JÉSUS ET LA SAMARITAINE
l’AR GLIIK) RKNI, dit LE Gl IDE.
« Jésus quitta la Judée et s’en retourna en Galilée; or il fallait qu'il passât |>ar la Sainarie. Il arriva donc à une ville de Samarie, nommée Sicliar, près du fonds de terre que Jacob donna à son fils Joseph. I.à était la fontaine de Jacob, et Jésus, étant fatigué du chemin, s’assit auprès de celle fontaine; il était environ la sixième heure du jour. Une femme samaritaine étant venue puiser de l’eau, Jésuslui dit : — Donnez-moi à boire... — Mais celtefemme samaritaine lui répondit: — Comment vous, qui êtes juif, me demandez-vous à boire, à moi, (|ui suis samaritaine? — Car lesjuifs n’ont pointdc liaison
avec les samaritains. Jésus lui répondit : — Si vous connaissiez la grâce que Dieu vous fait , et quel est celui qui vous dit : Donnez-moi à) boire, vous lui en auriez demandé vous-même, et il vous aurait donné une eau vive. — Seigneur, lui dit cette femme, vous n’avez rien j)Our puiser, et le puits est profond; d’où auriez-vous donc cette eau vive?... Jésus lui réiK)ndit : — Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira do l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillirajusque dans la vieélernelle.— Lafemme lui dit: — Seigneur,donnez-moide cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser de celle-ci
C'est là une de ces scènes simples dont un artiste médiocre ne sait rien tirer , parce qu’elles n’offrent rien d’animé, ni de matériellement intéressant. La représentation d’un martyre, d’un combat, de tout grand événement, porte en elle-même de quoi exciter notre curiosité et fixer notre attention : ici, point d’action: deux figures, l’une assise, l’autre debout; si le peintre ne trouve pas dans son âme les moyens d’établir entre elles des rapports vrais et frappants, s’il ne sait pas rendre, par l’expression, le dialogue qui les lie, son ouvrage demeure insignifiant. Tout est dans ce dialogue, dans le caractère de celui qui parle et dans l’im-
' Évangile selon saint Jean, ch. IV, v. 3-16.