SAINT FRANÇOIS D'ASSISE
les clous , ainsi qu’on le rapporte dans le livre des Conformités *, la plus étrange et la plus rare aujourd’hui des légendes de saint François.— « Es mains et pieds de « saint François, dit l’auteur de cet ouvrage, furent « faits des doux, soit de nerfs, soit de chair; lesquels « estaient gros et massifs ; ils estaient aussi longs , et « passoyent outre les pieds et mains, ayant la pointe re- « courbée en façon d’anneau , tellement qu’on y eust pu « passer le doigt; ainsi que Monsieur frère Bonaven- « turc, évesque d’Albes, cardinal de la sainte église « romaine, dist l’avoir sçu par ceux qui les avoyent vuz « et maniez, et ont affermé par serment qu’ainsi estait. »
A genoux, à côté du pape, est le gardien du couvent qui lui montre les stigmates; le geste du pape indique l’aveu d’un douta qui se trouve confondu. De l’autre côté du gardien , et aussi à genoux, est un laïc qui doit être le secrétaire du pape et dont la dévotion parait égaler l’étonnement de son maître. Derrière le pape , sont debout le cardinal Aslergius et un jeune évêque,* et, à genoux, les trois religieux. Le plus avancé porta un flambeau ; une lampe brûle au haut de la voûta et éclaire la figure du saint.
Ce tableau est bien composé; on trouve dans plu*
* Par Barthélémy de Pise, imprimé à Milan , chez Gotard-Pontice, lolü. Ce livre, extrêmement rare aujourd’hui^ne se retrouve peutêtre plus aujourd'hui que dans l’Alcoran des Cordeliers, où les protestants l'ont réimprimé en partie avec des notes injurieuses, aussi dégoûtantes que le texte est bizarre et ridicule.