‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 21 sur 51 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

décadence et pour marquer le point d'où vont partir les nouveaux efforts.

On avait beaucoup descendu ; il fallut beaucoup remonter. Si la grande antiquité avait vu les chétifs résumés qui formèrent les rudiments de l'instruction pour ces temps, elle aurait souri et se serait détournée. Pourtant, quelque rétréci que fût le cadre, il était toujours le même : grammaire, belles-lettres, science, philosophie.

De même que Ton suit un enfant qui, en grandissant, monte de classe en classe, de même on suit le moyen âge dans son progrès constant vers le savoir. C'est vraiment une société qui fait ses classes, qui sent la nécessité d'apprendre, qui travaille consciencieusement, rudement, et qui marque chaque siècle de son existence par d'importants développements, sans que jamais il y ait rétrogradation vers un passé plus ténébreux.

Cette éducation se partage en trois périodes distinctes : la période avant l'introduction des livres arabes en Occident; la période qui suit cette introduction; et celle où éclate la renaissance.

La première période comprend le dixième siècle et le onzième environ. Le dixième siècle n'a pas bon renom dans l'histoire; on a dit que ce fut un âge de fer; sans doute : pourtant ce fut, par rapport à l'âge précédent, une renaissance, petite, il est vrai, et humble, mais active et posant les bases de tout ce qui sera l'enseignement de l'université au treizième siècle. Cette période est purement latine, c'est-à-dire qu'on n'a que des livres latins, résumés ou traductions, pour s'instruire. De tous côtés s'élèvent de grandes écoles ; les professeurs sont ardents, les élèves studieux. La domination intellec-

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