‹ Etudes sur les BeauxArts en généralChapitre 56 sur 89 · SOMMEIL DU PETIT SAINT JEAN · texte numérisé non relu

SOMMEIL DU PETIT SAINT JEAN

l’AR CARI.0 DOLCI. •

La réforme de la peinture, au seizième siècle, s’opérait à Florence par le Cigoli, en même temps que les (iirrache l’entreprenaient à Bologne; mais la distance qui existait entre les réformateurs en laissa une bien grande entre les résultats de leur entreprise. La réforme des Carrache fut féconde comme une création; celle du Cigçli pe fut qu’une réforme. Elle substitua au mauvais goût, qui tombait par son propre excès et entraînait l’art avec lui, un goût plus juste et plus sain, et sauva la peinture, qui périssait, en la ramenant à la nature et à la vérité ; la peinture dut aux Carracbe et

310 ÉCOLE ITALIENNE fCARLO DOLCI).

à leur école une jeunesse nouvelle, un second Jet, dont la vigueur égale presque celle des premiers. C’est qu’en attaquant l’idéal de convention et de pratique, ils avaient senti qu’ils ne devaient recourir à la nature que pour se remettre sur la trace de l’idéal véritable, de celui qui consiste, non dans l’imitation ou l’exagération de certaines formes, mais dans le sentiment vrai de la perfection, telle que chacun la conçoit, d’après le modèle qu’il s’en est formé. De cette idée, base de leur école, ^nt sortis tous les grands peintres qui l’ont illustrée, et dont les divers génies, appliqués:! la nature, l’ont reproduite dans ses plus nobles variétés.

De même que les Carracbe, le Cigoli chercha d’abord dans les anciennes écoles des secours contre le faux goût qui envahissait alors la sienne; mais il y joignit moins d’originalité et d’invention, une moins profonde observation des mouvements de l’âme, et surtout moins de celte étude de l’antique, qui n’est que l’étude des formes les plus générales et par conséquent les plus fécondes de la beauté. Il en est résulté que son style, toujours beau, mais divers, parce (ju’il ne lui appartenait pas toujours entièrement, n’offrait pas à ses élèves cette source d’inspiration qui sort d’un principe unique et d’une idée fondamentale. Ainsi l’école dont il a été suivi , plutôt encore qu’il ne l’a formée, ramenée par lui dans la bonne route, ne s’y fait cependant remarquer par aucun de ces hommes du

Page 1