‹ Études sur les arts du Moyen âgeChapitre 58 sur 62 · Blacheroe. B>ia)C£pvai · texte numérisé non relu

Blacheroe. B>ia)C£pvai

îiinsi que les chapiteaux élaienl taillés avec force figures cl toutes manières d'ornements. Le ciel flestlilos nefs et leurs parois jusqu'à la moitié de leur hauteur, étaient de dalles de jaspe de couleur, assemblées avec grand artifice, et formant des entrelacs et des ornements magnifiques. Quant au ciel de la grande nef, il était encore plus riche, fait de bois avec de curieux caissons et assemblages, et tout ce ciel, caissons et solives, dorés de fin or, de sorte que, bien que l'église, en plusieurs de ses parties, fiît mal en ordre et gâtée, ce nonobstant les ouvrages de ce ciel et sa dorure étaient aussi frais et brillants que si on eût achevé de les ouvrer; et dans la grande nef il y avait un autel fort riche et une chaire à prêcher riche également, et qui dut coûter cher. Pour ce qui est de la toiture, clic était couverte en plomb...

Le même jour, les ambassadeurs espagnols allèrent voir les reliques de l'église de Saint- Jean, que, faute de clefs, ils n'avaient pu examiner lors de leur première visite à cette église. Elles étaient renfermées dans une espèce de tour. Suit la description des reliques. — Dans le même coffre d'argent était le vêtement do Jésus-Christ Notre-Seigneur, lequel les chevaliers de Pilate jouèrent aux dés, et était ployé el scellé de sceaux, crainte que ceux qui viendraient le voir n'en dérobassent quel-

que pièce, ainsi que déjà il était arrivé. Une manche seulement était déployée et hors des sceaux, et le vêtement était doublé de (limite rouge qui ressemble à du cendal (gaze ou éloiïe très-claire), et la manche était étroite et de celles qui s'agrafent, et était fendue jusqu'au coude. Il y avait trois petits boutons faits comme avec du cordonnet, semblables à des attaches de faucon *, et les boutons, la manche et ce qui se pouvait voir du jupon semblaient d'un rouge pâle comme rosat, et telle était la couleur et nuance qui s'en approchait le plus, et ne semblait pas tissue, ains ouvrée à l'aiguille -, et les fils paraissaient comme tordus trois par trois et très-serrés. Et quand les ambassadeurs allèrent voir lesdites reliques, les gentilshommes etmanantsde la ville qui lesurent,vinrent aussi lesvoir,ettouspleuraient h chaudes larmes et récitaient des oraisons. Et le même jour allèrent visiter un monastère de dames, appelé Omnipotens ^, dans l'église duquel

1. Piguelas. Probablement les nœuds ou grelots qui terminent les lacets qui retiennent les faucons.

2. Je suppose qu'il veut dire que cette robe lui semblait tricotée à la main et non tissue au métier, car il n'est pas probable qu'elle eut des coutures. « La robe était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. » (Saint Jean, XIX, 23).

.3. Ce mot est également en latin dans le texte. Au nord de !a quatrième colline de Constantinople. (V. Pocoke 's truvels, t. III, 130.)

le*' fut montré un bloc de marbre taillé, de plusieurs couleurs, qui avait neuf palmes de long, et leur fut dit que sur icelle pierre avait été déposé Notre-Seigneur quand on le descendit de la croix ; et sur icelle pierre étaient les larmes des trois Maries et de saint Jean, qui pleurèrent quand Notre-Seigneur Jésus-Christ fut descendu de la croix. Or, lesdites larmes semblaient proprement que fussent gelées, comme si en effet se fussent alors solidifiées par le froid.

Il y a encore dans ladite ville de Constantinople une église très-dévote qu'on nomme Sainte-Marie de la Dessetria *. Elle est petite, et y demeurent des chanoines religieux qui ne mangent point de viande ni ne boivent de vin. Pareillement s'abstiennent d'huile, graisse, et de tels poissons qui ont du sang. Le corps de leur église est orné de belles mosaïques, et dans icelle se voit une image pourtraite de sainte Marie, sur un marbre, laquelle, ce diton, fut faite, tirée et pourtraite de la propre main du très-glorieux etbienheureuxsaintLuc; et a fait et fait encore miracles tous les jours; et les Grecs ont en icelle grande dévotion et lui font grandes fêtes. Ladite image est peinte sur une table carrée, large de six palmes et longue d'autant, et pose sur deux

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