‹ Études sur les beaux-arts en généralChapitre 33 sur 104 · ÉCOLE ITALIENNE (ANDRÉ DEL SARTO · texte numérisé non relu

ÉCOLE ITALIENNE (ANDRÉ DEL SARTO

tés nationales, et François I" en particulier se plaisait à prodiguer aux grands hommes de tous les pays les témoignages de son estime. André del Sarto en fut comblé; appelé vers l’an 1518 à Paris, où il était déjà connu par plusieurs tableaux qu’il y avait envoyés, il y lit d’abord le portrait du dauphin qui venait de naître ; il y peignit ensuite cette Charité qui, en ajoutant • à sa réputation, lui valut de nouvelles faveurs du monarque Ce tableau était peint sur bois , comme tous ceux d’André; les vers ne tardèrent pas à s’y mettre ainsi qu’à celui du dauphin. Picault essaya de transporter celui-ci sur toile, et cet essai réussit si bien que la même opération fut faite sur la Charité, que l'on exposa en 1750 dans la galerie du Luxembourg, et qui, ainsi conservée, a passé du cabinet du roi dans le Musée royal.

Lomazzo regarde ce tableau comme un des chefsd’œuvre de ce maître : le 6ujet convenait à son génie, naturellement simple, doux et sensible; la manière dont il l’a conçu est d’accord avec ce que nous savons du caractère de ce génie. Une grande et belle femme assise, vêtue de draperies rouges et bleues, tient dans ses bras deux enfants nus; elle donne à téter à l’un, et le second lui montre avec une joie enfantine des noisettes qu’il vient de ramasser à ses pieds; un troisième

1 Voyez Vasari, Vite de'Pitt., t. IX, p. 63, éd. de Milan, 1810, et Lomazzo, Trattato iella-pittura, liv. II, e. 18.

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