JÉSUS ET LA SAMARITAINE. SKI
pression queproduisent ses paroles sur celle quiéconte. Il faut que le peintre nous représente en quelque sorte ces paroles dans l’expression de Jésus qui les prononce, et de la samaritaine à qui elles s’adressent : de là dépend tout l’intérêt, car c’est là le seul nœud qui unisse les deux personnages ; ce n’est pas une action à faire Toir, c’est une conversation à faire entendre; conversation touchante et auguste, mais où rien de vif ni d’énergique ne peut amener ces mouvements forts et prononcés qui attirent promptement nos regards en nous annonçant une situation extraordinaire.
Le Guide avait trop d’esprit et de sensibilité pour rester au-dessous d’un sujet qui en e>ijgeait tant : la scène était rigoureusement donnée; il n’y a rien ajouté, mais il y a mis tout ce qui pouvait y entrer. La pose de Jésus est simple et naturelle ; sa tête, pleine de douceur, de calme, de conviction et de noblesse, se tourne vers la Samaritaine qui écoute avec l’incertitude d’un étonnement où percent déjà son plaisir à entendre et sa disposition à croire; malgré le seau qu’elle tient, on voit clairement que c’est à elle qu’on va donner, et que Jésus ne demande point, mais qu’il offre. Les regards de Jésus sont animés de cette compassion sérieuse et tendre, caractère de sa mission et de sa doctrine. L’artiste semble avoir choisi le moment où Jésus cesse de parler, et où la femme le prie de lui indiquer cette source de vie qui doit couler éternellement : c’est en effet
ÉCOLE italienne ^LE CL’IDE).
celui où les deux figures sont dans le rapport le plus intime et le plus immédiat. Le Guide n’a pas cherché à élever la tète de la samaritaine à une beauté ni à une noblesse peu communes ; elle esl belle sans être remarquable, et je crois que cela convenail au sujet.
Iæs draperies sont du plus bel effet ; les plis en sont larges, souples, disposés avec une facilité pleine d’art. Le paysage qui remplit le fond est riche. Enfin, quoique ce charmant petit tableau ait noirci, et qu’il faille l’examiner avec soin pour en reconnaître tout le mérite, il offre, ce me semble, une preuve sensible de ce <iu'un homme de génie peut faire de la scène la plus simple, quand il s’est bien pénétré de toutes les idées et de tous les sentiments qui se rattachent au souvenir de cette scène, et que son ouvrage doit réveiller.
PROPORTIONS
Hauteur, 57 centiin. =: 1 pied 9 pouces 0 lig. 677.
Largeur, 80 — =:2 — 5 — 6 — 636. ■
LE GÜERCHIN
BARBltTRÎ, GuN-FiuscKsit», né à Ccnto, près Bologne, en 15D0;. mort à Cento en IGC6.