui n’en reste pas moins telle, demeure soumise à la règle énoncée.
Quant aux exceptions signalées pour les types abc, elles sont dues à l’absence de coupe suspensive caractérisée, à la presque équivalence des temps marqués. Voilà pourquoi, à côté d’alexandrins à sens complet présentant un ample intervalle mélodique, on en trouve un petit nombre où l’écart des tons est insignifiant 2. L’examen plus détaillé d’un de ces cas exceptionnels offre un certain intérêt. Nous choisirons l’exemple suivant :
Or la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant... (P. G., 34-35.)
Il s’agit de la déclamation du sujet B. Sur le premier vers la voix tombe, et il est par conséquent traité comme s’il possédait un sens complet. Dans le second, il y a au contraire suspension à la finale, avec déplacement oratoire de l’accent. Pratiquement, nous nous trouvons donc en présence de la succession définie, réalisée selon le type a. Les mesures obtenues sont celles-ci :
Or
la
niât
dà
là dé e la
bruni
de
sà
brœ
Pur
râ
kô
Ire
pwè sur lœ
de
1er
mu
và