‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 27 sur 127 · Cardan, loc. cit., fol. 48, verso · texte numérisé non relu

Cardan, loc. cit., fol. 48, verso

tendue vérité d'observation ; le mouvement « naturel est augmenté en la fin, le violent au commencement »; le passage du mouvement violent au mouvement naturel devrait donc correspondre à un minimum de vitesse. L'existence d'un maximum de vitesse entre le départ et l'arrivée du projectile ne peut s'expliquer « que par une action accélératrice de l'air ébranlé : « Car l'air au commencement n'aide point le mouvement, sinon que bien peu; par succession de temps, le mouvement naturel de l'air, comme il est mouvé, est fait plus

valide; pourquoi par lui mesme il est nécessaire la célérité

du mouvement estre augmentée. »

Cette action accélératrice de l'air ébranlé, Cardan l'a étudiée à plusieurs reprises ; dans un de ses derniers ouvrages, YOpus novum de proportionibus2 , il la décompose, comme Léonard l'avait fait avant lui, en deux autres actions : Une traction de l'air chassé à l'avant du mobile et une impulsion du fluide qui vient, en tourbillonnant, occuper la place que le projectile laisse vide derrière lui. « Il résulte évidemment de là qu'en tout mouvement soit naturel, soit violent, il se fait un certain accroissement de vitesse depuis le début du mouvement jusqu'à un certain instant. C'est pourquoi les machines de guerre de tout genre exigent une certaine distance pour que leur coup atteigne sa plus grande violence. » C'est donc à l'action accélératrice de l'air que l'on doit attribuer3 la vitesse croissante du mouvement naturel par lequel un grave tombe à terre :

« Tout mouvement naturel, accompli en un milieu homogène, est plus fort à la fin qu'au commencement; il en est au contraire du mouvement violent.

» En effet, d'après ce qui précède, le mouvement naturel est sans cesse accru par l'action du milieu ; d'autre part, la cause

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