‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 112 sur 126 · II. Jean Buridan · texte numérisé non relu

II. Jean Buridan

Par ses idées sur les éléments, les mixtes et la constitution des astres, Nicolas de Cues est tributaire du Moyen Age le plus reculé, de celui qui s'est instruit aux écoles de Charlemagne. Par quelques autres de ses doctrines, au contraire, il se rattache aux enseignements que l'Université de Paris donnait au xrvc siècle.

Nous avons déjà signalé2 comment un Guillaume d'Ockam et un Albert de Saxe avaient habitué leurs contemporains à méditer sur les antinomies que la contemplation de l'infini offre de toutes paris à notre raison; comment certains disciples de ces Nominalistes, tel Marsile d'Inghen, n'hésitaient pas à déclarer que ces antinomies sont insolubles pour notre intelligence; par là, l'esprit se trouvait préparé à enfanter un système semblable à celui de Nicolas de Cues, à prendre une antinomie formelle pour fondement même de la Métaphysique.

D'ailleurs, ce que l'Évêque de Brixen dit3 de l'infinité du Monde porte la trace visible des discussions qui ont mis aux prises les partisans de l'infini injîeri et les tenants de l'infini in facto esse.

Si les préoccupations qui ont amené le Cardinal Allemand à formuler son postulat fondamendal : le maximum est identique au minimum, tirent en partie leur origine des enseignements parisiens sur l'infini, d'autres parties de la doctrine de Nicolas de Cues semblent

i. Bedae Venerabilis Operum tomus I, col. 888 (Palrologiae cursus complétas; séries II : Patrologia latina, accurante J. P. Migne; t. XC). a. Voir p. 126.

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