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Cathédrale de W'urnis, el plusieurs fglises de Cologne

fut, je crois qu'au xu" siècle qu'on commença à les

surmonter d'une pyramide de pierre *.

La muraille occideniale(c'est presque toujours la façade) est percée d'ordinaire d'une ou de plusieurs portes, en nombre correspondant à celui des nefs *. Sur leurs archivoltes et leurs pieds-droits, la sculpture a réuni toute sa puissance d'ornementation ; on peut considérer la porte centrale comme le morceau capital, le chef-d'œuvre de l'artiste. Au-dessus de cette porte se trouve une fenêtre souvent en rose, dont le diamètre, très -médiocre d'abord, s'augmente progressivement jusqu'à devenir, vers la fin du xii" siècle, égal ou supérieur à celui de la porte. Un fronton termine la façade, plus aigu que les frontons antiques; queIqucfois.il contient une niche ou bien un œil-de-bœnf. Ainsi, dans la façade on compte le plus souvent trois divisions horizontales, marquées par deux corniches ou deux moulures très-saillantes, la première au-dessus de la porte, la seconde au-dessus de la rose. Je ne parle, bien

1. Ce fait a été contesté ; je citerai pourtant comme un exemple de flèche en pierre, dans le xii« siècle, le clocher qui surmonte le transept de Sainte-Foy à Schelestadt. Sa forme trèsremarquable (les arêtes sont courbes) rappelle les plus anciennes constructions indiennes.

2. Excepté dans les églises à double apside ; leurs portes sont alors percées ou sur les faces latérales, comme à Verdun et à Worms, ou bien à droite et à gauche de l'apside occidentale, comcie à Trêves.

entendu, que des cas les plus ordinaires et des édifices construits avec assez de soin pour qu'on les puisse considérer comme types.

Passons à l'intérieur. Outre les divisions paial- K'ies à l'axe de l'église et formées par des arcades, toute église romane a quatre divisions perpendiculaiics à celles-ci et d'ordinaire bien marquées. D'abord, c'est ou un vestibule intérieur, ou bien une distribution particulière de la partie occidentale de la nef, indiquant la place occupée dans la primitive église par les catéchumènes. Cette séparation paraît s'être conservée par tradition et sans objet apparent, fort longtemps après que les usages des premierschrétiens étaient tombés en désuétude ; vient ensuite la nef; puis le transept, ou, dans les basiliques, le chalcidiquc ; enfin, le chœur. Cette disposition, toujours marquée par des différences dans l'architecture , ne souffre guère d'exception que dans les églises circulaires ou dans celles qui ont une double apside. .

En général, la couverture d'une église se compose de trois toits, dont un pour la nef principale, et deux autres pour les nefs latérales, ces derniers n'ayant qu'une seule pente. Plus rarement voit-on un seul toit pour toute une église, et, dans ce cas, les bas côlés ont d'ordinaire un étage supérieur. Au lieu de cet étage supérieur , on trouve plus

communément une étroite galeric.pratiquée clans répaisscur du mur de la nef et se prolongeant autour du chœur *. Des arcades marquent cette galerie, et son emploi est devenu si hahiluel dans l'arcliitecture byzantine, que, lorsqu'elle manque réellement, on la voit presque toujours figurée '.

Les fenêtres sont rares dans l'architecture byzantine. Il n'y en a qu'une dans le haut de chaque travée de la nef, une autre dans les bas côtés, toutes fort étroites; ou, si leur diamètre dépasse quelques pieds, on les divise par des colonncttes en deux arcades que surmonte un œil-dc-bœuf. Quoique plus éclairées que les basiliques orientales, nos églises sont encore fort sombres.

Rarement dans les transepts existc-t-il de division longitudinale semblable à celles de la nef ; on en voit cependant qui ont de véritables bas côtés distingués par une ou deux rangées d'arcades ^. La disposition la plus ordinaire présente uns chapelle semi-circulaire pratiquée dans un renforcement du mur orientai. Au milieu du transept s'élève une

1. Il y a des églises cù cette galerie est extérieure, comme à Spire et dans quelques villes rhénanes.

2. Il me semble que la pratique la plus ancienne a été de donner aux bas côtés un étage supérieur; la galerie fut une innovation, ou, si l'on veut, une altération du style primitif.

3. Sainte-Marie du Capitoie à Cologne, la cathédrale de Soissons. — Je crois qu'une disposition semblable existait autrefois dans l'église de Cluny. i

ESSAI SUR L'AUCllITECTLUE RELIGIEUSE. 25

coupole, c'est la voûte la plus haute de l'ôglisc; quelquefois, elle est encore surmontée d'une tour moindre que celle de la façade. Cette addition de hauteur et de poids nécessite un renforcement considérable des piliers placés à l'orient de la nef, et de ceux qui leur correspondent à l'entrée du chœur. Là, sans doute pour cacher le nu de ces quatre piliers, on multiplia les colonnes engagées, peutêtre aussi observa-t-on des lors qu'en groupant un faisceau de colonnes, il résultait du jeu de la lumière et de l'ombre une apparence de diminution dans la masse. De l'entrée des transepts, on transporta bientôt les faisceaux de colonnes dans la nef, et dans la suite, lorsque l'art gothique eût remplacé leslylo hvzantin, onappiit à tirer de cet agencement un parti tout nouveau.

L'aire du chœur fut presque toujours plus élevée que celle de la nef, d'abord afin de permettre aux assistants de voir l'oflicianl à l'autel, puis alln de donner un peu de jour aux cryptes ou caveaux sur lesquels le chœur est placé, car l'eni- [)lacement du chœur fut ordinairement marqué par le tombeau d'un saint*; à son défaut, la crypte rappelait les premières persécutions du christianisriio et le mystère dont il entourait ses pratiques. Elle

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