PAR EUG. DE LARUJERE
(Colleclion Ji- M. Albert Maignan.
l'installation des panneaux et des toiles, la répartition définitive des locaux n'autorisait plus qu'un compromis entre l'exposition historique et le groupement de chefs-d'œuvre. On se trouvait de la sorte amené à
Constituer un ensemble de tableaux à peu près égal, pour le nombre, à celui qui s'était vu en 1889 ' .
Une « sélection de chefs-d'œuvre » avait constitué le premier musée centennal ; qu'allait-il advenir pour le second ? Devait-on renouveler l'expérience de i88q, rechercher les mêmes peintures et les exhiber à nouveau? S'y prendre de la sorte, c'était diminuer l'intérêt de la manifestation et limiter la portée de son enseignement. L'exposition centennale visait par-dessus tout à exalter l'école française. Or, je le demande, aurait-on atteint le but en montrant une école si pauvre, qu'elle ne trouvait à invoquer, pour sa glorification, que des arguments toujours identiques ? Puis, sans réclamer une loi qui défende l'exportation des œuvres d'art, chacun peut prévoir le jour très prochain où les monuments nécessaires feront défaut à qui voudra suivre, sans dépasser la frontière, le développement ininterrompu de notre école de peinture. Rien de plus flatteur que l'empressement apporté par l'étranger à rechercher les tableaux français du siècle ; mais combien les conséquences de cette faveur demeurent fâcheuses! 11 est tel grand maître, Théodore Rousseau, par exemple, dont les pages essentielles ont presque toutes émigré en Amérique, et, par malheur, le temps manquait pour les y aller quérir. A Paris, depuis ces derniers dix ans, il s'est dispersé plus de galeries anciennes qu'il ne s'en est formé de nouvelles ; à bien peu s'en faut, les plus riches ont été mises à contribution, en s'interdisant d'y rien choisir qui ait figuré à l'Exposition précédente.
L'apport de la province s'imposa plus considérable et plus significatif encore. Je ne songe pas seulement aux envois des amateurs, mais aux prêts des musées. Il faut remonter à l'Exposition des portraits historiques, organisée en 1878 par Philippe de Chennevières, pour voir ainsi dépouillées les collections départementales. A cet égard, l'Exposition centennale de 1900 a été éminemment décentralisatrice; elle a
j. Voici le dénombrement comparatif, par genre, des ouvrages qui constituèrent les Expositions centennales de 1889 et de 1 goo ;
i88q igoo
Tableaux 652 (381
Dessins 558 704
Miniatures yb 5o
Sculptures . . . ... 140 441
Il résulte de ce tableau que. sauf pour les miniatures et les projets d'architecture, l'importance de chaque section s'est trouvée accrue en 1 900 ; ce développement est surtout notable en ce qui concerne la section de sculpture. Quant aux objets d'art, l'Exposition centennale de 1889 n'en avait montré aucun.
Médailles 129 217
Projets d'architecture . . . . 376 173
Gravures et lithographies ^bS 53 3
Objets d'art néant 273