‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 78 sur 127 · I. La Physique · texte numérisé non relu

I. La Physique

Avant de rechercher, dans les divers traités dont nous venons de parler, ce qu'ils enseignent touchant les questions qui nous occupent en cette étude, il ne sera pas inutile de leur demander quelques renseignements d'une nature plus générale; par eux, nous nous efforcerons de démêler les tendances qui sollicitaient le plus fortement, vers le milieu du xive siècle, les logiciens de l'École d'Oxford; nous essaierons aussi de voir en quoi les doctrines qui avaient cours en cette Université ressemblaient ou différaient de celles qui, vers le même temps, étaient en vogue à Paris.

Parmi les particularités qui distinguent les enseignements des deux écoles émules, on peut signaler, en premier lieu, l'usage, beaucoup plus fréquent à Oxford qu'à Paris, des divers traités de Mécanique composés par Jordanus de Nemore et par ses disciples.

Sans doute, au xive siècle, les maîtres parisiens tels qu'Albert de Saxe n'ignorent pas l'œuvre des Auctores de ponderibus, et ils y font parfois allusion dans leurs propres écrits; mais ils ne l'invoquent qu'en de rares circonstances, tandis que certains maîtres d'Oxford paraissent en avoir fait un continuel usage.

i. Ms. cit., fol. 162, col. c, et fol. i83, col. b.

DOMINIQUE BOTO BT LA BCOLA8TIQUB PARISIEN*!

Cette vogue «levait être fort ancienne en Angleterre; coiïimeut expliquer autrement ce fait que Roger Bacon oon naissail déjà et citait volontiers plusieurs des haiiés De ponde ribus que ses contemporains du continent semblaient ignorer? Car Roger Bacon, en [*OpU8 nui/us, cite1 Jordanns et son Commentateur; aux Communia naturalium, il mentionne-1 le traité De pondérions attribué à Euclide et celui qu'a rédigé Thâbit ibn Kourrab.

Déjà Bradwardine cite3 la première conclusion du traité De ponderibus, attribué à Jordanus de Nemore, sans mentionner, d'ailleurs, le nom de cet auteur. Il cite aussi^, mais sans en nommer davantage l'auteur, le traité De proportionalitate motuum et magnitudinum que Ton trouve parfois associé aux écrits de l'École de Jordanus, et qui nous a occupés au § VIII.

Le Tractatus de sex inconvenientibus cite à plusieurs reprises5 le traité De ponderibus ou De pensis ponderibus ; il orthographie Jordanis le nom de l'auteur de ce traité. Il attribue également, nous l'avons vu au § VIII, à un certain Ricardus de Yersellis ou de Usellis un écrit qui était identique au De proportionalitate motuum et magnitudinum ou qui, du moins, soutenait les mêmes conclusions que ce dernier écrit.

Mais s'il est, à l'Université d'Oxford, un maître qui semble avoir lu avec une particulière attention la plupart des opuscules attribués aux Auctores de ponderibus, c'est assurément Jean de Dumbleton.

En sa Somme, il consacre un chapitre6 à discuter cette question : <c Puisque la proportion du mouvement se fait suivant la proportion de la plus grande inégalité, on se

i. Fr. Rogeri Bacon, Opus majus, Pars IV, Dist. IV, cap. XV. De motu librae (Ed. Jebb, pp. io5-io8; éd. Bridges, vol. I, pp. 169-174).

2. Liber primus communium naturalium Fratris Rogeri Bacon; Prima pars principalis; Prima distinctio; cap. II (Bibliothèque Mazarine, ms. n° 3576, fol. 2, col. b. — Liber primus communium naturalium Fratris Rogeri. Partes prima et secunda. Edidit Robert Steele, p. 6).

3. Tractatus de proportionibus a Magistro Thoma de Bradwardin editus; capituli II' pars IIP.

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