‹ Études sur le vers françaisChapitre 194 sur 214 · Cf. par exemple PG · texte numérisé non relu

Cf. par exemple PG

Lote. — L’alexandrin.

l’alexandrin français

Nous ferons donc d’abord seulement appel à des exemples dans lesquels l'intensité brute et l’intensité potentielle sont concordantes En voici toute une série •

1 u n as fait le devoir que d’un homme de bien . . . Et de quelque façon qu’éclate ma douleur. .

Pour plaire

à votre épouse,

il vous faudrait peut

-être. . .

Ta

na

fè

Jæ

v-wàr

no

byè

So-

(Cid, 7 C.)

fol

fa

sô

fo

kla

ma

du

So

(Cid, 3 C.)

Pur

plèr

rt

VQ

tre

pu

%œ il

vu

fo

drê

trœ

( Audr ., 17 A.)

Les amplitudes intéressantes sont pour le premier vers u = ,6, a = 8, i = i7; pour le second te = 13, e = 16, « = , et la tonique a = ,6 . pour e t, 01 sterne ■ a — té, e — i?,œ—i7,é= 17. Dans le premier l’accident initial est plus faible que la syllabe forte qui termine le pied! Dans le second il y a égalité dynamique. Enfin dans le troisième alexandrin c’est la syllabe intérieure qui l’emporte.

Ceo établi, il s’agit de noter la place où tombent les accents accessoires dans les membres métriques. La mesure anapestique est relativement stable et constitue par conséquent un des éléments fondamentaux du rythme français. Le temps marqué secondaire ne peut affecter que la première syllabe du groupe. Souvent la cause en doit être attribuée à l’importance significative de cette syllabe, souvent au contraire des motifs paiement phonétiques doivent etre invoques : les consonnes explosives /, d, k, g, p, b projettent en effet avec plus de vigueur les voyelles dont elles sont suivies. Le premier des vers immédiatement précités donne l’exemple d’un anapeste impur.

Les peons, les pieds de cinq et de six syllabes demeurent très rarement intacts. Les renforcements de la voix, à l’intérieur de ces membres memques, sc manifestent quelquefois sur la première syllabe, dans les conditions que nous venons de signaler. Ils apparaissent plus généralement ailleurs, et, quand ,1s ne sont pas amenés par la nature des consonnes, ils n’ont d’autre raison d’être que de fournir à la voix un léger point t appui dans une mesure rythmique déjà trop vaste pour qu’une déclamation lente l’articule sans difficulté. Plus les groupes s’allongent plus il est difficile de les conserver au point de vue dynamique tels que le sens l’exige, et les altérations augmentent de fréquence. Elles “contient les combinaisons d une ampleur trop grande en fragments plus menus. Comme dans l’ordre temporel et dans l’ordre musical, on peu, reconnaître dans les changements dont il s agit soit un simple artifice oratoire, soit la nécessité de mettre en relief un mot important placé à l’intérieur de la succession métrique soit le besoin de soutenir une articulation trop monotone. Mais de plus, et ceci est spécialement du domaine de l’intensite, cei laines variétés de consonnes, les timbres, quelquefois même les hauteurs musicales concourent à imposer aux membres métriques des

1. Les durees et surtout les acuités prouvent que le dernier hémistiche de cet alexandrin forme un seul membre rythmique.

COMMENT S’ALTÈRENT LES GROUPES RYTHMIQUES

sectionnements nombreux. Au delà de quatre syllabes, semble-t-il, les pieds composant le vers demeurent très rarement purs, et l’accent qui les termine réussit difficilement à maintenir les éléments faibles dans une progression continue.

Non seulement toutes ces causes expliquent comment, au point de vue dynamique, on peut constater dans les mesures étendues des divisions secondaires doubles ou triples, mais encore elles donnent la raison d’un fait plus important. Nous n’avons pas trouvé, au début de ce chapitre, de pied qui dynamiquement dépassât six syllabes, et de cette dernière formation l’exemple cité par nous était unique. La durée au contraire nous a montré, dans les vers enregistrés, une succession de six brèves suivies d’une longue; la hauteur musicale nous a laissé apercevoir une série de sept graves avec tonique aiguë et finale féminine. Ici rien de tel, et toutes ces mesures rythmiques sont impures. Il nous suffira de transcrire deux vers dont nous donnons, avec l’intensité auditive, dans un cas les durées, dans l’autre les acuités. Le contraste est frappant. Voici les textes :

J’ai déjà

Su comment votre main divine protégea Le destin d’Atys . . .

Parce qu’on est jaloux des autres, et honteux De soi . . .

Les chiffres sont :

Su

ko

mâ

vo

trœ

me

di

vi n(œ)

pro

te

ja

KJ

kj

KJ

KJ

KJ

KJ

KJ

KJ

Par

ko

ne

ja

lu

de

%ô trœ

(Enj., 11.)

Tous les accents secondaires notés par nous ne sont pas discutables si l’on a admis les distinctions posées au sujet de la durée. C’est en effet d’après la valeur temporelle des syllabes que l’on a décidé s’il y avait temps marqué principal ou accessoire. On a considéré comme accent secondaire tout renforcement de la voix tombant à l’intérieur d’une mesure métrique quand ce renforcement est concomitant d’une fin de mot ou d’un allongement tel que la voyelle l’emporte sur la consonne. Partout ailleurs on n’a généralement voulu voir dans l’accident dynamique qu’un phénomène oratoire. C’était au demeurant le seul critérium dont on pût disposer.

Nous pouvons aussi reprendre l’observation déjà faite à propos des durées et des acuités, car elle est également valable pour les intensités : il peut y avoir temps marqué sur toute espèce de mots ', articles, adjectifs, pronoms, prépositions et conjonctions, car il n’y a pas une seule « partie

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