PAU A. VAN-DYK
Si un beau génie, unegrande réputation, une grande fortune, les dons de ia nature et le concours des circonstances extérieures les plus favorables , suffisaient pour assurer une vie longue et lieu reuse, peu d’hommes en auraient joui autant que Van-Dyk ; mais le bonheur ne se fait pas ainsi hors de nous ; il faut que l'homme y mette du sien; et Van-Dyk tenant, comme il le disait lni-même, table ouverte à ses amis et bourse ouverte à ses maîtresses, n'eut jamais ni assez d’argent ni assez de plaisirs. Pendant son séjour à Londres, ses portraits en pied lui étaient payés eent livres sterling (environ
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2,500 fr.), ses portraits à nii-corps cinquante livres sterling, somme très-considérable dans ce temps-là ; il eu faisait un en un jour ou à peu près, et manquait rarement d’en avoir à faire; cependant il eut recours à l'alchimie pour se procurer l'or qui lui manquait, et perdit dans ces vaines recherches une grande partie de celui qu’il gagnait si facilement. Leducde Buckingham, pour le soustraire aux maîtresses qui ruinaientsa santé, lui lit épouser une fille de qualité d’une rare beauté; le roi d’Angleterre promit trois cents guinées à son médecin s’il parvenait aie guérir; sa femme et son médecin ne purent le rendre ni plus sage ni mieux portant, et il mourut en 1041, âgé de 42 ans.
C’est probablement à sa facilité plutôt qu’à son assiduité qu'est dû le grand nombre de ses ouvrages; un homme qui aimait l’éclat, la société, la représentation, qui avait toujours à sa suite ,une grande quantité de domestiques, de chevaux, d’équipages, de musiciens, de chanteurs, de liouffons, qui donnait tous les jours à dîner, et souvent à de grands seigneurs, n’employait pas sans doule tout son temps au travail. Van-Dyk avait pris dans l’école de Rubens des habitudesde dissipation et de luxe; il est assez remarquable que ces deux maîtres de l’école flamande aient eu l’un et l’autre une grande fortune et une grande existence ; mais Rubens employa sérieusement, et dans des affaires importantes, sa vie et ses richesses, tandis que Van-Dyk con-