INTRODUCTION. XXVII
des Hellènes. La mathématique, l'astronomie, la médecine grecques reparurent sous le vêtement arabe; et le moyen âge eut pour longtemps la pâture intellectuelle qui ui convenait et qui le préparait à faire un pas de plus.
Il le fit en effet. Dès le quatorzième siècle on se mit en quête régulière des livres des anciens, et bientôt survint, avec la prise de Constantinople, la fuite, vers l1 Occident, des lettrés grecs et de leurs livres. Il est bien inutile de parler ici de la renaissance; tout ce que j'en veux noter, c'est qu'achevant le cycle, elle est le dernier terme du travail par lequel la société occidentale devint de plus en plus capable de comprendre son passé et d'y puiser ses forces. Cette fois, les lettres ne furent pas oubliées; on se précipita dans l'étude et l'admiration des chefs-d'œuvre de l'antiquité. C'est ainsi que furent terminées les classes séculaires du moyen âge ; j'ai préparé mon lecteur à entendre cette expression.
Mais la société du moyen âge est, en sa qualité d'héritière de l'antiquité, une société complexe; et, tandis qu'elle était enfant par certains côtés, elle était virile par certains autres et supérieure à sa devancière. J'indique la religion chrétienne supérieure à la religion païenne, le servage supérieur à l'esclavage, la distinction du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel qui fut étrangère à l'antiquité, et les mœurs chevaleresques. Tout en ayant eu beaucoup à apprendre comme un enfant, le moyen âge avait eu, comme un homme, sa force propre, par laquelle il produisit d'importants éléments pour la sociabilité moderne.
Ainsi, dans l'ordre scientifique, il offre la grande création de l'alchimie et toutes les suites qu'elle corn-