‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 25 sur 127 · Nicolo Tartaglia, loc. cit., quesito terzo · texte numérisé non relu

Nicolo Tartaglia, loc. cit., quesito terzo

3. Nicolo Tartaglia, loc. cit., quesito quarto. — Cf. ; libro secondo, quesito primo.

LA TRADITION DE BURIDAK BT LA SCIENCE itw.iinm \i \vi SIECLE ify)

i) Tartaglia : Pour deux raisons. La première est que, lors

du premier tir, le houlel a trouvé l'air eu repos, tandis que,

lors du second tir, il le trouve non seulement toul ébranlé par le houlel Lancé au premier tir, mais encore tendant fortement, courant au lieu vers lequel on tire. Or, il est plus facile de mouvoir et de pénétrer une chose déjà mue et pénétrée qu'une chose qui est en repos et en équilibre. Par conséquent, la halle tirée la seconde fois, rencontrant un moindre obstacle à son mouvement que la première, ira plus loin que celle-ci... »

Tartaglia empruntait peut-être ces raisonnements à quelqu'une des notes laissées par Léonard de Vinci; peut-être aussi les avait-il conçus en lisant le traité De ponderibus écrit par ce mécanicien que nous avons nommé le Précurseur de Léonard de Vinci. On peut le croire d'autant plus volontiers qu'au septième livre des Quesiti et inventioni diverse, Tartaglia a plagié la partie statique de ce traité avec une impudence que Ferrari lui a durement reprochée; on sait également que cet écrit fut publié par Curtius Trojanus d'après un manuscrit que lui avait légué Tartaglia.

Mais ce que Tartaglia ne pouvait emprunter au Précurseur de Léonard, c'est la notion à'impeto composé, si formellement niée en la Nova scientia, c'est l'hypothèse que cette composition entre Vimpetus violent et la gravité naturelle est la cause de la courbure de la trajectoire, hypothèse que nul jusque-là, sauf le Vinci, ne paraît avoir conçue; si complet est le renoncement de Tartaglia à ses anciennes idées, qu'il va plus loin que son prédécesseur; cette composition d'impetus et de gravité, ainsi que la courbure qui en résulte pour la trajectoire, il admet qu'on la doit considérer pendant toute la durée du mouvement du projectile. Un si soudain et si complet changement de front suppose quelque forte impulsion reçue du dehors; il est difficile de ne pas mettre dans les notes de Léonard l'origine de cette impulsion.

Si les opinions émises en Dynamique par Tartaglia ont, tout d'abord, présenté une grande conformité aux doctrines de l'École, pour se rapprocher ensuite des pensées de Léonard de Vinci, c'est à celles-ci que se rapportent immédiatement les

théories développées par Jérôme Cardan1. Entre la Mécanique du grand peintre et celle du célèbre médecin, géomètre et astrologue de Milan, les rapprochements sont si nombreux, les analogies si intimes, que force nous est, bien souvent, de regarder la seconde comme un plagiat de la première.

Cardan connaît les opinions diverses qui ont été émises touchant la cause qui entretient le mouvement violent : « Donques2 la première opinion est que la chose mouvée comme la pierre soit mouvée par la vertu acquise de celui qui la jette (oi acquisita a projiciente); ainsi, comme la chose échauffée du feu, après échauffe les autres choses par sa vertu acquise, et la matière demeure longtemps chaude; ainsi la chose mouvée reçoit la force par celle qui mouve, par laquelle l'autre est poussée tant qu'elle se repose. Cette opinion est sensible, qui a esté rejetée par l'argument des anciens, allégué d'Aristoteles. » Après avoir longuement exposé les théories qui expliquent la propulsion du projectile par le mouvement de l'air environnant, Cardan ajoute3 : « Mais la première opinion nous est plus nécessaire, qui est simplement entendue et ne contient tant de difficultés. Et quand on suppose que tout ce qui est mouvé l'est de quelque chose, ce est très vrai ; mais ce qui mouve, c'est une impétuosité acquise (impetus acquisitus), ainsi que la chaleur en l'eau, qui est induite en l'eau par le feu outre nature, et toutefois quand le feu est osté, l'eau brûle la main de celui qui la touche; et ainsi l'accident, violentement adhérent, retient sa force. »

Cardan attribue donc l'entretien du mouvement violent à un irnpetus acquisitus, semblable à Yimpeto invoqué par Léonard de Vinci ; et cet impetus, il se sert, pour en concevoir la nature, de la comparaison même dont Alexandre d'Aphrodisias usait à l'égard de la kivyjtixyj Buva^tç StSo^évYj qu'il conférait à l'air.

Comme Léonard de Vinci, Cardan distingue trois périodes

1. Hieronymi Gardant medici Mediolancnsis De sublilitate llbri XXI. Lugduni, apud Gugliclmum Rouillium, sub Scuto Veneto. MDL1. — Les livres de Hiérome Cardanus, médecin milannois, intitulés de la Subtilité et subtiles inventions, ensemble les causes occultes et raisons d'icelles, traduis de latin en françois par Richard le Blanc. Paris, Charles l'Angelier, MDLV1I.

2. Cardan, De la Subtilité, traduction do Richard le Blanc, edit. cit., fol. 46, recto.

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