‹ Études sur le vers françaisChapitre 191 sur 214 · JO · texte numérisé non relu

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(Bér.,

Clair Tisseur, nous l’avons dit ailleurs, a signalé la dureté de ces rencontres. En fait la voix les évite le plus possible, et il nous faut indiquer maintenant le procédé le plus radical par lequel disparaît le heurt jugé inharmonieux. Les deux syllabes fortes en présence, dont la première peut être constituée par la finale d’un pied polysyllabique ou par un pied monosyllabique, dont la seconde est elle-même un pied monosyllabique ou l’initiale d’un trochée d’intensité, tendent à s’agréger l’une à l’autre dans une même progression rythmique. Le premier membre métrique perd alors son accent. Le phénomène ressemble à ceux que nous avons constatés quand nous avons traité de la durée et de l’acuité :

Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres. . .

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Dans cet alexandrin, le pied formé est üüA») au lieu des deux fortes qu’on devrait voir apparaître à la sixième et à la septième place. Les

L ALEXANDRIN FRANÇAIS

amplitudes s’accordent avec les distances d’audibilité : 0 = 13, i = 20 (bord et glisse)-, la fusion des groupes en présence est complète. La construction du vers, il faut le noter, en est seule responsable, et la césure aurait conservé son accent si le poète avait écrit :

Les flots le long du bord ont glissé, serpents verts. . .

Le pied de deux syllabes provoque dans le rythme des troubles moins grands que le pied monosyllabique en concurrence avec un autre temps marqué. Il mérite cependant quelques observations. 11 faut considérer que le vers romantique comporte souvent en son milieu, sans parler de ses autres membres, une dipodie iambique imparfaite : le premier iambe marque une suspension de sens moins forte que le second et tend par conséquent à s’agréger avec lui plus ou moins intimement. La fusion peut être complète; elle peut aussi ne pas l’être, et l’on comparera utilement ces alexandrins du même type :

Un rossignol perdu dans l’ombre et dans la mousse. . .

Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson. . .

Je me sentais joyeuse et calme, ô mon amant. . .

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(Hem., 27 E.)

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