‹ Etudes sur les BeauxArts en généralChapitre 67 sur 89 · VOYAGE DE FAUNES, DE SATYRES, ETC · texte numérisé non relu

VOYAGE DE FAUNES, DE SATYRES, ETC

pipeaux ‘ le Satyre un genou en terre, reçoit sur son dos l’Hamadryade qui indique du doigt lechemiu; derrière lui sont placés un autre Amour et le Faune chargé d’une corbeille de raisins et d’un vase plein sans doute ou destiné à se remplir de la liqueur de Bacchus, Dieu protecteur des Faunes et des Satyres : c’est à travers un riche paysage et sous l’ombrage d’arbres touffus que s’avance ce groupe joyeux, dont les figures nues sont disposées avec une simplicité facile et animée qui fait pressentir à l’imagination du spectateur leurs ébats et leurs plaisirs. Quand les voyageurs seront arrivés au lieu du rendez-vous, quand ils se seront rejoints aux autres groupes qui les attendent , alors commenceront ces danses vives, ces jeux bruyants (|u’échauffera une turbulente ivresse. Ouvrez l’œuvre du Poussin ; l’artiste les a suivis, et toutes les scènes de leur douce vie deviennent pour lui autant de chefs-d’œuvre '.

C’est ce même peintre à qui l’Histoire sainte a fourni tant de compositions pures et graves, et qui a puisé dans l’Histoire grecque et romaine tant de tableaux du style le plus noble et le plus sévère ; il sait pénétrer dans les héroïques douleurs d’un saint martyr comme dans les folles gaîtés d’une Bacchanale, dans

* Voyez une danse de Faunes, de Satyres et de Bacchantes, dans les Vies et tXmres des peintres les plus célébrés, Œuvre du Poussin, |il. cLxxm.

351 ÊCOLÏ FRANÇAISE (LE POLSSIN).

les lïiystwes sacrés comme dans les fêtes de la mythologie païenne; et sa raison forte, son imaginalkm llexible, devinent et reproduisent avec la même vérité les derniers sentiments d Eudamidas mourant, le pieux ravissement de saint Paul et les joies profanes d’un Satyre.

On trouve dans l’ordonnance de ce groupe une nott- ^elle preuve de la justesse d’esprit et de goût qui caractérise ce grand peintre ; et, ce qui est digne de remarque, c’est que cette preuve se rencontre dans ta plu|>art de ses tableaux de ce genre. H a soigneusement évité de mettre ses Satyres debout; il les a presque toujours représentés à genoux, assis ou couchés ; U savait que des figures où les formes de l’animal s’unissent aux formes humaines ne pouvaient manquer de pro<luire un effet désagréable si elles étaient offertes dans tout leur développement ; ainsi, sans se priver de la vivacité d(* mouvement et d’expression que les Satyres pouvaient apporter dans les scènes auxquelles ils prenaient part, il les a placés de la manière la plus convenable à l’effet de l’ensemble, et la plus conforme à ce caractère d’élégance et de beauté dont il ne voulait jamais se dé|)artir ’.

I Voyez les fticehatiales : une Nymphe avec un Satyre; clause de Faunes, de Satyres cl de Itaccbantes; des Satyres surprenant une .Nymphe endormie, etc., dans les Vi<« et Œuvre» des peintres, etc., par l.andon, pl. cl.vix, clxxi, clxxii, clxxiil

EÜSTACHE LESÜEÜR

Né à Paris en 1G17; mort à Paris en 165.5.

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P VR EUSTACIIE LESÜEUR.

« Trois religieux, un prêtre , une sainte fille, aperçurent un globe de feu sur la tête de saint Martin , un jour que le saint célébrait la messe , après avoir donné sa tunique à un pauvre, et s’être contenté pour vêtement d’une mauvaise rolie noire. Le Seigneur, disent leslégepdaires, opéra ce miracle pour faire voir com- * bien la charité de Martin lui était agréable. »

Saint Martin était accoutumé à faire des actes de charité et à les voir récompensés par des miracles. Sulpice-Sevère en raconte un à peu près semblable à celui

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