Hameau près de Saint-Savin, entre ce bourg et Antigny
2. On appelait alors guérite une barricade avec des embrasures qui permettent de tirer à couvert. Le mot guérite est emprunté à l'espagnol rjuaridu, retraite, asile.
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le cardinal de IViclieliou, ministre d'Élat, do sa mauvaise vie, et Son Éminonce, bien informée do ses désordres et de l'inexéciition des arrêts de la cour, Y apporta l'autorité du roi, et fit expédier une commission au grand prévôt du Poitou , de l'arrêter prisonnier. Cet ordre fut donné si secrètement, que ledit des Francs n'en put rien découvrir, et sa femme, qui était à Paris depuis deux ans pour poursuivre son procès, lui marquait toujours que dans les greiïes il n'y avait rien contre lui.
» Un nommé Boisjoli, habitant de Saint-Savin, fut accusé d'avoir dit qu'il avait vu le sieur des Francs dans la garenne qui faisait une très-mau' vaise action que la pudeur ne permet pas de nommer, dont ledit des Francs témoigna être fort offensé. Un jour de dimanche, ledit Boisjoli étant à la porte avec ses voisins, un des coupe-jarrets dudi sieur des Francs, passant par là, lui tira un cou[i de pistolet, le tua sur place et s'enfuit. La ville, en fut émue, et les habitants, qui se voyaient assassinés jusque chez eux, se liguèrent tous ensemble contre le sieur des Francs et les siens. Ils furent trouver le grand prévôt et lui promirent de le lui mettre entre les mains, ce qui se lit de la sorte. Ayant été averti, par une des femmes qu'il avait débauchées et qu'il entretenait, qu'il la devait venir voir cette nuit, et qu'on le trouverait à Saint-
Cvprion. ils eu avriliinU proiniilcincnl le grand prrvûl cL lui (lonnèirnl li' rendez-vous la nuit dans un petit bois qui est auprès du village des Buissons, d'où ils purent investir la maison de Sainl-Cvprien ; et le grand prévôt, ayant disposé tout son monde autour d'icclle, frappa à la porte. Incontinent le sieur des Francs cria à ses malheureux : « Aux guérites ! aux guérites ! » Mais, ayant appris que la maison était investie, il leur défendit de tirer, et, ayant ouvert une fenêtre qui regarde vers Saint-Savin pour se sauver, il en fut empêché par ceux qui avaient investi la maison. Il courut d'abord à la porte pour demander au prévôt qui il était, et, après l'avoir reconnu, il se rendit à lui. Il lui demanda quel ordre il avait de le prendre , et, après avoir su que c'était par ordre de Sa Majesté, il fut tout étonné. Le jour étant venu, le prévôt commanda à ses gens de monter sur les chevaux du sieur des Francs, car il en avait huit ou neuf des plus beaux; il fit monter le sieur des Francs sur un petit bidet sur lequel il le fit lier; et le mena passer à Saint-Savin pour le conduire à Poitiers. Quand il vit qu'on le menait à Saint- Savin, il s'écria fort, disant au prévôt que ce n'était pas ce qu'il lui avait promis, qu'il l'allait livrer à la rigueur et à la rage de ses ennemis, à quoi le prévôt répli(jua qu'il avait ordre de le faire
passer par là, mais qu'il ne lui serait fait aucun mal. Je ne dis rien des imprécations et malédictions dont il fut chargé dans toutes les rues de Saint-Savin où il fut promené en cet état, et ensuite il fut conduit en prison à Poitiers, d'où, après quelque temps, mené à la Bastille par ordre du roi-, où il mourut peut-être bien de poison, comme l'or» croît, n'ayant pu se tirer d'affaire, quoique des proches se fussent empressés de solliciter pour lui.» Le monastère de Saint-Savin ne jouit pas de plus de tranquillité après la détention et la mort du baron des Francs ; sa veuve et son fils. Bénigne de Neuchèze, malgré vingt arrêts rendus contre eux, continuèrent à disputer la possession de l'abbaye et à vexer les habitants dubourg avec une audace inconcevable. En 1639, dameÉléonore de Turpin-Crissé, veuve de Henri de Neuchèze, baron des Francs, accompagnée d'une troupe d'hommes armés, se rendaildansla vigne de messire Gabriel Casseloup, notaire à Saint'Savin, et la vendangeait de force. L'information judiciaire d'où je tire ces détails rapporte, d'après plusieurs, qu'elle avait dit, en jurant, « qu'elle voulait que le diable lui mangeât le corps si ledit Casseloup buvait le vin de sa vigne » , Une lettre du roi Louis XIII avait chargé l'évêque de Poitiers et l'inlendaiil de la généralité du Poitou d'établir la réforme dans le monastère, et de
prendre à cet elTct toutes les mesures qui lui sem- Llcraient convenables. Des religieux de la congrégation de Saint-Maur furent établis dans l'abbaye le ^9 août 1G40, et défense fut faite [sous peine de la vie, à l'abbé de Neuchèze, à sa mère * et à ses domestiques, de se présenter dans la ville de Saint-Savin ou sur les domaines de l'abbaye. On régla que les biens du monastère seraient administrés par une commission d'ecclésiastiques et de laïques, et qu'une partie des revenus serait employée aux réparations des édifices sacrés. Mais l'abbé Bénigne de Neuchèze, ou plutôt sa bellemère, pendant sa minorité, avait su se ménager des protecteurs puissants. L'évêque de Châlons, Cbarles de Neuchèze, son parent, avait reçu ses pouvoirs et obtint, en 1G41, la suppression de cette commission, dont l'autorité lui fut remise en partie. Bientôt l'abbé, avec sa belle-mère, reparut à Saint-Savin, accompagné [d'une troupe de trente ou quarante hommes armés, et renouvela les violences de son père : il pillait les métayers, enlevait de force les récoltes et battait ceux qui osaient résister. Chaque année, les mêmes scènes se repro-
1. Il semblerait que la dame des Francs avait adopté Bénigne de Neuchèze, ou que sa naissance adultérine eût été déguisée; car,, dans tous les actes, on appelle la veuve du baron des Francs « mère da l'abbé».
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(luisaient. Un fermier nommé Ililairc Taîïel, [ilus hardi que les autres, après s'être pourvu du lieutenant général de Poitiers, s'était fait accompagner de quelques gens armés pour faire la vendange. « Mais ledit sieur abbé ne manqua pas d'y venir à main forte avec ses domestiques et autres personnes, qui étaient au nombre de plus d'une centaine, armés d'épées, de fusils, de pistolets et de bâtons, lesquels jurant et blasphémant le saint nom de Dieu, en la présence même du lieutenant particulier assesseur criminel de Poitiers, qui s'y était transporté à la requête dudit TafTet, pour lui faire prêter main forte, se jetèrent impétueusement sur ledit Taffet et ses assistants, les battant, frappant et excédant de plusieurs coups de leurs armes et bâtons, en sorte que plusieurs en furent cruellement blessés et endangerde leurs personnes, dont l'un d'eux, appelé Rousseau, mourut de ses blessures en 1652. »
Les plaintes, les enquêtes, les arrêts, se succédaient, sans que la situation changeât en rien. L'abbé, devenu d'âge à se faire craindre, semblait avoir pris le baron des Francs pour modèle, et, dans une enquête faite à Saint-Savin en 1654, il disait tout haut « qu'il voulait venger la mort de son père, mort en prison pour de semblables violences commises sur les mêmes lieux ».
Un m'ocès-verbal de visite faite par ordre du
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lieutenant général de Poitieis nous appriMul quelle était la situation de l'abbaye au moment, de sa réforme.
« Une partie des voûtes de l'église était fondue, les piliers endommagés, les chapelles, et le jubé ruinés, la charpente des couvertures pourrie, les fenêtres sans vitres, à demi murées, le chœur sans cloisons et sans stalles. Il n'y avait que deux cloches, une fêlée et l'autre usée. Pour tous ornements, une aube, une chasuble, un calice et un ciboire d'étain ; une croix de bois, avec un christ de cuivre brisé, était attachée avec une corde. L'office divin avait cessé, les religieux étaient dispersés ; tous les bâtiments qui composaient autrefois h; cloître, le dortoir et les autres lieux réguliers, entièrement ruinés et renversés, n'y restant d'iceux que quelques pans de murailles. »
Les réparations étaient estimées, en 1650, à 77,683 livres.
Un autre procès-verbal de visite faite par le lieutenant général de Poitiers, le 3 juin 1652, contient quelques détails intéressants sur l'église, et particulièrement sur la tour occidentale.
<r ... Et, étant entrés sous le clocher de pierre do ladite église, nous ont fait voiricsdits religieux, sur lamaindroite en entrant, un lieu toutnoirde fumée, là où il paraît y avoir eu du feu depuis peu de temps.
à cause de la noirceur de la fumée et à cause de l'odeur qui y est encore très-grande, quoique le lieu soit beaucoup exposé à l'air. La première voûte dudit clocher paraît tout enfumée ; et nous ont prié lesdits religieux de remarquer que, à cause que les soldats dudit sieur abbé faisaient leur corps de garde ordinaire sous ledit clocher et y faisaient du feu continuel, ayant la plupart du temps la porte fermée, que la fumée qui sortait dudit feu n'ayant pas d'autre sortie, elle entrait toute en l'église par la porte qui entre dudit clocher dans le bout de la nef*, comme il paraît par la noirceur qui est à ladite porte et à la muraille au-dessus d'icelle, tant du côté du clocher que par le dedans de l'église, laquelle noirceur va jusqu'au haut de la voûte ; et nous ont pareillement lesdits religieux montré plusieurs grotesques contre la muraille dudit clocher. En sortant de ladite église, nous ont lesdits religieux fuit voir à la porte qui y est du côté où ont été d'autre part tous les cloîtres et bâtiments de ladite église, qui sont présentement tous en mazures (sic). »
l.Il semble qu'il s'agit ici du vestibule; mais on se rappelle que la « grande porte de l'église avait été murée »; que par conséquent, dans le vestibule, les soldats n'auraient pas eu de porte à fermer. Le corps de garde n'aurait-il pas été placé dans la tribune? Peut-être faut il entendre par « la porte qui entre dans lebout de la nef» l'arcade delà tribune bouchée aujourd'hui.
Un accommodement eut lieu, en 1C55, entre l'abbi'' Bénigne de Neuchèze et les religieux, je n'en ai pu retrouver les conditions. Le Gallia christicna place en cette année seulement l'avènement de l'abbé; il faut croire qu'à dater de cette époque une administration moins irrégulière succéda à tant de désordres.
Probablement les bâtiments conventuels (aujourd'bui la caserne de gendarmerie) furent alors construits. Il ne paraît pas que des réparations importantes furent faites à l'église ; je n'en ai trouvé nul indice. Peut-être commença-t-on à recouvrir les fresques des chapelles de ce badigeon blanc si souvent renouvelé dans la suite.
La Révolution n'a pas laissé dans l'abbaye de Saint-Savin les traces hideuses que conservent tant d'églises en France. Lorsque commença la guerre contre les saints et les fleurs de lis, toutes les fresques à la portée des vandales étaient déjà cachées sous plusieurs couches de badigeon; pour atteindre à la voûte du chœur, il eût fallu des échafauds ; d'ailleurs, ce qui restait de peintures était protégé par le respect traditionnel des habitants du bourg.
Je crois devoir rapporter au commencement du isix" siècle quelques travaux exécutés dans la tour, qui l'ont gravement compromise. On voulut garnir
de volets les fenêtres supérieures : sans doute on avait des volets tout faits qu'il ne fallait pas laisser perdre; mais ils étaient carrés et les fenêtres étaient en plein ceintre. Que fit-on? On coupa les claveaux des cintres. Déjà l'incendie allumé par les soldats du comte de Ghoisy avait calciné les trompes sur lesquelles repose la flèche. Nulle réparation n'y fut exécutée; il semble même qu'on ait entaillé au marteau les pierres que le feu n'avait que légèrement altérées. En dépit de tant d'efforts, l'immense flèche de fer subsista suspendue en quelque sorte. Cependant, les trumeaux des fenêtres, horriblement surchargés, se lézardaient en tous sens; les pierres s'écrasaient, heureusement sans se disjoindre; une longue crevasse se manifesta depuis les fenêtres mutilées jusqu'à la base de la tour; les contre-forts se déversaient et avaient cessé d'adhérer à la muraille qu'ils devaient soutenir.
Le reste de l'église était dans une situation presque aussi alarmante ; depu .s longtemps, la toiture délabrée laissait pénétrer les eaux pluviales. La voûte de la nef était lézardée suivant son axe dans toute sa longueur, et les crevasses avaient en quelques endroits plus de cinq centimèlres de large. Le pilier nord-ouest de la coupole, à l'intersection de la nef et des transepts, présentait de nombreuses fissures verticales qui indiquaion' rnç
solution de continuité dans la maçonnerie, d'où pouvait résulter l'écroulement du clocher central.
C'était surtout du côté nord do l'église que les dégradations étaient le plus menaçantes. Plusieurs piliers s'écrasaient, et le mur, hors d'aplomh, était poussé en dehors par le poids énorme d'une voûte en moellons, surchargée encore par une couche de cendres, de tuiles et de toute sorte de débris, haute de plus d'un mètre.
Pour prévenir la chute imminente de la voûte, je ne sais quel détestable maçon, soi-disant archi- '^cte, avait entrepris de reprendre les piliers en sous-œuvre. Il avait entaillé les chapiteaux de deux cotés pour recevoir des pièces de bois transversales servant de chapeau à un chevalement destiné à soutenir les arcs des bas-côtés, pendant qu'on réparerait les piliers endommagés. Tout l'échafaudage était combiné de telle sorte, que, si les travaux eussent été continués, l'édifice se scr:.;! \":T)".r' ::> failliblement.
Tel était l'état de l'église de Saint-Savin lorsque je lavis pour la première fois il y a quelques années. M. le ministre de l'intérieur, informé de l'imminence du danger, résolut d'y porter remède. L'église fut aussitôt classée au nombre des monuments historiques, et les autorités locales furent invitées à faire rédiger promptcmcnt unpro-
jet de restauration. A cette époque, les fonds alloués au budget de l'intérieur pour la conservation de nos monuments étaient tellement bornés, que toutes les réparations s'exécutaient sous la direction des architectes des départements, car le déplacement d'artistes envoyés de Paris eût absorbé les faibles allocations qu'on pouvait accorder. Le premier secours que reçut l'abbaye de Saint-Savin lui fut bien fatal. En attendant le projet général de restauration, une somme de quinze cents francs, seule disponible alors, avait été destinée à subvenir aux travaux de consolidation les plus urgents que réclamait la voûte de la nef. L'architecte du département de la Vienne avait eu l'ordre de prévenir l'écartement de la voûte par un système de tirants en fer; on lui avait recommandé de boucher les lézardes avec du ciment, et les instructions é4,aient tellement minutieuses, qu'on lui prescrivait expressément de couler le mortier par l'extrados de la voûte et de veiller à ce qu'il ne se répandît pas à l'intrados suiMes peintures. L'architecte ne tint aucun compte de ces avertissements : il fit ouvrir la voûte par l'intrados, remplit les crevasses sans le moindre soin, et, qui pis est, fit remplacer dans le narthex une notable portion du crépissage intérieur, détruisant ainsi plusieurs compositions, à la vérité fort altérées déjà, mais encore reconnaissables. Ces in-
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concevables travaux furent exécutés avec une si grande rapidité, que le ministre n'en fut instruit que lorsqu'il était trop tard pour y porter remède. Quelques mois après, l'architecte qui les avait prescrits entra, me dit-on, dans une maison d'aliénés. En 1841, la direction des travaux fut remise à M. Joly-Leterme, architecte de Saumur, qui venait de donner des preuves de son habileté dans la restauration de l'église de Gunault. Désormais les réparations furent conduites avec intelligence. Toutes les parties menacées du monastère furent consolidées, quelques-unes reprises en sousœuvre, non sans des précautions infinies. Les trompes, les trumeaux, les cintres de la tour furent remplacés, opération périlleuse entreprise avec audace, on peut dire avec courage, et terminée aujourd'hui avec un bonheur complet. Maintenant, les contre-forts sont réparés, les murs raffermis ; les lézardes ont disparu. La consarvation de l'église est désormais assurée pour longtemps, et il ne reste plus à y faire que de légères réparations de détail, dont on peut d'avance prédire le succès. En même temps que M. Joly dirigeait les travaux de consolidation, il prenait les précautions les plus minutieuses pour conserver tout ce qui restait des anciennes fresques. Bientôt il essaya d'en rehercher de nouvelles. En détachant le badigeon
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avec prudence, écaille parécailio, il conçut l'espoir (le relroiivcr mainte ancienne peinture barbouillée peut-être depuis des siècles. Le succès a dépassé ses espérances. Grâce à ses soins, à sa patience, il est parvenu à rendre au jour une assez grande quantité de fresques inconnues et à découvrir des traces certaines de la décoration générale.
Tout l'intérieur de l'édifice était peint ou du moins badigeonné à fresque. Partout on a pu wonstater les couleurs et le dessin des ornements courants. Une restauration complète de l'ancienne décoration était devenue facile. Cette restauration, ]e n'ai pas besoin de le dire, ne s'applique qu'au badigeonnage et aux ornements courants, dont il existait des indications incontestables. M. Joly a conservé scrupuleusement jusqu'aux moindres traces de la peinture primitive, autant comme une relique ancienne pour l'antiquaare que comme un témoignage de son exactitude. Enfin, ce n est que sur les parties de l'église renouvelées entièrement, pour ainsi dire, qu'il a reproduit les motifs d'ornementation calqués sur ceux qu'il venait de découvrir.
En commençant cette notice, je disais que ni le temps ni les efforts malveillants des hommes n'ont porté à nos monuments des coups aussi funestes que des soins ignorants et une triste manie d'amé-
liorer. Lï'iiliso do Saint-Saviii ne fournit-elle pns la preuve la plus '.'omplèle de la vérilé d'une assertion qu'on a peut-être regardée comme un paradoxe? Saccagée parles Anglais, brûlée par les protestants, dévastée dans toutes nos guerres civiles, repaire d'une horde de bandits pendant un dcmisiécie, elle se distingue aujourd'hui, parmi les nombreuses églises du même temps, par l'unité de sa disposition et par la conservation de son caractère. Les malheurs de l'abbaye ont préservé l'église des réparations que subirent, dans le xviu'' siècle, la plupart des monastères de l'ordre de saint Benoît. Si l'architecture du xi" siècle subsiste à Saint- Savin, c'est parce que ses religieux i'urent trop pauvres pour l'aitérer.