‹ Études sur les cachexies des nourrissonsChapitre 27 sur 54 · LA THÉRAPEUTIQUE DES CACHEXIES DES NOURRISSONS · texte numérisé non relu

LA THÉRAPEUTIQUE DES CACHEXIES DES NOURRISSONS

A côté des modifications alimentaires usuelles, nous ajoutons à la thérapeutique quelques modalités nouvelles. Nous présentons des faits soigneusement recueillis, et capables d’entrainer la conviction, avec le désir d'éclairer un problème encore confus.

Contrairement à beaucoup d'auteurs, nous ne procédons pas par statistique : un fait étudié avec soin, un cas schématique, une observation bien prise, sont souvent plus probant qu'une moyenne.

Notre étude du fonctionnement rénal montre l'intérêt considérable offert par des observations uniques dans chaque domaine étudié.

Nous avons essayé de traiter systématiquement les bébés cachectiques par deux médications : l'insuline et l'extrait thyroïdien.

Ces derniers ont été la base de nombreux travaux, et notre plan n'est pas de faire ici la revue générale des publications parues ; nous nous contentons de l’apport positif et de la critique de faits cliniques. Nous sommes les premiers en France, a avoir publié avec notre maître, le professeur Nobé-

court, les résultats obtenus par l'usage de l'insuline

— pu

(nous ignorions les travaux antérieurs des Américains) (1).

En outre, nous croyons apporter un mode nouveau dans l’usage de l'extrait thyroïdien : son application systématique par série d’injections à hautes doses ce qui présente de très gros avantages en particulier, chez les nourrissons vomisseurs, ou les nourrissons tolérant mal les aliments autres que le lait. | |

D'autre part les nourrissons cachectiques pour lesquels il est parfois difficile de trouver une alimentation bien acceptée (en dehors du lait de femme dont on ne dispose pas dans les hôpitaux de Paris) tolèrent encore plus mal la plupart des médicaments.

Nos essais thérapeutiques ont porté sur les nourrissons cachectiques qui constituent la majeure partie des petits malades des crèches des hôpitaux de Paris. Ces enfants, le plus souvent normaux à la naissance, mis en nourrice, y subissent une alimentation défectueuse le plus souvent par défaut, en tout cas mal adaptée, dont la conséquence est la cachexie.

D'une façon plus générale, nous avons également traité, tous les enfants de poids très inférieur à ce qu'il aurait dû être pour leur âge et leur taille.

On remarquera également : la gravité de certaines cachexies traitées (et dans quelques cas la médication fut instituée {r extremis) alors que tout espoir de guérison avait disparu,

Aie

On connait d’autre part, les difficultés rencontrées au cours de la lutte contre la cachexie. Dans l'état actuel de la plupart des services hospitaliers, les seuls facteurs de guérison (allaitement maternel, milieux non contaminés, etc.), ne peuvent être mis en œuvre. D'une facon générale, ces faits incitent à admettre cette opinion du professeur Marfan : « Si l’athrepsie vraie est établie depuis plus d’une dizaine de jours, si l’enfant a moins de trois mois, la situatioh est à peu près désespérée... ».

Les conditions où nous sommes placés, sont par conséquent bien faites pour donner aux résultats obtenus une valeur plus grande.

Nous exposons d’abord, les résultats du traitement par l'insuline, puis ceux que nous a donnés l'extrait thyroïdien. Nous serons brefs dans la discussion des cas exposés, estimant certains des faits capables par leur netteté de se passer de tous commentaires et d'amener la conviction.

L'’insuline dans les cachexies

Ce sont les faits énumérés ci-dessous, qui nous ont déterminé à utiliser l'insuline dans les cachexies des nourrissons.

Ces nourrissons ont des besoins calorifiques exagérés : à égalité d'âge, le sujet normal utilise environ 100 calories par kilogramme de poids corporel, alors

qu'il faut à l'enfant sous alimenté jusqu’à 200 calo-

oi

ries et plus par kilogramme. Ces derniers, tolèrent de fortes rations de sucre de canne.

D'autre part, les physiologistes établissent le fait suivant : si les dépenses d’un animal sont réduites au minimum (c’est-à-dire aux dépenses de fond), et si pour son entretien pendant un temps donné, l’animal prélève 100 calories sur ses tissus, lorsqu'on fournira le même nombre de calories sous formes de protides, de lipides ou de glucides, ces aliments ne seront pas utilisés intégralement et dans la même proportion. Si les 100 calories sont fournies par des protides, l’organisme n’en utilise que 70; il n’en emploie que 86 pour 100 des lipides, et 95 pour 100 des glucides.

Ainsi l'accroissement des dépenses de l’organisme produit par l’alimentation, résultant de « l’action spéciale des aliments s'exerçant par delà la paroi digestive » (et non du travail digestif ainsi que l’ont montré : Lusk, Voit, Conheim, Rübner) est réduit au minimum lors de l’alimentation par le sucre.

Ces expériences concordent avec l'observation clinique : le sucre est un aliment de choix pour les athreptiques ; il ne nécessite d'un organisme dans de mauvaises conditions de nutrition, aucune augmentation de dépenses non directement utiles. Le sucre réalise une « économie » énergétique considérable.

L'ensemble de ces données: succès thérapeutiques liés au régime hypersucré, économie de

dépenses réalisée par le glucose, nous a conduit à

y ES

y joindre un médicament facteur de son utilisation immédiate et intense : nous avons nommé l'insuline.

De récentes communications révèlent la valeur de l'insuline comme médicament eutrophique de premier ordre (traitement des ulcères variqueux, des plaies atones par l'insuline). L’insuline agit donc à plusieurs titres : action sur le métabolisme du sucre, action eutrophique.

Page 1