‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 24 sur 51 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

porte ; dans Tordre scolastique, la longue et mémorable controverse entre le réalisme et le nominalisme ; dans Tordre des lettres et des arts, une nouvelle poésie, une nouvelle architecture, une nouvelle musique; dans Tordre des inventions, l'application ou la découverte de choses très-importantes, la boussole, le papier de chiffon , la numération décimale , Teau-de-vie , de puissants acides, la poudre à canon, l'imprimerie ; dans Tordre politique, l'affranchissement des serfs, les rudiments du gouvernement représentatif, les états généraux et la séparation croissante de Télément laïque d'avec Télément ecclésiastique; dans Tordre révolutionnaire, les schismes, les hérésies, la réforme.

Ce sont là des traits considérables; mais le plus considérable de tous, c'est que, tout en préparant ainsi les voies du savoir, de l'affranchissement religieux et de l'affranchissement politique, il a fini, non pas comme l'empire romain , par une catastrophe , mais par une transformation naturelle et régulière qui conduit à l'ère moderne.

Ce qui s'est passé dans cette évolution peut être mis sous les yeux en une claire image du travail total de décomposition et de recomposition. Cette image est donnée par les langues romanes. Il n'est pas douteux q.ue, par certains côtés, les langues néo-latines ne soient une corruption du latin et la destruction d'un bel organisme grammatical; mais, par d'autres côtés, elles sont un progrès sur la langue qui fut leur mère. Un caractère plus analytique, une conjugaison plus développée, la création d'un conditionnel et de plusieurs prétérits, l'introduction d'un article défini et d'un ar-

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