s Une aigrette jetant dea éclaire, euivant Procope, un
3- V Le cbeval l&ve le pied gauche de devant comioe pour en frapper la terre et rassemble l'arri^Hnaiii, en sorte que ses membres sembleat prêts à se luettre «n mouvenMnt aussitôt que ce eera leur tout d'agir, n (Procope.)
4. Pelta. !1 Cieat Ae la main ga»ej»e an globe, par quoi t'ar- Uste* donné A entendre qtie tout le monde obéit é l'empereur. Il ne porte ni lance ni épée, mais le globe est Buraionté d'une croii, ear c'eit & elle qu'il doit «es victairae. (Procope, ibid.) — Coaaultet auKii l'anon^e. De antiqnHat. Consl.)
DyGOOgIC
CONSTANTINOPLE EN 14*3. î :!3
merreilleuse à voir. El cette merveillense figore en haat de la colonne, on dit qne c'est celle de l'empereur Jastinien, «fui l'a fait faire, comme aussi l'église, lecpiel fit en son temps de grands et notables exploits à rencontre des Turcs.
Et, à l'entrée de l'église, au-dcTant do la porte, oti voit un grand arceau porté sur quatre colonnes, et dessous il y a une petite chapelle très-riche et belle, et après la chapelle vient la porte de l'église, laquelle est fort grande et hante, converte de enivre *, et au delà une petite cour, et autour, des galeries hautes. On trouTO par après l'antre porte, revêtue de cuivre comme la première, et de cette porte on entre dans une nef fort vaste et élevée, qui a un ciel de bois ; et, à main gauche, il y a un cloître très-grand et artislement fait, avec forcedalles et colonnes de jaspe, de couleurs infinies; et, à main droite, sous ladite nef, couverte comme il a été dit, après la seconde porte, vous arrivez au corps de l'église, lequel a cinq portes hautes et grandes, couvertes de cuivre, dont celle du milieu est la plus haute et la plus grande; et, par ces portes, vous entrez au corps de l'église. C'est comme une salle ronde, la plus grande et la plushaute, ensemble la plus riche et belle qu'il y ait,
l.Cfr.l'aDOiiïiDSjitfff.C;. P. lib.I V,p. 74. Suivant cet auleur, las porte* de Saiote-Sopkie aurcùeatétirsrétasBd'tu^etitdDpi.
S2t BTUDBS SUR LES ARTS AU MOYEN AGEje crois, au inonde. Et ladite salle est au centre de réjjlise , bordée alentour par trois nefs trèsgrandes et larges, communiquant avec la salle susdite, car il n'y a point de séparation martinée. Or, la salle et les nefs ont des galeries hautes donnant sur la salle, en sorte que, de là, on peut entendre la messe et les offices. Or, ces dites galeries commu- ■ niquent par des escaliers les unes avec les autres, et sont portées sur des colonnes de jaspe vert; semblablemen t le ciel des nefs est porté par des colonnes, et va finir ii la grande salle; mais celui de la salle, c'est un dôme, et s'élâve bien plus haut que le ciel des nefs. C'est un dôme arrondi trèsélevé, et croyez qu'il est besoin de bons yeux pour y voir lorsqu'on est en bas. La salle a en longueur 105 pas eten largenr93, et repose sur quatre piliers très-grands et gros, revêtus de dalles de jaspe decouleursTariées. et d'un pilier à l'autre vont des arcs, montés sur douze colonnes de jaspe vert, très-hautes et grandes, lesquelles soutiennent ladite salle. Et de ces colonnes il y en avait quatre fort grandes, deux au cdté droit et deux à gauche, lesquelles sont couvertes et colorées d'un enduit composé de certaines poudres faicticement composées, et les appclle-1-on por^de '. Quant au ciel de la
1. Claiijo a. cm uoi doute que le porphyre éiait composé w^ficieliemeiit, Paut-4tre s'a^it-îl d'un eadutt de stuo.
DyGoogle
CONSTANTINOPLË EN 1403. 325
talle,ilestpeiutel imagé en œuvredemosaïtjuefort riche ; et, au milieu du ciel, au-dessus du maîtreautel, se voit une image fort dévote de Dieu le Père, très-grande et naturelle, pourtrailée en œuvre de mosaïque de beaucoup de couleurs. Et si haute est la voûte où se trouve ladite image, que d'en bas elle ne parait pas plus grande qu'un homme, ou bien peu davantage ; pourtant elle est si grande de fait, que, d'un œil à l'autre, on dit qu'il y a trois palmes ; et qui la regarde d'en bas, il la croit hante ni plus ni moins comme un homme ; jugez par là ta grandissime hauteur dudit vaisseau. Et sur le carreau d'icelle salle, il y avait comme une chaire à prêcher, élevée sur quatre colonnes de jaspe et semblablement revêtue de jaspe de beaucoup de couleurs; et ladite chaire était couverte d'un dame reposant sur huit colonnes très-hautes, de jaspe de couleurs variées. Et là on prêcliait ; ensemble y lisait-on l'Évangile les jours de fêle. Et toute ladite église est revêtue de jaspe, aussi bien les parois comme le pavé; ce sont de grandes dalles de jaspe de couleurs variées, artistement polies, lesquelles sont ouvrées et disposées en lacs et compartiments bien agréables à voir. Et partie des arceaux qui soutiennent ladite salle est revêtue de dalles de marbre blanc très-beau, oti l'on a taillé force figures, toutes variées et naturelles; et ladite
o;,Googlc
326 ÉTUDES SUR LES AltTS AU MOYEN AGE.
partie ouvrée de ia sorle est aussi haute qa'v.a bomme debout en pied sur le pavé. El de là en haut, c'est œuvre de mosaïque bien belle et riche. Et les galeries des nefs de ladite église régnent tout autour de ladite salle, sinon là oi!i est le maîtreaulel ; et croyez que c'est chose qu'il fait bon voir. Et ces galeries ontbienenJargeurquatre-TJngt-diïpas, plus ou moins, cl en longueur, dans leur pourtour, environ quatre cent dix pas. Et ces galeries el tribunes hautes, avec leur ciel, sont ouvrées de mosaïques, bien et faîclicement. Et dans une paroi de l'une des susdites galeries, à main gauche en montant, on faisait voir une bien grande dalle blanche, enchâssée en ladite paroi, au milieu d'un nombre infini d'autres dalles, laquelle était de soi et par nature pourtraite et imagée, sans aucun artifice humain, non point sculptée ni peinte, et c'était la très-sainteet bienheureuse Vierge sainte Marie avec Notre-Seigneur Jésus-Christ dans ses très-saints bras; et, à côté, le trés-glorieux précurseur saint Jean-Baptiste. Et lesdiles images, ainsi que je disais, ne sont ni peintes ni dessinées en couleur aucune; aussi peu sont-elles taillées ou gravées, ains, sont ainsi faites par elles-mêmes, la propre pierre $'élanl ainsi faite el formée avec ses veines propres et ses marques, qui dessinaient naïvement et au naturel les images susdites. Et fut dit aux ambassa-
DyGoogle
dem-fi, que, quand ladite pierre fut Urée de la carrière «t équarrie pour élre posée en ce très-saint lieu, on vit cea irès-merveillenses et très-bienheureuses images ; et, ayant vu un mystère et miracle si grand, on mena ladite pierre dans ladite église, comme en la plus grande de la ville. Et noierez que lesdiies images semblaient comme si elles fussent au milieu des vapeurs et nuées du ciel, lorsqu'il est clair; ou bien comme s'il y eût eu devant un voile bien délié, d'autant plus merveilleuses qu'on eût dit que ce fût chose spirituelle que Dieu voulût ainsi montrer. Et au pied desdiles images il y avait un autel et une petite cliapelle où l'on disait la messe. Et, en outre, virent lesdils ambassadeurs dans ladite église un corps saint de patriarche, lequel était en chair et en os.
De plus, leur fut montré le gril sur lequel le bienheureux saint Laurent fut rdti. Et dans ladite église, il y a des citernes, souterrains et salles basses, qui sont choses trop étranges et merveilleuses à voir; item beaucoup de bâtiments et toutes manières de dépendances, mais la plupart s'en va ruinant et perdant, joint à ce que près de l'église ce Jie sont qu'édifices renversés ; et les portes par où l'en entrait à l'église sont tombées et bouchées, et on disait que le circuit de l'è glise, je dis par le dehors, s'étendait bien pendan'
ài\ milles *. Et dans ladite église avait une citertu) très-grande sons terre, laquelle contenait beaucdop d'eau ; si grande, que, disait-on, elle eût pu tenir cent galères '. Lesdils ambassadeurs virent tous lesdils ouvrages, et d'autres encore, si nombreux qu'on ne pourrait les décrire ni les nombrer en bref; tant est grand l'édifice et sa fabrique mei^ veilleuse, qu'on n'aurait pas fini de je voir en bien du temps; et. qui s'appliquerait à te voir chaque jour, chaque jour il verrait des choses neuves. Les toits de cette église sont couverts en plomb, et ladite église est très-privilégiée, mémement que, si une personne, aussi bien un Grec qu'un homme d'aucune autre nation que ce soit, ayant commis ua méfait, soit par vol, rapine ou meurtre, s'il s'y réfugie, on ne l'en tirera point.
Et le même jour lesdits ambassadeurs allèrent voir une autre église qui a nom Saint-George. An*
1. Voir plus baa ce que dit Clavtjo de l'enceinte de Conslautioople. Probablement il confond l'éteadua de la. juridiction ecclésiastique de l'église avec son enceinte matériel^.
2. Decian que podrian titar en «lia dm galeas. Est-ce une hyperbole grecque, ou bien Clavijo a-t-il mal compris son cicérone, qui lui disait peut-être qu'il y avait assez d'eau daus la cilerns pour approvisionner cent galères? S'agit-il de la citerne nommée autrefois BssiX«Ji, la rojale, aujourd'hui Yerebatan- Serai, qui, au rapport du général Aadréossi, s'étendait jusqu'à Sai nie-Sophie!
DyGoogle
CONSTANTINQPLB BN li03. 329
devant de la première porte, il y a une grande cour avec plusieurs jardins et maisons, et le corps de l'église est au milieu de ces jardins; et derant la porte de l'église, en dehors, il y a nu bassin pour baptiser, bien grand et beau, et au-dessus un dOme porté sur huit colonnes de marbre blanc taillé k toutes manières de figures; et le corps de l'église est très-élevé et tout couvert de mosaïque, et l'on y voit la représentation de Notre-Seigneur Jésus- Christ qnand il monta au ciel. Le pavé de ladite église est aussi merveilleusement travaillé, étant couvert de dalles de porphire et de jaspe de plusieurs couleurs ; et y voit-on force entrelacs trèsdélicats, comme aussi sur les parois. Et au milieu do ciel de ladite église on voit figuré Dieu le Père, en face de l'entrée, en oeuvre de mosaïque. Ensemble cstQgurée la vraie croix, que montre un nnge, entre les nuages du ciel, aux apôtres, ce pendant que descend sur eux le Saint-Esprit en figure de fou, et le tout en œuvre de mosaïque merveilleusement travaillée. Il y a encore dans ladite église une grande sépulture de jaspe, couverte d'un drap de soie : c'est là qu'est enterrée une impératrice; et, pour ce que la nuit approchait, lesdits ambassadeurs durent remettre au lendemain mercredi ft retourner à Conslantinople, ayant fait app'Ointemeat de se trouver h la porte qu'on nomme
DyGoogle
Qainigo, lu où devait se rendre ledit messire Hilaire, avec chevaux pour les porter, afin qu'ils vissent le reste de la ville et des choses qu'elle renferme. Ce pourquoi Icsdits ambassadeurs s'en revinrent à Péra, où ils étaient logés, et les autres susdits pareîlleffletit s'en furent à leurs maisons. Le jeudi, premier jour de novembre, lesdils ambassadeurs pass£;rent à Constantinople, et trouvèrent ledit messire Hilaire el autres seigneurs de la maison de l'empereur, qui les attendaient h la porte de Qainigo, et ils montèrent à cheval et allèrent voir une église qui s'appelle Sainte-Marie-dc-la- Ckeme ', laquelle égliee est dans la ville, près d'un cbaieau détruit où logeaient autrefois les empereurs, et fut détruit par un empereur, parce qu'il y fut pris par son fils, comme vous sera conté lotit h l'heure. Or, ladite église de Sainte-Marie-de-la- Chernc servait de chapelle aux empereurs ; el dans le corps de l'église, il y avait Irois nefs, et celle du milieu était la plus grande et la principale, et la plus haute; les deux autres, au contraire, étaient assez basses, mais avaient des galeries qui donnaient sur la grande nef. Toutes les trois d'ailleurs étaient soutenues de la même manière, c'est à savoir sur des colonnes de jaspe, et d'icelles les baxs