Cardani Opus novum de proportionibus, lib. V, prop. XXXI
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qui meut est perpétuelle, elle découle d'un principe éternel;
d'apirs ce que nous avons dit, elle meut uniformément; ce mouvemenl deviendra donc à la fin plus rapide <pTM n'est en aucune autre partie <le sa durée. Au contraire, dans le mouvement violent, lorsque le mobile approche du but, cette force qui meut le projectile prend nécessairement lin; elle est surpassée par la force naturelle qui meut en sens contraire; avant donc que le mouvement ne cesse entièrement, il devient, en sa partie finale, extrêmement lent. »
Ce que Cardan, en YOpus novum de proporlionibus, explique clairement au sujet de l'accélération du mouvement naturel permet d'interpréter un passage assez obscur que nous lisons au De subtilitate; en ce passage, il s'agit de déterminer1 « La cause pourquoi une navire est menée tant légèrement des voiles. . . Car à peine cette navire est mouvée du commencement. Pourtant Aristoteles aurait quelque doute, qui estime que les mouvemens violens sont diminués vers la fin. Il est manifeste que le mouvement de la navire est rendu toujours plus léger par vent égal... Le mouvement n'est-il point toujours, ainsi seulement jusqu'à certain limite? Il est jà connu qu'il est augmenté dès le commencement. Mais la cause en est, pourceque quand ce qui mouve cesse, le mouvement violent, comme j'ai dit, est augmenté; il sera donc d'autant plus augmenté quand la cause qui mouve demeure. »
En son De rerum natura dont la première édition fut imprimée à Rome en i555, Bernardino Telesio professe une Dynamique qui est assez semblable à celle de Cardan, partant à celle de Léonard de Vinci.
Telesio expose2 l'explication qu'Aristote donne du mouvement des projectiles; il ajoute tout aussitôt : « C'est une raison vaine et qui repose sur un fondement entièrement faux; les
i. Les livres de Hiérome Cardanus, médecin Milannois, intitulés de la Subtilité et subtiles inventions, traduis de latin en françois par Richard le Blanc; Paris, Charles l'Angelier, 1 556, fol. 335. Ce passage n'est pas dans la première édition du De subtilitate, parue en i55i; il fut introduit dans la seconde édition, imprimée en 1 554, sur laquelle fut faite la traduction de Richard le Blanc.
2. Bernardini Telesii Cosentini De Rerum Natura iuxta propria principia, Liber Primus, et Secundus, denuo editi. Neapoli, apud Iosephum Caccium. Anno MDLXX. Liber primus, cap. liù : Cur gravium ad inferna motus assidue magis concitetur, Peripateticorum nulli satis explicatum est; éd. cit., fol. 32, verso.
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corps qui sont projetés violemment, en effet, semblent mus non pas, comme il plaît à Aristote de le soutenir, par l'air qui les pousse en avant, mais bien par une vis impressa. » Si la théorie du Stagirite était exacte, « tout corps mû par violence se mouvrait éternellement; une petite quantité d'air est suffisante, au gré d' Aristote, pour faire monter une pierre ; à plus forte raison en pourrait elle faire autant lorsqu'elle est devenue beaucoup plus considérable. Il n'en sera pas de même si ces corps sont mus par une vis impressa, par un motus inditas ; plus ils s'éloigneront du moteur qui les a lancés, plus s'affaiblira d'une manière continue le mouvement de ces projectiles ; par cet éloignement, en effet, la vis impressa, le motus inditus s'affaiblissent et languissent de plus en plus. »
S'il demande à Yimpetus l'explication du mouvement des projectiles, Telesio ne lui attribue aucunement l'accélération de la chute des graves; de la théorie qui lui donne ce rôle, il ne souffle mot. Quant aux diverses autres raisons qui ont été données du même phénomène, il les passe en revue el les trouve insuffisantes; celle qu'il propose comme nouvelle a de grandes analogies avec celle que Tartaglia a donnée en sa Nova scientia, avec celle aussi au sujet de laquelle Gontarini suspendait son jugement :
« La cause pour laquelle la chute des graves n'est pas uniforme1, pour laquelle elle va s'accélérant d'une manière continue, tous les Péripatéticicns l'ont recherchée avec grande anxiété; mais, jusqu'ici, il ne paraît pas qu'ils aient pu rendre raison de ce fait. Cette raison semble se manifester très clairement à l'aide des principes que nous avons exposés. La nature propre du grave reçoit son immobilité de son lieu propre, qui est la Terre, et de l'universalité abstraite qui lui convient ; mais le lieu qui lui est absolument opposé, le contact de corps qui lui sont étrangers et qui l'ont en haine, confèrent à cette nature une certaine force; elle se précipite alors vers son lieu propre, vers les corps qui lui sont apparentés; elle tombe d'autant plus rapidement que ces corps étrangers, qui la haïssent et la rebutent, accélèrent continuellement son mouve-