‹ Études sur les beaux-arts en généralChapitre 56 sur 104 · LA VIERGE ET L’ENFANT JÉSUS · texte numérisé non relu

LA VIERGE ET L’ENFANT JÉSUS

ce fut l’expression ; « il peignit mieux encore, dit Lanzi, a les âmes que les corps. »

Parmi les mérites qu’André Solari avait hérités de son maître, le charmant tableau dont nous donnons icila description peut faire juger à quel point il possède ceux de l’expression et de la grâce. Une espèce de balcon qui occnpe le devant du tableau soutient un coussin d’étoffe verte sur lequel est couché l’Enfant Jésus. La Vierge, penchée vers lui , le soulève de la main droite ; la gauche presse son sein pour en faire sortir le lait. L’enfant, la bouche ouverte, le pied dans sa main, tourne vers sa mère ce regard qu’un enfant n’a jamais

eu que pour la mère qui le nourrit; les yeux de la

Vierge y répondent avec l’expression de la tendresse maternelle concentrée dans sa plus douce occupation. Jamais visages n’ont été plus parlants, comme ledit Lanzi de ceux de Ferrari ; jamais un ensemble d'attitudes et d’expressions n'a rien offert de plus gracieux et de plus naïf à la fois. La figure de la Vierge est d’un beau style; celle de l’Enfant Jésus est charmante; la robe rouge, le voile blanc, et le manteau bleu de la Vierge sont richement drapés; la couleur, belle encore, surtout dans la partie inférieure du corps de 'enfant, et la perfection des cheveux, justifient l’opinion de Vasari sur André Solari, qu’il représente comme un peintre et un coloriste rempli d’agrément vago), et ne négligeant rien pour la perfeclion de son

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