NE
Cys Ce Css. Ce D'après ce que l'on vient d’exposer ci-dessus, si ©, — €, — ... C,— C, autrement dit, si les concentrations des diflérentes prises sont égales entre elles, et égales à la concentration globale C, on peut en déduire que le rein fonctionne à la concentration maxima, et que la valeur de cette dernière est indiquée par C.
La pathologie fournit à chaque instant l’occasion de vérifier ces faits.
L'étude de la C. M. n’est pas uniquement d’ordre théorique et scientifique ; ne pas savoir la rechercher et surtout la méconnaître quand les conditions pathologiques sont telles ‘que le rein fonctionne à la plus forte concentratien possible, c’est se priver d’un des seuls critères qui permette d’étalonner la valeur fonctionnelle, la qualité du parenchyme rénal au cours d'une affection rénale aiguë, et qui permettra de dire par exemple, au cours des affections à manifestations oliguriques, que le rein est indemne ou lésé.
La C. M. est indépendante de la quantité de parenchyme rénal. — Sur ce point les expériences d’Ambard et Papin sont démonstratives.
Un chien est mis à un régime hyperazoté et pauvre en boisson, le rein fonctionne à la C. M. qui est de 90 0/00. Sans changer le régime on enlève un rein, dès le quatrième ou le cinquième jour la concentration uréique atteint de nouveau 90 0/00. Il ne s’agit pas là d’une hypertrophie compensatrice, cette der-
nière est beaucoup plus lente à se produire; selon M. Levy 2
ANR 2
A. Weill elle ne serait pas achevée avant le soIxantième jour qui suit l'opération.
La valeur de la C. M. est fonction de la qualité du parenchyme réial. mi C'est ce fait, qui avait été observé par les cliniciens, quand ils disaient d’un sujet qu'il avait des urines claires, peu riches en substances extractives, et que le rein était lésé. Ils exprimaient, sous une forme moins précise, ce fait que l’altération rénale se traduit par l'incapacité de concentrer les substances excrémentitielles.
Toute atteinte du paren:hyme rénal ne se traduit pas fatalement par un abaissement de la C. M. ; mais plus une C. M. est faible, plus le parenchyme rénal est altéré.
Il suffit d'examiner le tableau IF ci-dessous pour se rendre compte, que les sujets à constante d'Am. bard et à urémie élevée ont des C. M. d'autant plus faibles, que le rein est plus altéré.
Chabanier (Etudes des lois numériques de la sécrétion rénale)
SUJER ee MERE tn RSS grammés grammes grammes GA TS 56 0,36 0 065 D'OR ESS 54 0.30 0 063 HOUR MER EN 56 O7 0.070 AURA US eee 45 Dre? 0.076 Cases RENE 42 O0 31 0.095 MA RP 35 0,36 0.100 VE S AMAR MAAUNE 33 0.66 0.155 PACA EN INE ETT a 29 0.64 0,166 CRE NAN 20 0.87 0.218 Ciemesrm et 17 0.82 0.218 BIO AVES PR RETEE 11 2,50 1.00
MS +. He
Il est bien évident, qu'une concentration uréique urinaire for tuite ne donne aucune indication valable quant à la qualité du parenchyme rénal. Ce n’est que lorsque le rein fonctionne à la C. M. qu'un jugement peut être porté, L'abaissement de cette C. M. mesure en quelque sorte la chute du pouvoir fonctionnel du rein, Cette diminution du pouvoir de concentration constitue, pour ainsi dire, une véritable réphrite fonctionnelle.
Nous recherchons systématiquement, chez tous les nourrissons eachectiques, la concentration uréique de l'urine, et nous essayons ensuite de déterminer si cette concentration est voisine de la C. M. ou coïncide avec elle.
Ces recherches sont longues et laborieuses ; elles nécessitent des examens multiples et la mise en observation de très nombreux sujets.
L'examen comporte trois temps :
1° Repérer l’urémie ;
2° Recueillir les urines des vingt-quatre heures ;
3° Doser l’urée dans l'urine.
Le repérage de la concentration dans Furine se fait tous les jours ou tous les deux jours.
On détermine à intervalle plus espacés le taux de l’urée sanguine.
Ces recherches comportent quelque attention. Le recueil complet des urines est très difficile et ne peut être fait avec certitude que chez les garçons.
Les dosages d’urée dans le sang ou dans le liquide
céphalo-rachidien sont fait à l’aide du micro-uréo-
Loge
inètre d'Ambard, avec lequel, 1,5 à 2,5 centimètres cubes d'humeur suffisent. Ambard a montré que sa technique donnait à plus ou moins, 2 0/0 près Jes mêmes chiffres que le dosage fait à l’aide du xanthydrol ; cette méthode est donc suffisamment précise. Nous retrouvons bien les chiffres d’azotémie de
0 gr. 10 à 0 gr. 15 pour le nourrisson normal.
La concentration maxima chez le nourrisson
Recueillie fortuitement, l'observation suivante prouve clairement la généralité du phénomène de la C. M. découvert par Ambard et Papin en 1909.
E... René (1). Enfant cachectique pesant 3.570 grammes à l’âge de 5 mois 1/2 entre à la crèche le 1e° novembre 1925.
A partir de cette date, on recueille chaque jour la totalité des urines dans laquelle on mesure la concentration et le débit uréique. ;
Le tableau suivant donne les chiffres obtenus et le taux de
l’urée sanguine. (Voir p. suiv.)
On peut se demander pourquoi les reins de ce malade ont fonctionné à la C. M.?
La suite des observations faites sur le rein du nourrisson laisse la possibilité de faire plus que des hypothèses,
Deux facteurs sont entrés en jeu :
Lo L'azotémie, 0,42 puis 0,65 au lieu de 0,10 à
1. Pour tous les détails de l’observation, voir au chapitre de la thérapeutique des cachexies l'observation XII.
NME
URINES Uréeliq CR 0 | Débit uréique Haten Poids ou sang 0/00 |Volume Urée par 24 Éadres à en CC. p. 0/00 gr.
e 57 Re 7 59.84 4.18 17 | 49 96 3.84 18 Pr.55 1 87632 1.83 19 75 | 37.83 2.83
0,20, liée probablement chez les cachectiques en période d'amaigrissement, aux destructions tissulaires intenses.
2° L'oligurie relative.
Ils ont mis le rein dans la nécessité de fonctionnertà la C. M:
Ils nous ont permis d'étudier dans le cas d'E... René, le pouvoir fonctionnel du rein.
On vérifie aussi, que la concentration des substances excrémentielles, liée à la qualité du parenchyme rénal est normale, malgré l’état de grande cachexie du malade.
Les chiffres précédents, par leur allure schéma-
tique, suppriment toute explication complémentaire:
le rein du nourrisson cachectique concentre l'urée à un taux du même ordre que celui de l'adulte, On peut en déduire que, pour le nourrisson sain, les lois de la physiologie rénale, en ce qui concerne la concentration maxima, peuvent s'appliquer à la pathologie rénale.
Ghez notre malade, à deux reprises, nous avons eu l'occasion de vérifier que, lorsque le rein fonctionne au voisinage dé la C. M., toutes les prises fortuites donnent des chiffres de concentration uréique égaux à celui de la concentration trouvée pour la totalité des urines de vingt-quatre heures.
Par exemple le 8 novembre :
Le volume total des urines pour vingt-quatre heures égale : 79 centimètres cubes.
La concentration uréique égale : 39 grammes, 48 0/00.
En réalité ces 79 centimètres cubes furent recueillis par fractions, et dans chaque prélévement l’urée fut dosée. Voici les chiffres obtenus :
Volume Concentration uréique p. 0/00 1er prélèvement 28NCC: 38 or. 56 20 — 8 — 40 gr. 85 30 = 9 — 40 gr. 09 40 — 13 — 40 gr. 35 59 — 5 — 38 gr. 33 60 — 7 — \ 38 gr. 33 {ho — 14 — 39 gr. 84
Le 17 novembre on pratique le même examen.
Volume total des urines : 77 centimètres cubes ; concentration uréique : 49 grammes 96 pour 0/00.
AL ON pe
Volume Concentration uréique p. 0/00 ier prélèvement B1eCC, 51 gr. 44 2 — 20 — 50 gr. 44 3° = 13 — 50 gr. 69 49 = 13 — 47 gr. 28
Ce mode d'examen est fondamental, car en présence d'une C, M. abaissée par altération fonctionnelle du rein, le chiffre trouvé est identique à celui d'un rein normal sécrétant l’urée à un taux inférieur à la C. M. Il permettra dans un certain nombre de cas de déterminer l’abaissement du pouvoir fonctionnel du rein, et, jusqu'à un certain point, d'en estimer l'ordre de grandeur.
Une fois encore nous voyons l'importance et la portée générale des lois de la physiologie rénale, et la possibilité de leur application à la pathologie des
nourrissons.