CALMA.NN LÉVY, ÉDITEUR
h.NCIENNE MAISON HICMEK LÉVY FI<£nC3
Drotl* de ttproduuion et de traduction n
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ÉTUDES
ESSAI L'ARCniTKCTDRE RELIGIEUSE DU HOTEN kU
PABTICULIÈBEHBHT EN FRANCE
Si l'on étudie les monuments élevés depuis l'ère romaine jusqu'à la renaissance, l'histoire de cbaf^ue style d'architecture seralamËme, comme si ses progrès et sa décadence étaient soumis & une loi générale. Simples d'abord, les édiGces s'ornent peu & peu; lorsqu'iU ont acquis tonte l'élégance, toute la richesse que comporte le style auquel ils appartiennent, sans gu'il en soit altéré, l'époque est venue de la perfection de ce style, ou, si l'on veut, de sou
plus grand développement. Mais bienldt cette tendance à oraer, à enrichir le fond original, dépasse la limite ijue nous avons marquée. Au lieu d'être accessoire', X ornementation dfivient le ftut principal. Naguère oii admirait le génie d'un architecte, maintenant ce sera l'adresse d'un ouvrier.
Dèslorsil ne faut plus chercherdaos un monument une règle, une pensée générale qui aient présidé à sa disposition. D'ensemble, de système , il n'y en a plus, et le seul mérite auquel on prétende, c'est la finesse des détails, le précieux de l'exécution. Mais le goût se lasse, et d'autant plus vite qu'il s'est attaché à des minuties. On se fatigue donc bientôt de cette ornementation monotone dans ses caprices, et l'on cherche ailleurs des efTets pluà puissants et plus sûrs.
Alors, on remet en honneur des types oubliés, ou bien quelquefois, choisissant parmi les éléments du styls ^a'oQ abandonne, oa en compose un système nouveau, de même que l'an construir un palais avec les ruines d'un temple renversé.
Ainsi', de la décadence d'une architecture naît sne autre aichttecture , non poii^ toujours immé^ âtat^nent, car il fautencoredes oirconstanctâ favorables: à. belle' rénovation périodique. Ai l'arcfaitectur»: spl«ndide et surchargée dii Bas-Empire bo suficéâa^pat t«ii$d£ suite une architecture dout£II&
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ESSi.1 SI>Et L'AftCfllTEGIURE BELIUIEUSE. 9
L'art mourut eo qnelque sorte avec l'empire romaja, el sa râsiirrectiou, au moyen ftge, fut aussi lente que celle de la société qui se forma de l'amal* game dea Romains et ies, barbares. Au coatraire, lorsque la décadence d'un styte a lieu en pleiae civilisatioa et quand les arts sont encore cultivés,i]est aussitôt remplacé par un autre style, car les artistes ne font jamais défaut, lorsque les éyéneraents ou les mœurs ne leur apportent pas des obstacles invincibles.C'est une mode remplacée par une autre mode. Arrivée au dernier terme de son développement, l'architecture byzantine tomba, vers la fin du xn' siècle, étouffée, pour ainsi dire, sous le poids de ses ornements ; le siècle saivant vit s'élever une autre architecture, grave et sévère à son début, mais, qui, dans la suite, oubliant son origine, périt comme celte qui l'avait précédée, et, de même que celle-ci, après avoir laissé disparaître sous des ornements étrangers ses formes caracteristiques.
Je me suis proposé d'étudier principalement la première de ces révolutions, qui s'opéra du xii' au ïm' siècle, et de montrer comment les deux styles, byzantin et gothique, ai différents en apparence lorsqu'on les considère chacun à son point de développement, se confondent pour ainsi dire in- Koasiblement à leur point de transition. En effet, cl c'est ce que je m'attacherai à prouver, l'art
Douvcau emprunta tous ses éléments à l'art qui le précéda, et te chaogeraentd' un seul principe suffit pour déguiser ces emprunts, et pour former d'une ma&se de matérïani étrangers un ensemble harmonieux et revêtu d'un caractère original.
Pendant plusiears siècles, les monumcnls âe l'architecture romaine, échappés aux fureurs des harbares , furent les seuls modèles h suivre pour les constructeurs du moyen &ge, de même que l'organisation de la cité romaine offrit aux chefs barbares les bases de la sociêlë qui se reforma après leur conquête. Mais, ponr reproduire ces chefsd'œuvre, il fallait des richesses, du goùlel du repos, toutes choses qui manquaient alors absolument. Les imitations furent donc trèâ-incomplëtes, proportionnées qu'elles étaient aux ressources des imitateurs. Dans le petit nombre de ruines où nous pouvons encore juger de leurs essais, nous trouTons toujours la preuve de leur impuissance dans les palliatifs grossiers dont ils essayèrent de la cacher. Ils parvinrent, il est vrai, à copier la
disposition des monnments antiques ; mais, au lieu de ces biocs énormes taillés avec une si étonnante précision, que, pour me servir de l'expression d'Hérodien, nne muraille semblait formée d'une seule pierre' , ils durent se contenter d'un appareil moins beau et moins solide, mais d'une exécution plus prompte et plus facile. L'emploi de la brique, intercalée dans l'espèce de maçonnerie appelée opus ittcertumi avec le but évident de rétablir le parallélisme des assises, était déjà fréquent dans les derniers temps de l'empire ' pour les constructions rapides et d'une importance secondaire ; le moyen Age l'adopta pour ses palais et ses basiliques '. Tout nous prouve, d'ailleurs, l'embarras qu'on éprouvait à entreprendre toute bâtisse exigeant quelque adresse ou quelque précision. Anssi les voûtes furent-elles rares, les arcades étroites. On donnait aux basiliques des toits en charpente, peut-être même, dans ta construction d'une église, cnirait-il pins de bois que de pierre; de là ces incendies contrnnels dnnt l'histoire ecclésiastique fournit des exemples à chaque page. Quant k l'or-