‹ Études sur les arts au moyen âgeChapitre 23 sur 61 · XV. — l^oisifeme travée ssd ds. sacthei · texte numérisé non relu

XV. — l^oisifeme travée ssd ds. sacthei

Défaile dos quiMre tois par Abraham (?).

> L'actiiHi me parait aseei claiceoiBnt âipiimée

d.,GoogIc

ponr laisser peu de doutes sur le sujet. Abraham, ia lance h la main, ft la tête d'une petite troupe d'iofaoterre, poassuit la caraLrie des rois. Lot, qui Tientd'étredélivrè embrassesoD oncle, qui le reponsee doocemenl pour acherer la défaite de l'ennemi. Derrière Abraham est une femme tenant aae lance à la main : c'est sans doute une des captives qui a pris cette arme pour l'offrir à Lot. Je ne connais point d'amazone dans la Genèse; mais it en est si souvent question dans tous les romans grecs du moyen âge, qoe des peintres byzantins, ont pu, à l'imitation des poètes, se complaire à les représcn- • ter dans lenre ouvrages.

Aucun des personnages de ce tableau ne porte de cuirasse. Abraham ala téteconverte d'un casque ou ptitilt d'une espèce de capuchon d'étoffe ou de cuir: telle est la coiffure deses gens et des cavaliers ennemis. Les rois vaincus portent en tète des diadèmes ornés de pierreries ; quelques-uns de leurs soldats ont des boncliers. Il faut noter que pas un seul de ces boucliers n'a d'armoiries ni même d'emblèmes. A une époque où cette fresque était bien, mieux conservée, je me souviens d'avoir remarqué que le cavalier vëUi de jaune du premier plan n'avait point d'étriers. J'ai déjà indiqué eu qu'il faut penser de ce trait d'archaïsme.

L'absence de mouvement est remarquable dans

toute cette composition. Si le lecteur veut bioa me pardonner mon insistance à lui prësentei'les mêmes observations, je dirai qu'ici, dans les attitudes com' passées de toutes ces figures, il me semble retrouver quelque trace du système de l'art antique, qui évite les mouvements violents, parce qu'ils naiseat k la beauté.

XVI. -~ Deuxième travée sud du narthex : MelchisËdech donne le pain et le vin à Abraham et le bénit.

Bien que cette fresque soit fort mutilée, le sujet ne me semble pas incertain. Les Pères de l'Église ont vu dans cette scène une figure de la communion, et l'artiste a suivi leur interprétation en mettant dans les mains de Melchisédech un calice et un pain rond et plat au milieu duquel est tracée une croix. Une main divine bénit le grand prêtre et derrière lui un chœur d'anges parait prendre part à la scène dans une attitude d'adoration.

XVl). — Deuxième travée du narthex, rangée ii> férieure : Abrabam refuse la part du butin que lu> offre le roi de Sodome (?),

Tout le haut de cette composition a disparu Mais on voit sur son trùm, auprès duquel son^ couchés dits bâtais et des moulons, un personnage qui s'éloigne du roi ; enfin, la position de ce tableau rapprocbé des précédenis, me paraissent des motifs

suffisants pour jasiiCer l'inlerprétation que je propose. Le roi a un manteau et ane chaussure de pourpre : on sait que c'était la couleur essentiellement royale chez les Grecs du Bas-Empire.

Jusqu'à présent, l'ordre des compositions s'est toujours maintenu de gauche à droite ; nous devons à présent suivre l'ordre contraire.

XVIII. — Troisième travée sud du narlhex, rangée inférieare : Funérailles d'Abraham (î).

Les deux jeunes gens qui soatieoncnt le cadavre me déterminent fi croire que le sujet de celte fresque est l'enterrement d'Abraham. On remarque que l'un et l'autre sont vôtus d'une tunique sans ceinture : c'est, je crois, un signe de deuil.

XIX. — Nef, côté sud, rangée inférieure : Jacob envoie Joseph & Sychem (?).

Les compositions suivantes, se rapportant à l'histoire de Joseph, nous donnent, je pense, la clef de celle-ci, qui, si elle était isolée, serait d'une explication dilUcile. On pourrait, à la rigueur, y voir la bénédiction donnée par Isaac & Jacob; mais les mains du jeune homme sont nues, et il est douteux que la main du vieillard soit étendue pour nno bénédiction. Il fait plutét au geste de commandement; il montre & son fils la direction qu'il doit prendre. D'ailleurs, il faut tenir compte des habits.

tudes du peintre ou de celui qui le dirigeait daus ses travatn. On Toit qu'il cbeisit dans l'Écritore qse(qn«s personm^s à Tlmtoire desquels il s'attache parliculièranent et qu'il se comptait à développer. C'est ainsi qoe Caîn a étH le sujet de deui ou trois tableaux. Noé en a inspiré sept; ALraham, sept. Nous commençons ici l'histoire de Joseph, qui en fournira nn aussi grand nombre.

XX. — Nef, côté sud, rangée inférieure : Jo8e[4i veadu par ses frères aus marchands madianites,

La scène me paraît assez clairemenl indiqwée par la pantomime des personnages. Un des marchands saisit Joseph par le bras, tandis que l'un de ses frères le pouœe par les épaules.

XXI. — Nef, côté sud, rangée inférieure : Joseph Tendu à l'eunuque Putiphar par les marchands madianites.

Plusieurs des acteurs de la scène précédente figurent dans ce lableau. Joseph et les mmxibands ont le mime costume ; ces derniers sont revêtus du boumous arabe. 11 est assez singulier que deui compositions presque semblaii^es oient été placées de la s<nie il la suite l'une de l'autre. Cest pour moi trae raison de croire que le choix des sujets s été al>a»donné au peintre. Assirément, si l'abbé de Sdint-Savin lui avait donné un programme, il a» fait évité cette espèce de répétition.

XXd. — Nef, côté sud, rangée inférieure : iasepU acctué par la femme de Putiphar.

Quoique la femme de ^tipbarne tienoe point te m^Dteaa de Joseph, je peuse que l'explication que je propose est la véritable. PuUphar est probabLement le personnage vêtu d'uue longue robe et d'une espèce de voile, costume féminin qui rappelle sa position. L'bommeàsadroiteest sans doute le gardien de la prison royale.

XXIU. — Nef, cûté sud, rangée inférieure : Deai sujets: A, JosepheaprisoA;B, Joseph conduit devant ie pharajUL.

L'artislfi n'a peint saivi fort exactement le texte sacré. £a effet, Josepk a le mëioe co&tuiBe dans la prison qu'en présence du roi. On lit le nom de Joseph an-dessns de sa tête. VraisemblabJement autrefois les principaux persoaaages étaient parU)ut désignés de U sorte par desi'itsËriptions. Il j avait encore au-dessons de cbaque sujet une légende explicative; mais aujourd'lmi toutes ces inscriptions sont deveaues absolument illisibles.

XXIV. -~ Nef, côté sud, rangée inférieure :Deax sujets : A. Joseph explique les songes du pbaraiMi; B, Triontphe de Joseph.

Un des versets de l'Écriture me parait expliquer la préseoce d'une femme auprès de Josepii et Ca pharaon. Ce serait cette Âseneth que le roi lui donna

StS ÉTUDES SUR LES ARTS AU MOYEN AGE.

en mariage. La forme da char est singulière : il n'a poinl âe timon, mais on roit dessous une pièce de bois qui parait faire office de ressort.

Il faut maintenant revenir an cAté nord de la nef, et poursuivre notre examen, en allant du narthex vers le chœur. D'abord se présente une lacune considérable, à partir de l'are-doubleau du narlhex. L'enduit ancien est complètement disparu. Vient ensuite nne grande composition trop mat conservée pour pouvoir être appréciée ici. Grâce au dernier nettoiement, on distingue ou plutôt on devine un roi assis sur son trfine et plusieurs personnages debout auprès de lui. Dans l'état où se trouve cette peinture, toutes les suppositions sont possibles, et il est inutile d'en fatiguer le lecteur. Ce qu'on peut affirmer, c'est que le sujet est tira de rE)ïode et qu'il appartient t l'histoire de Moïse.

Vers le troisième pilier de la nef commence une série de peintures d'explication facile, toutes tirées de l'Exode.

XXV. — Nef, cfllé nord, rangée inférieure : Passage de la mer Rouge.

Dans la première partie de la composition, oo voit le pharaon, reconnaissable à son diadème, debout surson char, dont les chevaux secabrent. Un ange étend la main vers lui, et les eaux s'élèvent pour l'engloutir. L'ange est une invention du pein-

,A.ooglc

Ire. C'est, d'ailleurs, nne des raeilleares figures de toute l'église, et son altitude est remplie de noblesse eldegraDdeur.MDïse,tenan[ en mainsa verge dÎTiae, est suivi du peuple hébreu, hommes et femmes. La colonne de flamme et de fum^ sépare l'armée Israélite des Égyptiens.

La première fois que je visitai l'église de Saint- Savin, je remarquai la tunique du pharaon semée de paillettes dorées, que l'altération de la peinture a fait disparaître aujourd'hui. Peut-être était-ce une armure du genre de la coite d'armes attribuée & Philippe le Bel, que l'on conserve au musée de Chartres, et dontl'étolTe est doublée intéieurement de petites plaques de fer attachées avec des clous rivés. Cette sorte d'armure est, je crois, fort ancienne eu Asie; on en voit souvent dans les musées, qui viennent de la Chine ou du Japon. Les Tartares en faisaient usage. Si ces clous n'étaient pas une simple broderie, ce serait le seul exemple d'armure qu'offriraient les fresques de la nef.

Ou entrevoit plusieurs cavaliers, galopant derrière le char du pharaon. Ces figures, bien que débarrassées aujourd'huidela poussière qui les dérobait eutit^rement h. la vue il y a quelques ann;^cs, sont trop effacées pour pouvoir être décrites. Je crois pouvoir assurer cependant que le cavalier du premier plan n'a point d'étriers.

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XXVI. — Nef, ttJté nord, rangée inférieure : Le Seigneor apparaît à Moïse sur le mont Sinaï, cl lui remet les tables de la Loi.

Après celte composition, il devait y en avoir encore ane ou deas ; mais tout l'endiiit est tombé jusqu'au mur du transept, et il ne reste pins la moindre trace de peinture. Probablement l'adoration du veau d'or et la panition des coupables terminaiffist la série des peintures de la nef.

NoHS passerons maintenant à celles de la crypte.

Fresques de la crypte.

L — VoAte de l'escalier canduisRal à la crypte: Le Christ ' dans une gloire, entouré des attributs symboliques des quatre évangélisles. Deux vers latins étaient tracés autour du Christ; ils sMt illisibles aujourd'hui, à l'exception de quelqpies mots.

H. — Crypte, paroi nord, à partir de l'autel : Saint SaviD et saint Cyprien sont angles par le peuple d';Vmphipo1is et acrusès de professer la religion chrétienne.

111. — ■ tWéine paroi : Saint-Savin et saint Cyprien sont conduits devant le proconsul Ladicius.

1. Dans le chapitre iv de ce travail, ]'ai qualifié île grand le Christ peint sur la Toûte de l'eacalie» de la cfjpte. Celte eipiession ^oît être rectifiée. Cette figure est de proporiioa médiocre, mais d'un iljrle noble qui trompe sur lea véiîtalilea

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IV. T— Orypte, paroi nord, à partir de l'aulel : Les deux saints sont déchirés avec des on^es de fer.

V. — Même paroi : Ils sont ramenés deTant Ladicius, qui essaye vainement de les faire sacrifier à l'idole de DJonysius.

Les deux personnages derrière saint Savïn .et saint Cyprien sont ou les saleilites du proconsul, ou, peut-être, Asclepius et Valère, qui n'osent encore se déclarer chrétiens.

VI — Paroi sud, à partir de la porte en allant vers l'aulel : Saint Savin et saint Cyprien araen-És devant le proconsul Masiraus.

VIL — Même paroi : Saint Savin est mis à la torture dans one roue.

VIH. — Même paroi : Saint Cyprien subit le même supplice.

QuehjiresTBote de la légende écrite an-^dessous de chaque composition subsistent encore. On voit qu'elle était en vers léonins. Voici la sewle qâi existe à peu près intacte :

Dv». tarqtiÊtt negant, amctoi tonuata làbùnmt.-..

IX. — MCme p«roi : Saint Savin' et eaiot Gjprien^ent exposés èans le cnrqne^ Une Iroane tt deus'IwBsl&ehésx^ntre eax l9UF:lâctiea(topH&.

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Le proconsul et le peuple attribuent ce miracle à la magie.

On Ht ce fragment de la légende :

...pâtre» (ou platAt fralres) venerantrr.

Une rangée de compositions disposées an-dessous des précédentes, et offrant sans dou!e la suite de la légende, a été complètement dëiruite par une inondation dont on conserve encore te souvenir k Saînt-Sarin. On attribue à la même cause la perte d'autres peintures qui couvraient ta muraille occidentale du caveau.

Pr«Bqu«i de la.ehapelU dé taiat Ukrio.

Décoration de l'arcature inférieure et d'un trumeau de cette chapelle. Bien que fort altérées, ces peintures nous ont paru dignes d'attention, parce qu'elles peuvent donner une idée exacte de l'ensemble du système qui a présidé à l'ornementation.

On remarquera dans la coloration de l'ange peint à la base du trumeau, l'eUet singulier produit par le posch, qui a subsiste après la dcsti uction des teintes qui le recouvraient. Les carnations esquissées en tert prouvent combien était générale la recette donnée par Théophile et par le moine grec.

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Les fùls et les chapiteaux des colonnettes ne paraissent pas avoir été jamais peints, Aa moins on n'a pu y découvrir la moindre trace de coloration.

Les cheveui blonds de l'ange se confondant avec le fond jaune du nimbe, on pourrait croire au premier abord que le peintre a voulu le faire chauve.

PMt-Mriptum.

. Une cinquième visite que je viens de faire à l'église Saint-Savin m'oblige à signaler une erreur qui m'est échappée dans la première partie de ce travail. J'avais cru que la muraille occidentale de la tribune n'avait jamais été peinte : M. Joly m'a montré des restes certains d'enduit coloré sur plusieurs pierres de cette muraille. Il est impossible aujourd'hui de savoir si cette paroi a été couverte de peintures ou simplement badigeonnée. — Je puis affirmer encore, d'après un dernier examen, que tout le vestibule était revêtu de fresques, mais il n'y a de conservées ou, pour mieux dire, de toconnaissablés que ceHos qui se trouvent entre l'arcdouhleau cmtral et la muraille de la nef.

. Lioogle

LARCHITECTUHË UILIIAiRE

L'art de la rortirication, jusqu'à t'inreottoH âe la poudre, on, pour parler plus exactement, jusqu'au perfectionnement de l'artillerie, consista dans nbe obserratiôo plus ou moins exacte des traditions laissées par leo Romains. Leurs monuments militaires, nombreux en France, lerrirent longtemps de jpodèles; eatre les forteresses romaines et tes forteresses dn moyen &ge, on ne reconnaît guère d'autre différence -que celles qui résultent dn changement des mœurs et des institutions.

Dans un autellum antique, le choir du site, l'uniformité des dispositions, la construclion méthodique et régulière, dénotent (e faste système do

220 ÉTUDES SUR LES ARTS Ul HOTBN AQE.

la centralisation impériale ; le ch&tean dn moyen ^e ofTre les mêmes défenses; il a, de même, fessés, tours et courtines; mais une certaine rudesse, une bizarrerie bappante ilans le plan et dans l'exécution, attestent une Toloolé iDdi?iduelle, et cette tendance à l'isolement, si caractéristique de la bo- '-ciélé féodale.

Les moyens d'attaque, contre lesquels les ingé- DÏeiirs du moyen Age avaient à se prémunir, étaient l'escalade on la brèche, pratiquée soit par la sape, soit par lamine, soit par le jeu des machines destinées h. renverser les remparts. Nous parlerons ailleurs des opérations de siège; aofts nons borherons, quant à présent, à remarquer qije l'emploi des engins on machines de guerre fut moins fréquent au moyen ftge qn'& l'époque romaine. Elles jouent cependant an râle encore important dans les sièges des jn* et' xiii* siècles. Au . XIV* , leur emploi est presque nul , particulièrement dans le Nord, même au milieu des guerres acharnées de la France et de l'Angleterre.

On peut attribuer ce changement notable dans l'art de la gnerre & l^iffaiblissement lent mais ixtnlinu des traditions romaines ; mus it paraU plus probable que l'usage des machines de guerre, au xn* et au xni* siècle , avait été introduit on plutét restauré en Europe, k U snite des ra-

L'ARCBITECTURE MILITAIRB. 221

lationsqae les croisades établirent entre les guerriers du Nord et les ingénieurs grecs et musulmans, longtemps les seuU dépositaires des conoaissances de l'antiquité. Cette opinion acquerra quelque vraisemblance, si l'on observe que les Espagnols, on plutAt les Maures à leur service, construisaient encore des machines au xiv* siècle, lorsque l'usage de celles-ci s'était déjà perdu en France et en Angleterre '.

Quoi qu'il en aoit, on doit noter qu'an moyen &ge les- moyens de défense étaient supérieurs aux moyens d'attaque, et qu'une place était imprenable de vire force, lorsqu'elle était située dans un lieu de dirPicile accès et que ses remparts étaient assez élevés et assez épais pour braver l'escalade on la sape.

Il n'y a point de caractères particuliers à l'archilecture militaire, qui puissent marquer avec précision l'âge d'une forteresse. On en est réduit & l'observation des indices communs i. toute espèce de constructions. L'appareil, la forme des arcs, le galbe des moulures, fournissent dans l'examea d'un monument militaire les mêmes renseignements qu'ils offrent pour l'appréciation d'un édifice civil ou religieux. Naturellement, ces rensei-

1. Comparez tes relalioM dM siégea dans Froieaatt avec o»J«a d'Ayalo.

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222 ÉTUDES SUR LES ARTS AU MOYEN AGE, gnements sont rares dans onc cooslrnction milU (aire, dépourvue, en général, d'ornementation, toujonrs sévèreet massire, et qui a pour but principal la solidité et la durée. En outre, les enceintes fortifiées ont èprouTé, pour la plupart, des modifications continnetles. II en est peu qui aient été bâties d'un seul jet, et presque toujours elles offrent la réunion d'une suite de défense?, ajoutées les unes aux autres i mesure que le besoin s'en est fait sentir.

DyGOOgIC

DISPOSITIONS CfiNÉHALES

Le problème doDt les ingénieurs de tous les temps se sODl proposé la solatioD, est celui-ci :

< Construire des ouvrages qui puissent se protéger les QDs les autres, et cependant susceptibles d'être isolés, ea sorte que la prise de l'ua n'entraîne pas celle des ouvrages voisins. *

D'où résulte ce corollaire : ( que les ouvrages intérieurs doivent commander les ouvrages extérieurs. *

L'architecture militaire du moyen âge présente l'application continuelle de ces principes.

Dès les temps les plus reculés, toute fortification permanente se composait :

1° D'an fossé continu,

2° D'une enceinte continue,

3* D'un réduit où la ganiison trouvait un refugo après la prise de l'enceinte.

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tu âTtIDBS SUR LES ARTS AU MOYEN A6E.

Dans les villes, ce réduit était une citadelle; dans les ch&teaux, ua donjon, c'est-ô-dire une tour plus forte que les antres, indépendante par sa situation et par sa construction. Cesdispositions s'appliquent aussi bien aux fortifications du moyen ftge, qu'à celles de l'antiquité.

Les premières enceintes fortifiées du moyen âge, surtout celles des chftteaux, ne furent formées que d'un parapet en terre, bordé par un fossé et couronné de palissades, de troncs d'arbres, de fagots d'épine, ou quelquefois même de fortes haies vires. Au centre, s'élevait une tour en maçonnerie, solidement bâtie et entourée d'an fossé, comme l'euceinte eitérieure. La plupart des villes, ayant eu de bonne heure, soit des enceintes romaines, soit des remparts construits sous l'inQuence des arts de Rome, ne s'entourèrent pas de ces fortifications barbares , qui furent principalement à l'usage des seigneurs ou chefs militaires vivant à la campafine.

Aux parapets en terre . on substitua, dans la suite, des murs de pierre, flanqués de tonrs plus ou moins espacées; on multiplia le nombre des enceintes, et l'on augmenta la hauteur des donjons. Vers la fm du xii* siècle, les ingénieurs recherchaient avec curiosité les ouvrages anciens sur l'art de la guerre, et l'on a lien de croire qu'à cette

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L'ARCHITECTOBB MILITAIRE. SS5

ëpoqne on remit en pratique les principaux préceptes, consignés dans les écrivains militaires ta tins ou grecs, préceptes qui, d'ailleurs, paraissent n'avoir jamais élé complètement oubliés en France. Geoffroy Planlagenet liMJt Végèce, en faisant le siège de Mon treuil-Bellay ',

1. BoHlia, Seciierehes hiitùriquei lur tAfijou. T. 1, p. £60.

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EITUATION

Avant d'étudier en détail toutes les parties qa> composent une forteresse, on doit dire quelques mots des emplacements qu'on regardait, an moyen ftge, comme favorables à la défense.

En pays de montagnes, on recherchait de prèfé rence une espèce de cap ou de plateau étroit, s'a- Yançant au-dessus d'une vallée, surtout si des escarpements naturels le rendaient inaccessible de presque tous les côtés.

Rarement on bAtissait les châteaux sur des cimes élevées; on préférait les construire à mi-cAte, soit pour la facilité des approvisionnements, soit pour ne pas se priver des moyens d'avoir de l'eau commodément. On b&tissait même dans les vallées; mais c'était, en général, quand elles offraient de ■ces passages naturels dont la possession assure de

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t'ARCHITECTURE HIllTAIRÉ. 227

grands avantages pourprÉparer ou poar repousser une invasion. D'ailleurs, on était assez indiftéreat sur le voisinage des hauteurs qui dominaient les enceintes fortiûÉes, pourvu qu'elles fassent hors de la portée, assez faible, des machines en usage alors pour lancer des traits.

En plaine, on choisissait les bords des rivières, surtout les Iles et les presqu'îles qu'oD pouvait facilement isoler, et qui commandaient la uavigalion.

Faute de rivière, on recherchait le voisinage d'un ruisseau qui remplit les fossés d'eau, ou bien d'une boue profonde, obstacle tout aussi efficace que l'eau; enfin, une bulle isolée, élevée de quelques mètres, était considérée comme une bonne position, que l'on s'efforçait d'améliorer encore, en augmentant artificiellement la raideur des pentes. D'ordinaire même, on élevait une motte, ou butte factice, pour y placer le donjon ou la principale tour d'un chfkteau.

Quelques-noes de ces mottes paraissent avoir été des tumulus antiques. Il faut bien se garder de généraliser ce fait, assez rare, mais qui, pour cela mémo, mérite â'élre mentit»Dé.

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DIVISIONS PRINCIPALEI

Les parties principales et caractéristiques d'un^ forteresse, au moyen âge, à commeucer l'examen par l'eslÉrieur, peuvent être rangées dans les di visions suivantes :

l. — Fossés. — 2. Ponts. — 3. Barrières ou reiranchements extérieurs. — 4. Portes. — S. Tours. — 6. Couronnement, créneaux, plaiesformes, etc. — 7. Courtines. — 8. Fenêtres, meurtriÈres. — 9. Cours intérieures. — 10 Donjon. — H. Souterrains.

Les plus anciens fossés étaient creusés dans la Verre et dépourvus de revêtements, du moins du cdté de la campagne, car, du cdté de la place, les murs, s'élevant verticalement ou en talus fort

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L'&RCBITEGTURE MILITAIRE. S29

raide. Tonnaient un des bords du fossé. L'inclinaison des bords opposés était celle qu'exigeait la nature des terres excavëes '.

Dans les ch&teaux plus modernes, la contrescarpe, ou le bord extérieor du fossé, est revêtue de maçonnerie. Quelquefois c'est un mar vertical, plus souvent un talus. Il est fait mention de fossËs en terre à parois verticales, mais alors probablement les terres étaient retenues par des madriers, et il est présnmable que ce n'était qu'une disposition temporaire adoptée an moment d'un siège. On les désignait par le nom de fossés à fond da euve.

La profondeur d'un fossé et sa largeur étaient proportionnées à la hauteur des murs et à l'importance de la forteresse. Dans tous les cas, la contrescarpe devait être à portée de? traits lancés des remparts.

1. Voir dans k Chroniqut de du Guetclin, l'accident qui occasionaa la prise de Saiiit-Sëvèra. Va chevalier françaii, Dommé Oeuffroj Pajen, ee promenait le long de la contres- La terre da li coutreicarpe cédant, la tiache tomba dans l« foué; pour la reprendre, Pajen j deacendil, malgré les traita des Anglui. 11 demanda une éctielte pour remonter. On la lui apporta. Alon, la trouvant aeee? haute pour atteindre le rem part, il monta bravement à l'assaut, entraînant & sa suite tout* l'armée franjaise. (Cuvelier, T. II, p. 324J.

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ABlant que la chose était possible, les fossés étaient remplis d'eau, ou, du moins, susceptibles -d'être inondés au besoin. Quelquefois l'eau baignait le pied des remparts; d'autres fois elle remplissait seulement la mnette, c'est-à-dire un canal pratiqué au milieu du fossé, entre deux berges qui «estaient à sec.

Lorsque les fossés étaient dans une telle situation qu'ils ne pussent jamais être inondés, les difficultés naturelles du terraio rendaient presqae toujours cette prëcautiou inutile, et d'ailleurs on 7 suppléait, soit par une profondeur plus grande, •soit par l'emploi de chausse-trapes , de pleut ■aiguisés, etc., cacbés sous les herbes qui tapissaient Je fond du fosse.

Outre l'eau destinée à remplir la canette du fossé, et qu'on prenait, comme il semble, asseï peu de soin de renouveler, ce fossé recevait encore 'les égonls du chAteau. Les ouvertures des canaux -qui y portaient les immondices ëlaient soigneusement munies de grilles et de hérissons.

L'absence de fossé ent une exception rare, même ^ans les cliftleaux situés sur des hauteurs où des escarpements abrupts paraissent rendre cet obsla- «le tout à faitsuperilu. Presque toujours, b. moins que les remparts ne s'élevassent au bord même •d'un précipice, s'il restait un peu de terrain uni

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L'ABCBITECTURE MILITAIRl. 231

CQti-e les escarpemenls et l'eneeinte, on regardait comme indispensable de creuser un fossé. En edet, la deslioation de ce grare Ae â^reoaes était principalement d'enpécber rassaitlant àe oondnire an pied dn mnr ses macbines de siège ou ses minears. Aassi, la première opération de celui-ci était de combler le fossé, et de nireter le terrain jusqu'en bas du rempart.

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