HERCULE ENTRE LE VICE ET LA VERTU
Tolupté qui le sollicite. Annibal Carrache a représenté Hercule dans un état d’indécision parfaite, écoutant avec une égale attention les deux femmes , comme si ce qu’elles lui disent était également nouveau pour lui. Ce n’est point là ce qu’a voulu faire entendre Xénophon. Hercule, dans son récit, demande à la Volupté son nom; il ne le demande point à la Vertu. « Je respecte les auteurs de tes jours, lui dit celie- « ci ; j’ai connu dès ton enfance tes louables dispo- « sitions. D II est clair que l’aspect de la Vertu est déjà, familier à Hercule. Métastase a très ingénieusement rendu cette idée d’une manière flatteuse pour Marie-Thérèse, en feignant qu’ Alcide prend la Vertu pour sa mère. Elle a pi-ésidé à son éducation; elle a pris possession des habitudes de sa vie et de son caractère. La Volupté n’est qu’une rencontre ; l’empire momentané qu’elle exerce est un accident de l’âge; eUe peut arrêter et distraire le héros, mais il ne se décide pour la Vertu que parce qu’il lui appartient d'avance.
Quant aux figures des deux femmes, celle de la Vertu me parait préférable dans le tableau d’Annibal. Dans celui deLairesse, son long voile et son livre sous le bras lui donnent l’àirun peu scholastique pour Hercule. Mais, ni dans l’un ni dans l’autre, elle n’a l'air assez dominant; elle n’exprime point assez cet ordre impérieux du devoir, si bien caractérisé dans les premiers mots qu’adresse la Vertu à Hercule : « Hercule, il faut suivre-