‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 26 sur 51 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Ce qui fait que le moyen âge, par comparaison avec l'antiquité, a une véritable période d'enfance, au moins partielle, c'est qu'il succède à l'empire barbare qui, à la lettre, était une enfance, puisque ces gens-là ne savaient pas même lire ; mais ce qui fait qu'il se développe en un sens déterminé vers un ordre supérieur, c'est que l'impulsion qu'il a reçue est bonne et puissante, émanant du fond antique fourni par la société païenne et revivifié par le christianisme.

Ainsi, dans ces trois grandes périodes inégalement douées, l'enchaînement traditionnel ne fut jamais rompu, la force impulsive ne fut jamais éteinte, et le monde façonné par les Grecs et les Romains ne fut jamais frappé de cette incapacité d'avancer au delà d'un certain point qui paralyse le monde asiatique. D'où vient ce privilège? De la race peut-être, mais non pas uniquement de la race. En effet les Perses et les Indiens sont de race aryenne comme les Grecs et les Latins, et n'en sont pas moins restés à mi-chemin dans la civilisation. Les Gaulois et les Germains sont aussi de race aryenne; et, quand leurs peuplades s'agitaient confusément dans les vastes contrées où les migrations et les invasions les avaient portées, rien ne leur présageait qu'ils dussent être un jour parmi les Jumières du genre humain. L'ancien monde asiatique (j'entends par là les Égyptiens et les Sémites de la Babylonie et de la Phénicie) , auquel nous devons tant de reconnaissance pour avoir établi les fondements de la vie civilisée, arrivé là, ne put franchir le degré supérieur. Ce fut la Grèce qui le franchit, introduisant l'esprit humain dans la science abstraite et les hautes théories, A ce mo-

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