‹ Études sur les beaux-arts en généralChapitre 25 sur 104 · LE SILENCE DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

LE SILENCE DE LA VIERGE

Ces vers semblent faits pour le Christ enfant et pour le tableau du Carrache. Jésus dort; le calme le plus profond est répandu sur ses traits , dans son attitude, dans tous ses membres; la grâce et la fraîcheur de l’enfance donnentà la figure une douceur et une naïveté parfaites : seulement les proportions sont un peu plus fortes qu’il ne convient à son âge et à la taille de sa mère ; mais cetle inexactitude, si souvent reprochée à l’artiste, ne laisse pas de prêter à l’enfant divin un caractère de grandeur qui se retrouve au plus haut degré dans l’expression de la tête : cette expression , véritablement imposante, semble indiquer, comme le dit le poète , que dans ses rêves il s’occupe de pensées au-dessus de son âge; et cette seule indication, réveillant en nous le souvenir de la vie entière du Christ, de ses mœurs si graves et si douces, de ses préceptes si profonds et si simples, nous fait ajouter au charme du tableau tout le charme de cette auguste histoire.

La Vierge est ici d’une beauté qui se fait admirer même à côté des Vierges de Raphaël. Elle n’a peut-être pas autant de naïveté que la Belle jardinière , ni autant de grâce que la Madonna délia Sedia; mais son expression est pleine de sérénité et de douceur, et son action est l»arfailemcnt d’accord avec cette expression; elle necarte pas le petit saint Jean qui touche la jambe de Jésus et va troubler son sommeil ; elle se contente de lui faire signe de se tenir tranquille, en mettant le doigt

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