‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 70 sur 127 · C'est-à-dire Richard de Middleton · texte numérisé non relu

C'est-à-dire Richard de Middleton

/». Bibliotheca universalis,... authore Conrado Gesnero Tigurino doctore medico. Tiguri, apud Christophorum Froschoverum, Mense Septembri, anno MDXLV.

5. Ioannis Pitsei Angli, S. Theologiae doctoris, Liverduni in Lotharingia, decani, Iielationum Historicarum de Rébus Anglicis Tomus primus. Parisiis, apud Rollinum Thierry, et Sebastianum Cramoisy, via Iacoba?a. MDGXIX, n° 56o, p. 46g.

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Ils le font vivre vers i35o et lui attribuent, outre ses Sophismata, des Replicationes scholasticse et un traité De orbibus astrologicis.

L'auteur qu'en France et en Italie on nommait Dulmenton se nommait en réalité Jean de Dumbleton.

Au Collège de Merton1, à Oxford, se trouve, dès i324, un Thomas de Dumbleton; mais le nom de Jean de Dumbleton n'apparaît pas avant i33i sur les registres de ce Collège. Le 27 septembre i332, Jean de Dumbleton est présenté pour la cure de Rotherfield Peppard, près Henley, en l'archidiaconé d'Oxford; en i33/|, il résigne cette charge. En i338 et en i33(), nous le voyons prendre part à des assemblées du Merton Collège2. En février i34o (i34i style actuel), il est nommé parmi les premiers fellows de Queen's Collège, aux statuts originaux de ce collège. Nous le retrouvons de nouveau, en i344 et i3/l9, au Collège de Merton.

De Jean de Dumbleton on cite et possède deux traités qui n'ont jamais été imprimés.

L'un de ces traités, intitulé De logica intellectuali, est conservé en manuscrit au Merton Collège d'Oxford.

L'autre, qui fut le plus célèbre, a pour titre Summa logicœ et naturalis philosophiœ ou bien encore Summa de logicis etnaturalibus; partagé tantôt en neuf livres, tantôt en huit livres, il est conservé en manuscrit en diverses bibliothèques d'Oxford, notamment au Merton Collège et au Magdalen Collège ; un manuscrit de Magdalen Collège lui donne le titre, peu conforme au contenu, de Summa de theologia major.

Le nombre des manuscrits de la Summa de Dumbleton que l'on trouve dans les bibliothèques anglaises témoigne de la vogue dont cet ouvrage a joui au xive siècle.

Cette vogue s'étendit jusqu'au résumé de cette Somme qui fut fait, plus tard, par John Chilmark.

John Chilmark3 fut membre du Collège de Merton et maître

1. R. L. Poole, art. Dumbleton (John of) in Dictionary of National Biography, édited by Sidney Lee; vol. XVI, p. i46.

3. Thorold Rogers. History of Agriculture and Priées, vol. II, pp. 670-674; Oxford, 1866. — Cf. R. L. Poole, art. cit.

3. R. L. Poole, art. Chilmark either Chylmark (John) in Dictionary of National Biography edited by Sidney Lee; vol. X, p. 257.

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es arts; un compte, conservé dans les ;ircliivcs de l'Lxeter

Collège, à Oxford, nous apprend' qu'en [386, on lui paya dix shillings « in parle solutionis scolarum bassarum iuxta scholas ubi Scammum situatur in medio ». Entre Merton Collège et Lxeter Collège, il se faisait un continuel échange de professeurs; en i386, John Chilmark, memhre de Merton, avait donné des leçons en des écoles qui dépendaient d'Exetcr.

Les diverses bihliothèques d'Oxford possèdent, de John Chilmark, les textes manuscrits de divers ouvrages; l'un d'eux est intitulé : Compendium de aclione elementorum ; d'autres traitent De motu, De augmenlatione, De alteralione . Or, le premier de ces écrits n'est qu'un résumé d'une partie de la Somme de Dumbleton; en un manuscrit de la Bodleian Library (cod. Digby 77). en effet, il porte ce titre : Compendium de actione elementorum abslraclum de quarta parte J. Dumbletoni. Il serait intéressant de vérifier si les traités De motu, De augmentatione, De alteratione, ne sont pas, eux aussi, des extraits de la Summa de Dumbleton, car cette Summa contenait des chapitres ainsi intitulés.

Le manuscrit n° 166-21 du fonds latin de la Bibliothèque Nationale est un recueil de cahiers où, vers la fin du xive siècle, un élève de l'Université de Paris a consigné une foule de notes; le désordre de ces notes est grand et l'écriture en est tracée avec peu de soin; elles fournissent, cependant, de précieuses indications à qui prend patience de les déchiffrer; celui qui les a rédigées, en effet, y a réuni tous les renseignements qu'il avait pu recueillir sur les doctrines en vogue à l'École d'Oxford. Parmi ces renseignements se trouvent, en particulier, des extraits fort étendus de la Summa de Dulmenton ; c'est à ces extraits que nous avons dû, tout d'abord, la connaissance de certaines théories développées en cette Somme.

Cette connaissance, nous les avons pu compléter ensuite par la lecture du texte même de la Somme.

Ce texte, fort étendu, remplit cent quarante feuillets d'un

1. Wood, History and Antiquities of the University of Oxford, éd. Gutch, vol. II, pt, II, p. 74a. — Cf. R. L. Poole. art. cit.

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manuscrit1 de grand format, à deux colonnes, écrit sur parchemin, d'une écriture dont la forme indique la nationalité anglaise du copiste.

Au début du prologue, l'auteur présente son ouvrage aux lecteurs en quelques phrases où il trouve occasion d'amener le nom d'Oxford; voici, en effet, quel est ce début2 :

« Plurimorum scribentium grati laboris dignique memoria particeps, ad mensuram mee facultatis doni, ex togicall materia commuai et philosophica quandam summam> veluti spicarum dispersarum manipulum quoquomodo materiatum et incompositum recolatum, recolegi, nequaqaam, tanto bénéficie* libato, ut remuneratione eadem munificum me arbitratus, verum moderatam discretionem non alta tenentibus et lectione potius privata contentis ut degestam utilemque sensui offeram^. Itineranti via recta Oxoniam tendens a pluribus edocetur, precisus pedum spacii numerus nequaquam ostenditur. »

En ce même préambule, Jean de Dumbleton nous apprend que sa Somme est divisée en dix parties4 : « Hujus summule divisio decimembris. » Mais le manuscrit que nous avons consulté en contient seulement neuf, soit parce qu'il est incomplet, soit parce que l'auteur n'a point terminé son ouvrage. A la fin de la neuvième partie et avant la table des chapitres, on lit5 : Explicit nona pars Magistri Johannis Dombilton.

En énumérant les logiciens de l'École d'Oxford dont Guillaume Heytesbury discutait les opinions, avant de nommer Dulmenton et Richard Glienton, Gaëtan de Tiène avait cité Suisset. Ce nom était, dès l'époque de Gaëtan et, surtout, au xve siècle et au xvi° siècle, des plus connus en France et en Italie; autant et plus encore que celui d'Hentisberus, il évoquait la pensée de la subtile dialectique d'Oxford, si fort admirée des uns, si âprement dénigrée des autres. Cependant, du personnage qui portait ce nom, nous allons voir combien il est difficile de rien connaître de précis.

i. Bibl. Nat., fonds latin, ms. n° 16146.

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