l'rohableiuent métropolitain, jit.too-oaîxt
5. Basas. C'est un mot mis à la place d'un autre. Clavijo ■ ', partout la même faute. Il faut lire cfiap/fcles, chapiteaux.
fj. Elle était portée sur un soubassement de sept assises l'a pierre formant escalier. (V. Procope, De xd. I, 2). La colon e
de cuivre, aussi haut et grand comme pourraient cl ie quatre grands chevaux, et sur le cheval une figure de chevalier armé *, aussi de cuivre, ayant en la tête un fort grand panache, ressemblant à une queue de paon ^ Et le cheval avait des chaînes de fer qui lui traversaient le corps et s'attachaient à la colonne, afin qu'il ne tombât ni ne fût renversé par le vent. Or, ledit cheval est fort l)i n fait, et on l'a figuré avec un pied de devant et un pied de derrière levés, comme s'il voulait sauter à bas ^; et le cavalier a le bras droit levé et la main ouverte, et de la main gauche il tient les rênes du cheval. Et il a dans la main une pelote * ronde dorée. Or, le cheval et le chevalier sont si grands, et la colonne si haute, que c'est chose trop
se composait de plusieurs tambours (où jxovou8)^i; (lèv toi) assemblés avec art et reliés par des plaques et des cercles de bronze. Peut-être était-elle entièrement revêtue de métal.
1. E<;Ta>aat 5è Aj^iVaelk; f, sixwv. La statue a l'air d'un Achille. (Procope, ib.)
2. « Une aigrette jetant des éclairs, suivant Procope, un astre d'automne. »
3- « Le cheval lève le pied gauche de devant comme pour en frapper la terre et rassemble l'arrière-main, en sorte que ses membres semblent prêts à se mettre en mouvement aussitôt que ce sera leur tour d'agir. » (Procope.)
4. Pella. Il tient de la main gauche un globe, par quoi l'artiste a donné à entendre que tout le monde obéit à l'empereur. Il ne porte ni lance ni épée, mais le globe est surmonté d'une croix, car c'est à elle qu'il doit ses victoires. (Procope, ibid.) — Coosultez aussi l'anonyme, De aniiquiiat. Const.)
CONSTANTl.NOl'I.E EN 1103. '23
merveilleuse ta voir. El colle merveilleuse figure en haut de la colonne, on dit que c'est celle de l'empereur Justinien, qui l'a fait faire, comme aussi l'c^i^lise, lequel fit en son temps de grands et notables exploits à rencontre des Turcs.
Et, à l'entrée de l'église, au-devant de la porte, on voit un grand arceau porté sur quatre colonnes, et dessous il y a une petite chapelle très-riche et belle, et après la chapelle vient la porte de l'église, laquelle est fort grande et haute, couverte de cuivre ', et au delà une petite cour, et autour, des galeries hautes. On trouve par après l'autre porte, revêtue de cuivre comme la première, et de cette porte on entre dans une nef fort vaste et élevée, qui a un ciel de' bois ; et, à main gauche, il y a un cloître très-grand et artistement fait, avec force dalles et colonnes de jaspe, de couleurs infinies; et, à main droite, sous ladite nef, couverte comme il a été dit, après la seconde porte, vous arrivez au corps de l'église, lequel a cinq portes hautes et grandes, couvertes de cuivre, dont celle du milieu est la plus haute et la plus grande; et, par ces portes, vous entrez au corps de l'église. C'est comme une salle ronde, la plus grande et la haute, ensemble la plus riche et belle qu'i'
l.Cfr. V anony me Antiq.C. P. lib, IV,p.74. Suivar les portes de Sainte-Sophie auraient été revêtues
je crois, au monde. Et ladite salle est au cenlre de l'église , bordée alentour par trois nefs trèsgrandes et larges, communiquant avec la salle susdite, car il n'y a point de séparation marquée. Or, la salle et les nefs ont des galeries hautes donnant sur la salle, en sorte que, de là, on peut entendre la messe et les offices. Or, ces dites galeries communiquent par des escaliers les unes avec les autres, et sont portées sur des colonnes de jaspe vert; semblablement le ciel des nefs est porté par des colonnes, et va linir à la grande salle; mais celui de la salle, c'est un dôme, et s'élève bien plus haut que le ciel des nefs. C'est un dôme arrondi trèsélevé, et croyez qu'il est besoin de bons yeux j)0ur y voir lorsqu'on est en bas. La salle a en longueur iOo pas et en largeurï)3, et repose sur quatre piliers très-grands et gros, revêtus de dalles de jaspe decouleurs variées, etd'un pilieràl'autrevont des arcs, montés sur douze colonnes de jaspe vert, très-hautes et grandes, lesquelles soutiennent ladite salle. Et de ces colonnes il y en avait quatre fort grandes, deux au côté droit et deux à gauche, lesquelles sont couvertes et colorées d'un enduit composé de certaines poudres faiclicemertt composées, et les appel le-t-on porfide V Quant au ciel de la
1. Clavijo a cru sans cloute que Je porphyre était composé artificiellement, l^eut-étre s'ai;it-il d'un enduit de stuc.
CONSTAMINÛI'LE EN I 'i03. 323
salle, il est peint et imagé en œuvre de mosaïque fort riche ; et, au milieu du ciel, au-dessus du maîtreaulel, se voit une image fort dévote de Dieu le Père, iR's-grande et naturelle, pourtrailée en œuvre de mosaïque de beaucoup de couleurs. Et si haute est la voûte où se trouve ladite image, que d'en bas elle ne parait pas plus grande qu'un homme, ou bien peu davantage ; pourtant elle est si grande de fait, que, d'un œil à l'autre, on dit qu'il y a trois palmes ; et qui la regarde d'en bas, il la croit haute ni plus ni moins comme un homme ; jugez par là la grandissime hauteur dudit vaisseau. Et sur le carreau d'icelle salle, il y avait comme une chaire à prêcher, élevée sur quatre colonnes de jaspe et semblablement revêtue de jaspe de beaucoup de couleurs; et ladite chaire était couverte d'un dôme reposant sur huit colonnes très-hautes, de jaspe de couleurs variées. Et là on prêchait ; ensemble y lisait-on l'Évangile les jours de fête. Et toute ladite église est revêtue de jaspe, aussi bien les parois comme le pavé; ce sont de grandes dalles de jaspe de couleurs variées, artistement polies, lesquelles sont ouvrées et disposées en lacs et compartiments bien agréables à voir. Et partie des arceaux qui soutiennent ladite salle est revêtue do dalles de marbre blanc très-beau, où l'on a taillé l<)rce figures, toutes variées et naturelles; et ladite
326 ÉTUDES SUR LES AlITS AU MOYEN AGE.
partie ouvi'L^e de la sorle est aussi haule qu'un homme debout en pied sur le pavé. Et de là en haut, c'est œuvre de mosaïque bien belle et riche. Et les galeries des nefs de ladite église régnent tout autour de ladite salle, sinon là où est le maîtreautel ; et croyez que c'est chose qu'il fait bon voir. Et ces galeries ont biencnlargeurquatre-vingt-di\ pas, plus ou moins, et en longueur, dans leur pourtour, environ quatre cent dix pas. Et ces galeries et tribunes hautes, avec leur ciel, sont ouvrées de mosaïques, bien et faicticement. Et dans une paroi de l'une des susdites galeries, à main gauche en montant, on faisait voir une bien grande dalle blanche, enchâssée en ladite paroi, au milieu d'un nombre infini d'autres dalles, laquelle était de soi et par nature pourtraite et imagée, sans aucun artifice humain, non point sculptée ni peinte, et c'était la très-sainte et bienheureuse Vierge sainte Marie avec Notre-Seigneur Jésiis-Christ dans ses très-saints bras; et, à côté, le très-glorieux précurseur saint Jean-Baptiste. Et lesdites images, ainsi que je disais, ne sont ni pc""?es ni dessinées en couleur aucune; aussi peu sont-elles taillées ou gravées, ains, sont ainsi faites par elles-mêmes, la propre pierre s'étant ainsi faite et formée avec ses veines propres et ses marques, qui dessinaient naïvement et au naturel les imaiîes susdites. Et fut dit aux ambassa-
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(leurs, que, quand ladite pierre fut tirée de la carrière et équarrie pour être posée en ce très-saint lieu, on vit ces très-merveilleuses et très-bienheureuses images ; et, ayant vu un mystère et miracle si grand, on mena ladite pierre dans ladite église, comme en la plus grande de la ville. El noterez que lesdites images semblaient comme si elles fussent au milieu des vapeurs et nuées du ciel, lorsqu'il est clair; ou bien comme s'il y eût eu devant un voile bien délié, d'autant plus merveilleuses qu'on eût dit que ce fût chose spirituelle que Dieu voulût ainsi montrer. Et au pied desdites images il y avait un autel et une petite chapelle où l'on disait la messe. Et, en outre, virent Icsdits ambassadeurs dans ladite église un corps saint de patriarche, lequel était en chair et en os.
De plus, leur fut montré le gril sur lequel le bienheureu;^ saint Laurent fut rôti. Et dans ladite église, il y a des citernes, souterrains et salles basses, qui sont choses trop étranges et merveilleuses à voir; item beaucoup de bâtiments et toutes manières de dépendances, mais la plupart s'en va ruinant et perdant, joint à ce que près de Téglise ce ne sont qu'édifices renversés ; et les portes par où l'en entrait à l'église sont tombées et bouchées, et on disait que le circuit de l'é glise, je dis par le dehors, s'étendait bien pendan»
dix. milles '. El dans ladile église avait une cilerne très-grande sous terre, laquelle contenait beaucoup d'eau; si grande, que, disait-on, elle eût |)u tenir cent galères "". Lesdils ambassadeurs virent tous lesdits ouvrages, et d'autres encore, si nombreux, qu'on ne pourrait les décrire ni les nombrer en bref; tant est grand l'édifice et sa fabrique merveilleuse , qu'on n'aurait pas fini de le voir en bien du temps; et qui s'appliquerait à le voir chaque jour, chaque jour il verrait des choses neuves. Les toits de cette église sont couverts en plomb , et ladite église est très-privilégiée, mèmement que, si une personne, aussi bien un Grec qu'un homme d'aucune autre nation que ce soit, ayant commis un méfait, soit par vol, rapine ou meurtre, s'il s'y réfugie, on ne l'en tirera point.
Et le môme jour lesdits ambassadeurs allèrent voir une autre église qui a nom Saint-George. Au-
1. Voir plus bas ce que dit Clavijo de l'enceinte de Constantinople. Probablement il confond l'étendue de la juridiction ecclésiastique de l'église avec son enceinte matérielle.
2. Decian que podrian estar en ella cie.n galeas. Est-ce une hyperbole grecque, ou bien Clavijo a-t-il mal compris son cicérone, qui lui disait peut-être qu'il y avait assez d'eau dans la citerne pour approvisionner cent galères? S'agit-il de la citerne nommée autrefois Baa'A'.xT, , la royale, aujourd'hui Yerebatan-Seraï, qui, au rap|>ort du général Andréossi, s'étendait jUs(£u'à Sainte-Sophie ?
devant de la première porte, il y a une grande cour avec plusieurs jardins et maisons, et le corps de l'église est au milieu de ces jardins; et devant la porte de l'église, en dehors, il y a un bassin pour baptiser, bien grand et beau, et au-dessus un dôme porté sur huit colonnes de marbre blanc taillé à toutes manières de figures; et le corps de l'église est trcs-élevé et tout couvert de mosaïque, et l'on y voit la représentation de Notre-Seigneur Jésus- Christ quand il monta au ciel. Le pavé de ladite église est aussi merveilleusement travaillé, étant couvert de dalles de jjorphire et de jaspe de plusieurs couleurs ; et y voit-on force entrelacs trèsdélicats, comme aussi sur les parois. Et au milieu du ciel de ladite église on voit figuré Dieu le Père, en l'ace de l'entrée, en œuvre de mosaïque. Ensemble est figurée la vraie croix, que montre un nnge, entre les nuages du ciel, aux apôtres, ce pendant que descend sur eux le Saint-Esprit en figure de fou, et le tout en œuvre de mosaïque merveilleusement travaillée. Il y a encore dans ladite église une grande sépulture de jaspe, couverte d'un drap de soie : c'est là qu'est enterrée une impératrice; et, pour ce que la nuit approchait, lesdits ambassadeurs durent remettre au lendemain mercredi à retourner à Constantinople, ayant fait appointement de se trouver à la porte qu'on nomme
Quinigo, là où devait se rendre ledit messire Ililaire, avec chevaux pour les porter, afin qu'ils vissent le reste de la ville et des choses qu'elle renferme. Ce pourquoi lesdits ambassadeurs s'en revinrent à Péra, où ils étaient logés, et les autres susdits pareillement s'en furent à leurs maisons. Le jeudi, premier jour de novembre, lesdits ambassadeurs passèrent à Constanlinople, et trouvèrent ledit messire Hilaire et autres seigneurs de la maison de l'empereur, qui les attendaient à la porte de Quinigo, et ils montèrent à cheval et allèrent voir une église qui s'appelle Sainte-Marie-de-la- Cherne ', laquelle église est dans la ville, près d'un château détruit où logeaient autrefois les empereurs, et fut détruit par un empereur, parce qu'il y fut pris par son lils, comme vous sera conté tout à l'heure. Or, ladite église de Sainte-Marie-de-la- Gherne servait de chapelle aux empereurs ; et dans le corps de l'église, il y avait trois nefs, et celle du milieu était la plus grande et la principale, et la plus haute; les deux autres, au contraire, étaient assez basses, mais avaient des galeries qui donnaient sur la grande nef. Toutes les trois d'ailleurs étaient soutenues de la même manière, c'est à savoir sur des colonnes de jaspe, et d'icelles les bases