Auctarium, tomus 1, col
du Juif; le lendemain 1 1 septembre, près du couvent des Carmélites, Thémon comparut devant les notaires ; mais les Picards refusèrent de le laisser déposer, ne le trouvant point dûment autorisé; il fallut qu'une assemblée de la Nation anglaise confirmât la délégation donnée à Thémon par le procureur iNicolas- Jean d'Upsab.
Les théologiens de la Sorbonne ne pouvaient se résoudre à reconnaître la prééminence du recteur ; ils ne voulaient point admettre qu'on le nommât chef et supérieur de l'Université; à plusieurs reprises, ils s'étaient élevés contre les prérogatives de ce haut fonctionnaire; au début de l'année iSSg, ils rédigèrent un exposé de leurs griefs qu'ils envoyèrent aux maîtres delà Faculté des Arts et des autres Facultés; ils demandaient aux maîtres de la Faculté de Droit de juger le litige; à leur défaut, ils en appelaient à la sentence du Pape^
Cette prétention des théologiens excita une grande rumeur dans l'Université, si nous en jugeons par le Livre des Procureurs de la Nation anglaise.
Le i4 février iSSg, la Faculté des Arts tout entière, réunie près de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, décide de déléguer quelques-uns de ses membres qui composeront une réponse au « rotulus » des théologiens; huit écus Philippe sont déboursés à cet effet ; les quatre Nations se partagent également cette dépense et maître Thémon paye les deux écus dus par la Nation anglaise^.
Ce premier débours ne* pouvait suffire aux frais de la querelle soulevée par les récriminations des théologiens; le 25 février, la Faculté des Arts, assemblée de nouveau, décide que chaque Nation versera vingt écus pour couvrir ces frais et, en particulier, pour envoyer un député à la Curie d'Avignon; maître Thémon acquitte la contribution de la Nation anglaise à cette dépense^.