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LA MAGICIENNE G1RGÉ
PAR LE GUERCIJJN.
Jamais peintre n’eut plus de verve, de fécondité, de flexibilité que Jean-François Barbiéri, dit le Guerchin; ses fresques du dôme de Plaisance, de la villa Ludovisi, à Home, du palais Zampieri, à Bologne, lui ont valu une des premières places parmi lesartistes qui ont excellé en ce genre; elles sont même supérieures à ce qu’il a peint à l’huile. On a de lui deux cent cinquante tableaux, dont cent six tableaux d’autel, et cent quarante-quatre grandes compositions ; et dans ce nombre ne sont point compris les portraits, les paysages, les madones et les demi-figures. A Ccnto, sa ville natale, on ne peut faire
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un pas sans le rencontrer; les églises, les palais, les maisons y sont pleins de ses ouvrages. Il changea trois fois de manière, et si l’on découvre dans toutes le caractère particulier de son génie, on y voit en même temps une facilité, une souplesse de pinceau très-rares : « Sa première manière, dit Lanzi, est la moins connue; « elle est pleine d’ombres très-fortes, de lumières très- « vives; les traits du visage et les extrémités y sont a moins soignés, les chairs plus jaunâtres, la couleur « moins agréable que dans ses tableaux postérieurs ; a c’est dans le Saint Guillaume qu’on voit à Bologne « qu’il faut l’étudier. »
S'étant lié ensuite avec le Caravage, et porté par la nature même de son talent à ce genre de peinture hardi, chaud, toujours plein d'effet en dépit d’une sorte .de trivialité, le Guerchin s’y livra avec d’autant plus d'abandon qu'il pouvait ainsi laisser aller librement son imagination et son pinceau, sans s’arrêter à de longues méditations ni à de laborieuses éludes; ses compositions furent animées, ses figures vivantes, seschairs bien nourries , sa lumière concentrée et forte , ses expressions énergiques et vraies: il mérita ainsi le surnom de Magicien que lui ont donné depuis les Anglais». Plus tard, voyant le succès de la grâce, de la fraîcheur, de la suavité du pinceau du Guide, il tenta d’en approcher,
' Alg;irolii, Lellere »opra la pillura, I. VIII, p. lit.