‹ Etudes sur les BeauxArts en généralChapitre 72 sur 89 · SAINT FRANÇOIS D’ASSISE · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

PAR LA HYRE.

Les légendes de saint François d'Assise sont peutêtre les plus nombreuses et les plus remplies de faits . merveilleux qu'on ait écrites sur aucun des saints du , calendrier. La singularité des miracles dont elles font honneur à saint François et aux religieux de sou ordre, la supériorité qu’elles lui assignent en plusieurs endroits sur d’autres saints du paradis, fondateurs, comme lui, de communautés religieuses, ont plus d’une fois attiré aux Franciscains , surtout de la part des Dominicains, de si violentes attaques , qu’au temps de la Réforme on a cru prudent de retirer et de sup-

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primer quelques-uns de ces récits, occasion de scandale. Le miracle que les caiiucins du Marais aA'aienf choisi pour en faire le sujet du tableau que La Hyre a exécuté pour leur église, a été probablement l’un des moinscontestés, parce que c’est un de ceux qui ont été le plus communément réclamés pour les fondateurs d’ordres, etque parconséquent chacun axait le plus d’intérêt d’accorder aux autres. On raconte qu’en 1 149 , c’est-àdire plus de deux cents ans apres la mort de saint François, le pape Nicolas V, ayant entendu dire que le corps du saint était parfaitement consené , fit ouvrir son tombeau, et y étant descendu «accompagné du « cardinal Aslergius, d’un évêque, de son secré- « taire, du gardien du cornent, et de trois l'cli- « gieux » trouva non-seulement le corps entier et sain, revêtu de la robe de drap neuve dont l’avaient babillé ses religieux lorsque, plusieurs années après sa mort, ils le transportèrent dans son tombeau de l’église d’ Assise ; mais il le trouva debout , les mains croisées dans ses manches, et les yeux levés au ciel, dans l’attitude de la contemplation.

C’est dans cette attitude que l’a représenté le peintre. A genoux devant lui, le pape soulève le bas de sa robe pour regarder les stigmates de ses pieds , qu’il retrouve également entiers et tels que nous les représentent les légendes; car si celui du côté paraît n’avoir été qu’une simple plaie, ceux des pieds et des mains ont conservé

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