Ponts
Un pont porté sur des piles, ou, plus rarement, une espèce de môle traversant le fossé, donnait accès dans la place. Quelquefois, en excavanl le fossé, on ménageait une langue de terre, qui servait de passage; mais, d'ordinaire, on préférait un pont léger, qui oiîrait l'avantage de rétrécir le passage, et qui, en cas de siège, était détruit ou retiré à l'intérieur.
Dans les monuments figurés, dans la tapisserie de la reine Mathilde, par exemple, on voit des ponts semblables qui ne paraissent composés que d'une seule planche. On peut y observer que l'extrémité qui aboutit à l'enceinte fortifiée est plus élevée que l'autre. Le but de celte disposition s'explique suflisamment. On doit y remarquer en-
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core des espèces de marches destinées à assurer le jias des chevaux.
Bientôt on imagina de construire des ponts, dont le tablier pouvait se relever au besoin, et, de la sorte, fermer le passage. Cette invention, qu'on nomma pont-levis, se perfectionna rapidement. Le tablier mobile fut manœuvré par un système de contre-poids, en sorte qu'un effort, même assez faible, suffît pour le lever ou l'abaisser.
Il est fort rare aujourd'hui de retrouver d'anciens ponts-levis. On reconnaît qu'ils ont existé, à de longues ouvertures percées dans les murs, audessus de la porte, et dans lesquelles se mouvaient sur un axe les flèches, c'est-à-dire les poutres formant le levier auquel le tablier mobile était suspendu.
Si le pont-levis était très-léger, comme ceux qui étaient destinés à donner passage à des hommes de pied seulement, les poutres étaient remplacées par une armature en fer moins compliquée et d'une manœuvre plus facile.
Lorsque, au lieu d'un fossé, il s'agissait de tra verser quelque obstacle plus considérable, tel qu'un large ravin, ou bien une rivière, un pon< solide en pierre était substitué aux ponts de char pente, réservés aux fossés d'une lai'geur médiocre. Alors, par des dispositions parlicuiières, on s'étu
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(liait à rendre le passage dangereux et difficile pour l'ennemi. Presque toujours on élevait fortement le milieu du pont, et l'on y plaçait une tour sous laquelle il fallait passer; d'autres tours défendaient les extrémités du pont, le tablier était très-étroit, et souvent interrompu par des pontslevis en avant et en arriére des tours. Ces ponts étaient quelquefois construits pour favoriser le prélèvement d'un péage. Dans ce cas, ils peuvent se rencontrer fort éloignés de toute autre fortification. Quelques châteaux situés sur le bord d'une rivière levaient un impôt sur la navigation, au moyen d'un barrage ou estacade qui ne laissait un passage qu'assez près des remparts pour que les bateaux ne pussent se soustraire au payement du droit fixé. 11 y avait, par exemple, un barrage sur la Seine, auprès du Château-Gaillard. Dans quelques provinces, on voit le tablier des ponts affecter en plan la forme d'un Z \ et l'on pensait sans doute que cette disposition devait rendre plus difiicile une surprise, telle qu'en auraient pu tenter des hommes à cheval se lançant au galop pour forcer le passage.
1, Il y en a beaucoup d'exemples en Corse, du xv<^ ot du xvi"^ siècle.
3. — Retranchements extérieurs, barrières, barbacanes, poternes, etc.
Au del>à du fossé, à la tête du pont, on élevait un ouvrage plus ou moins considérable, dont la destination était de protéger les reconnaissanees et les sorties de la garnison. Quel(|uefois il se composait d'une ou de plusieurs tours, ou même d un petit château, auquel on donnait souvent le nom de bastille ' .
Plus fréquemment, surtout dans les châteaux Je moyenne grandeur, on se contentait d'une ou de plusieurs enceintes de palissades.
Les peintures, les tapisseries, les bas-reliefs peuvent fournir d'utiles renseignements sur les ouvrages de cette espèce, encore assez imparfaitement connus. Autant qu'on en peut juger par les récits des historiens, on doit se représenter ces sortes de fortifications comme une suite de barrières les unes derrière les autres. C'était là que s'engageaient les premiers combats, et, d'ordinaire, l'assaillant commençait ses opérations par détruire ces postes avancés. On leur a donné
1. Voir, dans Ayala, Cronica del reij don Pedro, les sièges de Toro et de Tolède, qui commencèrent par des attaques cuiiU'e les tours >crv"ant de 'été de pont.
plusieurs noms, tels que barrière, harbacane, poterne, et il n'est pas facile de les distinn:uer. Il parait cependant que le mot de poterne s'appliquait l)lus particulièrement à une espèce de porte déro- Lée donnant accès sur le fossé, et aux ouvrages qui la défendaient.
Une forteresse située sur une hauteur escarpée avait souvent une barbacane qui donnait sur la plaine et se lî^iit au corps de la place. C'était comme un long passage entre deux murs, quelquefois flanqués de tours, et se terminant par une sorte de fort détaché. On voit une disposition de cette espèce, dans les fortifications de la cité de Carcassonne, du côté qui fait face à la ville moderne.