DISPOSITIONS GENERALES
Le problème dont les ingénieurs de tous les temps se sont proposé la solution, est celui-ci :
« Construire des ouvrages qui puissent se protéger les uns les autres, et cependant susceptibles d'être isolés, en sorte que la prise de l'un n'entraîne pas celle des ouvrages voisins. »
D'où résulte ce corollaire : « que les ouvrages intérieurs doivent commander les ouvrages extérieurs. »
L'architecture militaire du moyen âge présente l'application continuelle de ces principes.
Dès les temps les plus reculés, toute fortification permanente se composait :
1° D'un fossé continu,
2° D'une enceinte continue,
3° D'un réduit où la garnison trouvait un refuge après la prise de l'enceinte,
2ii ÉTUDES SUR LES ARTS AU MOYEN AGE.
Dans les villes, ce réduit était une citadelle; dans les châteaux, un donjon, c'est-à-dire une tour plus forte que les autres, indépendanlc par sa situation et par sa construction. Ces dispositions s'appliquent aussi bien aux fortifications du moyen âge, qu'à celles de l'antiquité.
Les premières enceintes fortifiées du moyen âge, surtout celles des châteaux, ne furent formées que d'un parapet en terre, bordé par un fossé et couronné de palissades, de troncs d'arbres, de fagots d'épine, ou quelquefois môme de fortes haies vives. Au centre, s'élevait une tour en maçonnerie, solidement bâtie et entourée d'un fossé, comme l'enceinte extérieure. La plupart des villes, ayant eu de bonne heure, soit des enceintes romaines, soit des remparts construits sous l'influence des arts de Rome, ne s'entourèrent pas de ces fortilications barbares , qui furent principalement à l'usage des seigneurs ou chefs militaires vivant à la campagne.
Aux parapets en terre , on substitua, dans la suite, des murs de pierre, flanqués de tours plus ou moins espacées; on multiplia le nombre des enceintes, et l'on augmenta la hauteur des donjons. Vers la fin du xii" siècle , les ingénieurs recherchaient avec curiosité les ouvrages anciens sur l'ait de la guerre, et l'on a lieu de croire qu'à cette
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époque on remit en pratique les principaux pré' ceples, consignés dans les écrivains militaires la tins ou grecs, préceptes qui, d'ailleurs, paraissent n'avoir jamais été complètement oubliés en France. Geoffroy Plantagenet lisait Végèce, en faisant le siège de ^lontreuil-Bellay \