XXVI INTRODUCTION
tuelle de l'Église est universelle; tout ce qui est savoir lui appartient sans conteste , et elle le distribue d'une main libérale. De cette époque on cite Rémi, qui fit un traité sur le trivium et le quadrivium, et qui commenta Donat, Priscien et Martianus Gapella; Gerbert, pape sous le nom de Sylvestre lï, que l'on surnomma le nouveau Boèce; l'archevêque Lanfranc qui attira à l'école de l'abbaye du Bec, en Normandie, une multitude prodigieuse d'étudiants et qui y fit fleurir la belle latinité ; enfin saint Anselme, célèbre clans l'histoire de la philosophie pour avoir, le premier, produit, en faveur de l'existence de Dieu, l'argument que dans l'école on nomme ontologique et auquel Descartes donna quelque développement.
La seconde période comprend les siècles subséquents. Si je la choisis comme point marquant, ce n'est pas à cause que l'Occident entre en communication avec une société qui alors jetait un grand éclat, mais qui, moins heureusement douée que la société occidentale, s'arrêta dans son essor pour retomber dans la demi-barbarie et dans l'insignifiance ; mais je la choisis parce qu'elle signale manifestement l'ascension du moyen âge qui, par sa force et son labeur, passe d'un degré inférieur à un degré supérieur. Qu'y a-t-il en effet d'important et de caractéristique dans cette introduction des livres et du savoir des Arabes? c'est que ce savoir et ces livres n'étaient pas autre chose que le savoir et les livres des Grecs; de sorte que le moyen âge renouait par cette voie indirecte ses relations avec les sources mêmes delà science; la science seulement, car les Arabes avaient été inaptes à s'assimiler les belles-lettres et les beaux-arts