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répand et se dessèche à la circonférence du tubercule donlil augmente le diamètre en recouvrant la peau saine. Celte concrétion, au lieu de se faire sous Pépiderme, se fait au-dessus. Ne rencontrant plus de bornes, de limites, elle a lieu inégalement j d'où résultent des saillies, des enfoncemens qui contrastent avec la surface lisse, unie de la dépression centrale : cette dépression, dont la formation a été graduelle, uniforme, cesse de s'accroi- Ire; et, si une accumulation de croules vient la faire paraître plus profonde, cela est loul-à-fait accidentel , est l'effet du hasard. On connaît par l'aspect lisse ou inégal le point où l'épiderme a cessé de régulariser la dessicalion du liquide faveux, d'imprimer au tubercule son caractère spécial. Parfois ce tubercule ne présente plus qu'une masse informe. La dépression a disparu sous des croûtes inégales.
Jusqu'ici je n'ai considéré la maladie que dans un seul follicule. Le plus souvent il arrive qu'elle se propage aux follicules voisins. Bientôt alors les tubercules se réunissent par leurs bords, se confondent de manière à former une croûte qui conserve dans les premiers temps des bords relevés, et dont le centre est excavé : on croirait qu'il n'y a qu'un seul tubercule , si l'on n'avait soin de remarquer que l'excavation, au lieu d'être lisse, présente beaucoup d'inégalités. La circonférence de la croûte, tantôt arrondie, d'autres fois irrégulière , est toujours placée au dessous de l'épiderme qu'elle soulève, distend , et avec lequel elle est confondue. Le centre est retenu par les saillies de cette croûte, qui pénètrent dans les enfoncemens de la peau , et réciproquement par les saillies de la peau qui sont logées dans les anfractuosités de la croûte. Il y a double emboîtement. Le soulèvement, la distension de l'épiderme à la circonférence, l'engrènement de la peau et de la
SDR LA TEIGNE PAYEUSE. 381 croûte au centre , rendent parfaiiement raison de la forme que présente celte croûte, de sa ressemblance avec un seul tubercule : le mécanisme est analo{>ue. Cependant la matière faveuse qui continue à être sécrétée, comble, en se solidifiant, les anfractuusités delà croûte, en même-temps qu'elle déprime, qu'elle affaisse les saillies de la peau. Bientôt la croûte, n'étant plus retenue, se trouve soulevée, se fendille, et permet l'écoulement en dehors de la matière faveuse. Cetie matière se dessèche irrégulièrement, remplit les dépressions extérieures des favus, et la croûte, en prenant une forme tout-à-fait irrégulière, peut acquérir un volume considérable, un pouce et plus d'épaisseur et beaucoup plus de largeur. Tel était l'état des choses chez cette jeune fille , qui a excité il y a quelque temps la curiosité de beaucoup de confrères, et que vous êtes venu visiter à l'hôpital des enfans. Sa tête, ses cuisses, ses jambes et partie du tronc étaient couvertes par d'énormes masses de matière faveuse desséchée.
Telle est !a manière dont je conçois la formation des croûtes faveuses : revenons maintenant sur les changemens que subit la peau.
La réunion, l'agglomération de plusieurs tubercules dans un espace étroit, apportent peu de modifications dans le mode suivant lequel les cavités foUiculeuses s'élargissent, changent de forme. Si deux follicules trèsvoisins l'un de l'autre se remplissent en même-temps de liquide faveux, la cloison qui sépare ces deux follicules se trouve comprimée, aplatie, s'efface complètement. Les cavités foUiculeuses pouvant peu s'étendre du côté où elles sont en contact , elles se dilatent davantage dans les autres sens, ce qui donne à l'excavation qui en résulte une figure moins arrondie , moins régulière. A plus forte raison cette irrégularité se fera-