XX INTRODUCTION
était en proie à de fréquents bouleversements ; et le même péril qui avait emporté l'empire romain le menaçait. Les Germains restés en Germanie se pressaient f* sur la frontière pour faire ce qu'avaient fait leurs de- ' vanciers; les Lombards dépossédèrent les Ostrogoths, les Francs subjuguèrent les Burgundes, et, parmi les Francs, les Austrasiens enlevèrent la domination aux Mérovingiens. Ces funestes fluctuations durèrent jusqu'à ce que Charlemagne conquît la Germanie et par là mît définitivement terme aux grandes invasions barbares.
Dans l'intervalle un grand malheur arriva à cette latinité commandée par des Germains. Elle perdit l'Espagne, qui devint province musulmane. A ce moment, le domaine de la tradition latine fut singulièrement réduit; et l'on ne sait ce qu'il en serait advenu si Charles Martel et ses guerriers n'avaient arrêté dans les plaines de Tours la conquête arabe. Pourtant l'Espagne ne fut jamais complètement aliénée ; et il suffit de quelques fugitifs retirés en des lieux de difficile accès, pour disputer d'abord un coin de terre, puis une province, puis le pays tout entier.
Durant ces ébranlements, tout ce qui avait pu faire espérer une rénovation dans l'empire romain disparut, et la décadence descendit beaucoup plus bas. De cette rénovation commencée et de cette décadence aggravée j'emprunte un exemple (car il faut en citer un) aux beaux-arts et à un homme qui en connaît bien l'histoire. M. Vitet, examinant à quelle époque on doit chercher le vrai caractère de l'art chrétien, est conduit à remonter au delà du moyen âge : « Mais alors, dit-il,