‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 3)Chapitre 74 sur 81 · DE THÉMON, LE FILS DU JUIF · texte numérisé non relu

DE THÉMON, LE FILS DU JUIF

En ses savants commentaires aux livres des Météores, le célèbre Augustin Niphoi déclare formellement 2 que les Questions sur les Météores qui ont été publiées sous le nom de Thimon le Juif sont d'Albertillus, c'est-à-dire d'Albert de Saxe : u Albertillus, cujus quœstiones sunt editse sub nomine Thimonis judœi. »

A l'appui de cette opinion de Nipho, on peut invoquer certains arguments.

On peut remarquer, en premier lieu, que ces Questions sur les Météores sont de forme très semblable à celle qu'Albert de Saxe a donnée à ses Questions sur la Physique, sur le De Cœlo et sur le De generatione et corruptione ; que les Questions de Thémon s'inspirent exactement des mêmes principes que celles d'Albert de Saxe ; qu'elles adoptent les mêmes thèses lorsqu'elles ont à traiter des mêmes sujets ; enfin, que les Questions sur les Météores complètent de la manière la plus heureuse la série des Questions composées par Albert de Saxe, formant avec celleci un commentaire achevé de la Philosophie naturelle du Stagirite.

On peut, en second lieu, donner une preuve d'une autre ordre et qui n'est pas moins forte.

Aux deux éditions que nous avons eu occasion de consulter, l'ouvrage de Thémon débute en ces termes : « Ici commencent les questions sur les quatre livres des météores compilées par le très savant professeur de philosophie Thimon. — Incipiunt qusestiones super quatuor libros metheororum compilatae per doctissimum Philosophiœ professorem Thimonem. »

Cette forme est très inusitée ; les Questions publiées par Jean le Chanoine, par Albert de Saxe, par Jean Buridan, par Marsile d'Inghen, par une foule d'autres scolastiques, ne sont jamais données comme compilées par ces auteurs. 11 semble donc bien que Thémon n'ait point voulu se faire passer pour l'auteur des Questions sur les Météores et qu'il ait revendiqué seulement la rédaction de ces Questions, qu'un autre avait composées. Dès lors, tout porte à croire que cet autre était Albert de Saxe.

1. Augustin! Niphi medices, philosophi Suessani, In libris Aristotelis meteorologicis cnmmentaria. Ejusdeni Generalia cominentaria in lihro de mistis, qui a veteribus quartas ineteororum liber inscribiliir, et a junioribiis meteorologicon dicitur. Anno post partum intemeratae Virginis, in praelo Brandini et Octaviani Scoti fratruni haec commentaria curiose cudebantur, Venetiis, MDXL. — A la fin de l'ouvrage, on lit ; Finis Salerni, iSaS, quinto Aprilis.

2, Aug. Nipho, loc. cit., fol. ilt, col. c.

Page 1