‹ Études sur les arts au moyen âgeChapitre 38 sur 61 · Cism, conmentairei, Ht. II · texte numérisé non relu

Cism, conmentairei, Ht. II

la torsion des cordes, imprimait aux traits nne rapidité prodigieuse.

Il semblerait, par la description très-pen ctaire que donne Ammien-Marcellin de la baliste, que cette machine n'était qu'une catapulte dont le style chassait une flèche placée dans une rainure servant ù la diriger. Le stjle de la baliste, comme celui de la catapulte, était mû par l'actioir d«- cordes tordues.

L'usage des machines que nous venoBS de décrire subsista assez longtemps après l'inveation de ia poudre. On voit, dans les guerres du xiv" siècle, Dolanim«n1 aur sièges de Tarazona, de Barcelone et de Burgos, les- traimcks employés en même temps que les canons. Le perfectionnement de cette artillerie nouvelle, qni pennettait de battre en brèche à une distance assez grande, fit abandonner les engins de bois et d&cordes, v( rs' la fin du XV* siècle. Bientôt après, une grande' révolution s'opéra dans l'art de l'aUaqne et de la défense des* places. On inventa les bastions qui, s'avançant dans la campagne et se protégéant les uns les autres, éloignaient l'assaillant beaucoup plus eOicacement que les tours consti'uites autrefois dans le mémo dessein.

L'histoire de ce grand changement n'entre point dans le plan do ce travail ; nous nous- bornerons fk

en remarqner un des principaux résultats. Le perfectionnement de l'artillerie n'a point renda la guerre moins meurtrière, comme on le croit Irop facilement; cl, si l'on compare les campagnes de Napoléon à celles de César, on ne sait lesquelles ont fait couler le plus de sang. Mais la découverte d'un instrument de destruclioD qui dte sa supériorité à la force physique, et, il faut le dire, à la force morale, a donné aux masses un irrésistible avantage. Autrefois, il fallait une trahison pour qu'un million d'hommes triomphât de trois cents Spartiates retranchés aux Thermopjles; aujourd'hui, un ingénieur calcule, à quelques kilogrammes près, ce que coûtera de fer et de poudre la place la mieux défendue. La victoire est désormais assurée aux gros bataillons ; et, s'il faut s'applaudir de n'avoir plus à craindre les petites tyrannies de castes privilégiées qui affligèrent le moyen âge, n'est-il pas à craindre que des nations puissantes n'abusent de leur force pour opprimer des peuples généreux, trop pauvres pour exposer à leurs envahisseurs un nombre suffisant de fusils et de canons?

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BN 1403

IleDrî m. roi de Castitte et de Léon, envoya, en 1403, à Tumerlan, une ambassade dont faisait partie Ruy Gonzalez de Clavijo, qai, à son retour, oiïrit à son maître le journal de son voyage. Cet itinéraire, extrêmement curieux, fut publié pour la première fois en 1582, par Argote de Molina, sous le titre de : Hîstoria del gran Tamorlan. Ilinerariû y enaracion del viage y relacion de la embaiada que Ruy Gonsalez de Clavijo le kizo por mandado del tjwy poderoio rey y senor don Earique Tercero de CastUla. En Sevttla, in-fot. La seconde édition, qui fait partie de la grande collection in-4" des chroniqnes espagnoles, est de 1782. C'est de cette édition que j'ai extrait le morceau qu'on

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va lire, et qui contient une description des moQumenls les pins remarquables de Constantinople à l'époque ou Clavijo y arriva, c'est-à-dire k la fin de l'automne de 1403. *

Clavijo, comme on peut le penser, n'était ni un archéologue ni un architecte, mais c'était un bon observateur. On a de lui une description de la girafe, qu'il appelle jornufa, très -supérieure à toutes celles que, d'après d'autres voyageurs modernes, on avait du même animal il y a moins de cinquante ans. Je cite ce fait comme preuve que Clavijo savait voir. Son style a les défauts de son époque, phrase embarrassée, quelquefois obscure, répétition des mêmes mots, nul artifice dans l'arranttement de ses périodes. En essayant de le traduire, j'ai reconnu qu'il était impossible d'être exact si l'on se servait de notre français moderne, et j'ai été conduit involontairement à chercher, dans notre vieux langage des formes qui se prétassent mleui à rendre la na'ivelé de l'original.

f La première chose qui fut montrée aux

ambassadeurs, fut une église de saint Jean-Baplistc, qji'iis appellent Saint-Jean-de-la-Pierre', laquelle église est proche du palais de l'empereur.

t. ProUUemant Saint Jean, fv'E6Bi|iw, V. Procope, De «Jifinis, li1i. I, cap. 8. J'ignore le molifqui aurait fait donner à Mtle égtUe la sBrnom qa« cite CIstIjo.

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C0N6TANTIN0PLE EN 1403. 3fl7

Et d'abord, au-dessus de l'entrée de la première porte de celle église, il y arail une ligtire de saint Jean Irès-riche et bien pouriraitée d'ouvrage de mosaïque; ensemble avec cette porte un haut pavillon ' porté sur quatre arceaux, et faut passer dessous pour entrer au corps de l'église; et le ciel * dudit pavillon et ses parois sont imagés d'images et de figures très-belles, en œuvre de mosaïque, c'est à savoir cerlains morceaux très-petits, desquels les ans sont dorés d'or lin, aucuns d'émail bleu, blanc, vert, rouge et de beaucoup d'autres couleurs, comme il est convenable pour pourtraire les Ggure», images et entrelacs ' qui là sODt représentés. Et croyez que c'est œuvre étrange à' voir. Et tôt après ledit pavillon, on trouve unfr grande cour entourée de maisons à galeries hautes *, avec arceaux en bas % et dans ladite cour beaucoup d'arbres et de cyprès. Et contre la porte par où l'on entre au corps de l'église, il y a une

1. Chapilel, dfine, flbche, amorti i gemen t d' plus baule que large.

2. Cielo, toit, voûte, piaJbnd. J'ai traduit littéralement pour conserver l'ambigullé île l'eipreBtion originale.

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