LE SOMMEIL DL PETIT SAINT JEAN
premier ordre que produisit en si grand nombre l’école des Carrache.
Roselli, l’un des plus distingués de celte école, sinon comme peintre, du moins comme professeur, a pourtant fixé l’attention par le caractère particulier de grâce, de calme et de douceur empreint dans ses compositions, presque toutes consacrées à des sujets de religion. 11 fut surpassé en ce genre par Carlo Dolci, élève de Vignali, l’un des moins remarquables de tous ceux qui reçurent des leçons de Roselli, mais cependant capable, à ce qu’il paraît, d’en faire profiter un plus habile. On retrouve dans Carlo Dolci, dit Lanzi, la manière de Roselli perfectionnée, «comme l’est quelquefois la ressemblance du grand-père dans les traits du petit-fils.»
De même que son maître, Dolci fut ce que les Italiens appellent naluralista; ainsi la nature qu’il imite peut n’être pas toujours assez choisie, mais elle s’ennoblit sous son pinceau par le genre des affections dont il l’anime, par cette expression de sainteté , de dévouement, de piété tendre et profonde qui brille sur les visages de ses saints et de ses martyrs. Dans ce sommeil du petit saint Jean, les yeux de sainte Élisabeth, levés vers le ciel, lui adressent la plus fervente action de grâces ; sa bouche entr’ouverte en prononce les paroles. De la main gauche elle a soulevé le voile qui couvrait son fils endormi devant elle; la droite s’appuie sur son