‹ Études sur les arts au moyen âgeChapitre 26 sur 61 · V:truTe, I · texte numérisé non relu

V:truTe, I

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L'AHCHITECTURE MILITAIRE 237

teoteD avant de l'enceinle cootinue; un passage "assezélroit conduit à la porte. Le pont sert nsnseulement'à établir une conunnDicaUon entre les deux tours, mais encore à recetoir des soldats qui, à fabri de forts parapet», pouraient contribuer, d'noe manière très-ëfficace, h la défense de l« porte.

Presque tona les ch&leaux ont deux portes, l'une grande, l'autre petite, trës-rapprochées l'une de .■. l'itutre. La première était pour les chars et Iës cavalierg, la seconde pour les hommes k pied. La prudence, celte vertu si nécessaire au moyen âge, exigeait que la grande porte ne s'ouvrit qu'en cas d'absolue nécessité. -

Dans les maisons parliculières^ on trouve asseï fréquemment ces' deut portes. La maison de- Jacques Cœur, à Bourges, et l'hdtel de Sens, à Paris, en offrent des exemples remarquables. Le poat-le- Tis, une fois relevé, faisait en quelque sorte l'office d'un large bouclier opposé 4 l'eniiemi; mais-cetuici, avec des crocs, k force de bras, ou bien avec des machines, pouvait parvenir k l'abaisser, en rompant les chaînes qui le tenaient suspendu. Il fallut donc opposer an autre obstacle. Ce fut la herse, espèce de lourde grille en fer, ou bien un système de pieux indépendants; cette seconde espèce de clôture se nommait une orgw .ti/t une tarrazint, expression

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qui semblerait indiquer que cette inrention avait une origine orientale. Ceue ma£faiii« s'élevait on s'abaissait, eo glissant dans des rainures pratiquées aax parois des murailles da passage. On éle- Tait la herse à l'aide d'une nuchioe, et, à l'approche .d'un danger, on la laissait tomber. Dés ce mo< ment, lepassagi; était fermé, et il fallait briser la herse pour pénétrer plus avant, <ar il était impossible de la relever à l'extérieur.

liés hommes qui manoéuvraient-la herse étaient placés dans une salle supérieure ou quelquefois à côté de la porte. Des ouvertures étroites, percées dam la muraille, leur permet(ai«ntd'observer ceux . qui se présentaient sur le pont-levis.

"" Outre la herse, pour défendre l'entrée d'une place, OD employait encore des portes massives en bois, hérissées' de clous, ou revêtues de lames de fer. Presque toujours il y avait deux portes, u.j à chaque extrémité du passage. On en voit un exemple au château de Saint-Sauveur-le-Vicemte,

Si quelque accidenf ou quelque rase de l'eunemi venait à empêcher 1^ manœuvre de la herse, on avait ménagé des moyens as défense dans l'iutérieor même du passage. On se servit souvent, avec succès, dans les surprises, de charrettes qui, conduites soaslepassage de la porte, empêchaient la hei^e de s'abaisser. Des ouvertures dans les voûtes

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L'ARCHITECTURE MILITAIRE. iS»

OU dans les plafonds permettaient aux déle.)seur& de la place de tirer à couvert sur l'assaillant. On volt aussi, dans quelques cli&teaux, des balconssoutenus sur des consoles, disposés dans les passages des portes, p«or rece?oir des hommes d'anne* qui, de cette position élevée, combattaient avec

Enfin, aussitôt que les armes à f<ui furent en nsage, des meurtrières percées dans les murs latéraux, et mâme des embrasures pour des canons;complétÈrent les moyens de défense, accumulés; comme on voit, à l'entrée des places forta.

Une partie de ces dispositions se conserva longtemps dans l'intérieur même des villes. J'ai déjà cité l'hiMel de Sens, qui manjrje, en quelque sorte, le passage derarchitecturemilitaireàrarchitecture civile : on peut remarquer les meurtrières percées au sommet des ogives de ses deux portes ; la prin- • cipale devait servir pour une arme à feu.

Nous avons parlé de salles où se tenaient les 'gens chargés de lever ou d'abaisser la herse. Elles servaient aussi de corps de garde. On y trouve de Tastes cheminées, quelquefois des bancs de piepr& ■ et des niches qui contenaient les ritelicrs d'anoes.

iVi ÉTUDES SUR LES ARTS AU MOYEN AGE.

Nous ne nous occuperons, dans cet article, que des tours qui flanquent l'enceinte continue et qui se lient à un système de fortifications plus ou moins i'icndu. Leur usage principal était de protéger les angles de l'enceinte, plus exposés que les fronts, attendu qu'ils ne peuvent présenter à l'ennemi qu'un fort petit nombre de défenseurs. On espaça encore les lours, de distance en distance le long des murailles de l'enceinte, afin d'en augmenter la force, de défendre l'accès des fossés et is donner les moyens de prendre en flanc les soldats qui voudraient assaillir le rempart. Dans ce dessein on leur donna souvent une saillie considérable.

En outre, les lours, s'éleVant, en général, audessus des murailles, formaient comme autant de petites forteresses, où quelques hommes pouvaient résister avec succès à un grand nombre ; enfin, léï tours servaient encore de logements et de magasins.

Les tours sont tantdt verticales, tantdt çDes affectent la forme d'un cOne tronqué ; souvent on a combiné ces deux dispositions en élevant un rempart vertical sur une base conique, on bien en forme do pyramide.

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Arextépîeur, les murs sont lisses, on quelquefois renforcés de contre-forts plus ou moins saillants. La présence de ces contre-forts indique une construction fort ancienne. Nous ne croyons pas qu'oQ en trouve d'exemple postérieur au xu' siècle. Ils sont toujours très-épais, surtout à lenr base.

On observe la plus grande variété dans la forme des tours, aussi bien que dans leurs dimensions et leur appareil. La plupart sont rondes ou carrées; mais on en voit de semi-circulaires, de prismatiques, de triangulaires, d'elliptiques.

Quelques-unes présentent, à l'extérieur, un angle aij^u perpendiculaire à l'enceinte; telles sont /ilusieurs tours du château de Loches et la tour Blanche ou le donjon d'Issoudun. Probablement, on avait adopté cette forme pour empêcher l'ennemi de se servir du bélier. En effet, contre l'angle saillant, le bélier ne pouvait agir efficacement, etj s'il était dirigé à droite ou à gauche de cet angle, les hommes, qui le manœuvraient, prêtaient le flanc aux. traits des assiégés placés sur les courtines.

Mais cette forme bizarre doit être considérée comme une exception. Toutefois, il semble qu'il n'y ait jamais eu de forme généralement préférée, et que le caprice des ingénieurs, beaucoup plus que l'expérience, ait fait adopter tel ou tel mode

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de constractioo. Il exislait à Beaucaire, en lâlS, à l'époque dn siège da oetle Ttlle psr le jeune comte de Toulouse, une tour trioaguiaire dont les angles èlaieuL al)aUjae; mais mq coDranoemant semble plus moderne.

On voit des tout» awKTim k l'intérieur, maiï, ordinairement, ell^ m dépasBeat. pas la bauteur des murailles d'enceinte, et ne amt aiors^ à proprement pu'Ier, que des saillies du rempart.

Oo adopta cette disposilioQ,. sans doute parce qu'avec une moindre dépense on obtenait la plupart des uranUiges qu'olTrateot les tours ordùiaàpes. Cependant les tours fermées fureot toujours d'un usage plus général, et elles étaient justement regardéescomme plus &rles que les précédeatea.

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