Aiictarinm, col. i
li. Auctariuni, col. 191.
ALr.EI\T DE SAXE 62b
Saxe et Maître Thémon, le fils du Juif, demander et obtenir cette faveur pour deux candidats retenus dans la salle d'examen et empêchés de présenter eux-mêmes leur requête.
L'étudiant à court d'argent donnait volontiers quelque livre en gage, pour obtenir un délai dans le paiement de ses droits d'examens ; mais, au jour de l'échéance, il se trouvait non moins démuni que par le passé et hors d'état de récupérer son gage.
Au début de l'année iSôg, la Nation avait à faire face à des dépenses exceptionnelles, car la querelle des théologiens et du recteur de l'Université ^ exigeait la confection d'un rôle spécial et son envoi h Avignon. Aussi, le i/i février % la Nation anglaise, réunie avec la Faculté des Arts de l'Université, résolut d'(( extorquer quelque argent à ses débiteurs » ; elle les convoqua à venir acquitter leurs dettes le dimanche suivant (17 février). Les étudiants furent peu empressés de se rendre à cet appel ; ceux qui s'y rendirent furent, par délibération, invités à racheter leurs gages; aux autres, on fit savoir que leurs gages seraient vendus s'ils ne soldaient leur dû ; mais nul ne put se libérer. Alors, la majorité de la Nation décida que les gages seraient vendus le plus tôt possible. En attendant, les livres engagés par les étudiants furent mis dans un sac que l'on scella, en présence des bedeaux de la Nation, du sceau du procureur; on mit ce sac en dépôt chez un libraire, Jean de la Porte ; le procureur, Henri Egher de Kalker, et les deux maîtres que la Nation avait désignés pour présider à cette opération. Maître Thémon et Maître Albert de Saxe, avancèrent cinq sous et huit deniers pour payer le porteur et pour boire avec les libraires.
Maître Albert était volontiers choisi par la Nation anglaise lorsqu'il s'agissait de la représenter en quelque circonstance importante et délicate ; il fut ainsi l'un des témoins qui, le 12 juillet i358, signèrent le concordat^ par lequel la Nation anglaise et la Nation picarde fixaient la commune frontière des pays ressortissant à chacune d'elles.
1. Vide supra : V, Thémon le fils du Juif et Léonard de Vinci, p. 169.