U ÉCOLE HOLLANDAISE (GERARD DE LAIRESSE
« l’une était vêtue de blanc; la nature l’avait douée « d’xine grande pureté de formes et de teint; ses yeux « étaient remplis de pudeur; l’autre , peinte sur la « figure et sur tout le corps pour se faire paraître plus « blanche et plus rouge qu^elle ne l'était naturelle- * ment, portait un vêtement transparent et à travers « lequel se laissait apercevoir son corps ; elle se redres- 0 sait, se regardait, et regardait si les autres faisaient « attention à elle , reportant continuellement les yeux « sur elle-même. »
Annibal Carrachc a suivi cette description avec la plus exacte fidélité. Le vêtement blanc et l’attitude simple de la Vertu ; le vêtement transparent et le maintien affecté de l’autre femme ; entre elles deux. Hercule assis, appuyé sur sa massue; d’un côté, le chemin roide et escarpé de la gloire, tracé au milieu des précipices ; de l’autre , un pays gracieux où le plaisir peut errer sans aucuue route déterminée , tout se rapporte parfaitement aux paroles de Xénophon. Lairesse n'a pas été tout-à-fait aussi fidèle dans les détails; mais, peut-être, à certains égards du moins, l’a-t-il été davantage à rintention philosophique, principalement dans la figure d’Hercule , qu’il représente, non pas assis, mais déjà debout, la massue sur l’épaule, le regard animé de courage, et se portant déjà, de tout le mouvement de sa volonté, vers là route de la vertu, tandis que son attention est arrêtée et distraite un naornent par, la