PAR REMBRANDT
Joseph avait promis à Jacob de faire transporter son corps hors d’Égypte , et de le faire enterrer dans le sépulcre de ses pères, o Quelque temps après on informa Joseph que son père était malade; c’est pourquoi il se rendit auprès de lui avec ses deux fils, Manassé et Éphraïm. On dit alors à Jacob ; Voici Joseph votre fils qui vient vous voir. Israël, ayant repris assez de force pour se tenir assis sur son lit, dit à Joseph : Le Dieu tout puissant m’apparut autrefois à Luz, au pays de Chanaan, me bénit et me dit : Je multiplierai ta postérité; plusieurs peuples naîtront de toi; et je donnerai ce
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pays à tes descendants pour toujours. Jacob ajouta ; Les fils que tu as eus en Égypte avant que j’y vinsse sont à moi; Epliraïm et Manassé sont au nombre de mes fils, comme Ruben et Simeon.... Fais-le approcher de moi afin que je les bénisse.... »
« Israël dit ensuite à Joseph : Je n’avais pas espéré de revoir ton visage, et voici, Dieu me fait voir encore tes enfants. Alors Joseph retira ses fHs d’entre les genoux de son père, s’inclina jusqu’à terre; puis, ayant mis ses deux fils, Epliraïm à sa droite, <|ut se trouva ainsi à la gauche d’Israël, et Manassé à sa gauche, qui se trouva à la droite d’Israël, il les fit approcher de Jacob. Israël, étendant la main droite, la mit sur la tête d’Éphraïm, qui était le plus jeune, et la main gauche sur la tête de Manassé, et sachant bien que Manassé était l’aîné; il bénit alors Joseph en disant: Que le Dieu en présence duquel ont marché mes pères Abraham et Isaac, le Dieu qui m’a protégé depuis que je suis au monde jusqu’à présent, que l’ange qui m’a délivré de tout mal bénisse ces enfants ! qu’ils soient appelés mes enfants et les enfants de mes pères Abraham et Isaac, et qu’ils aient une nombreuse postérité ! » ^
a Mais Joseph ayant remarqué que son père avait mis la main droite sur la tête d’Éphraïm, en fut fâché, et. prit la main de son père, en essayant de la lever de dessus la tête d’Éphraïm pour la poser sur la tête de Manassé ; il dit à son père : Ce n’est pas ainsi, mon père ;
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celui-ci est l’atné ; mettez votre main droite«ur sa 4ête. Mais son jière refusa de le faii'e, et lui dit : Je le sais, mon fils, je le suis. Celui-ci sera aussi le père d’un Iieuple et dtrviendrn puissant; mais son frère, qui est plus jeune, seni encoi'e plus puissant que lui, et sa postérité sera très-mttnbreuse i. »
Otte scène simple et loudiaute est tidélement roprodiiite; dans le inUcau de Itembraudt. 11 a peint une fijçiu'e d<; l'emine del>out qui regarde avre attention les enfants et Jacob; c'est prubabiement Ascnatli, tille de Potipbérah, gouverneur d’On, que l’baraon avait fait épouser à Joseph, et mère de Manassc et d’Ëphra'im.Le {M.'intre a donn*'* avec art, à chacun des deux enfants, une expressimi difierente. Ephraïin, croisant ses mains sur sa poitrine, reçoit avec un recueillement profond, quoique plein de naïveté, la bénédiction de son grandpère; cette petite tête a une gi’âcc toute {larticulière; ses lonp cheveux flottants en boucles sur ses épaules, son geste pieux, ses regards baissés, appellent l’attention et semblent justifier la préférence que lui accorde Israël. Manassé a l’air plus vif et plus distrait. Latétede Jacob est remplie de gravité et de calme ; peut-être n’offre-t-elle |>as un caractère assez religieux ; ce fut quelques moments après cette bénédiction qu'lsraël prophétisa et annonça àtous sc's fils leur destinée future.
1 (îenèse, cb. xlV5K.