‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 10 sur 124 · I* ÉTUDE. — COÛTÉ DE 0ASPÉ · texte numérisé non relu

I* ÉTUDE. — COÛTÉ DE 0ASPÉ

Percé, ajoute-t-il, vient d'être doté d'un moulin à farine de première classe, dû. à l'entreprise et à l'énergie d'un des nommes les plus patriotes du comté, T. Savage, écr., laquelle entreprise a déjà eu le salutaire effet d'augmenter le défrichement et les semailles (1). Les missions de la Malbaie, Cap d'Espoir et de l'isle Bonaventure sont attachées à la Cure de Saint-Michel.

La mission de Saint-Pierre (Malbaie) possède une chapelle très convenable et suffisante pour la population qu'elle renferme. Elle est bâtie sur un coteau qui domine le village et d'où la vue s'étend au loin sur la mer, — dit M. l'abbé Ferland. Le canton Malbaie sert aussi de refuge à l'émigration norvégienne. D'après une correspondance récente, il paraît qu'il n'y a pas moins de 400 norvégiens, hommes, femmes et enfants, d'établis dans ce canton, qui est peu éloigné du bassin de Gaspé ; d'antres sont établis dans les environs. Le gouvernement fait ouvrir dans le canton Malbaie, un chemin qui traverse la nouvelle paroisse en voie de formation, qu'on appelle chemin des norvégiens, ^qnel sera d'un puissant Becours pour tous les colons de l'endroit. Ce chemin part du barachois de la Malbaie, en longeant la magnifique rivière qui s'y trouvé, et traverse les premier et deuxième rangs de ce canton ; arrivé au lot numéro 11, dans le deuxième rang, il court parallèlement au cordon du rang jusqu'au lot numéro 21, de manière qu'il permet aux colons de former un rang double en s'étabfissant chaque côté du chemin. A part ce chemin, il a été ouvert durant l'année 1861 deux autres, chemins nouveaux dans le même canton. Le premier, appelé chemin d'En Bas, commence au lot numéro 37 du premier rang nord, et s'étend jusqu'au deuxième rang; le deuxième, nommé le chemin d'En Haut, commence an numéro 40 du premier rang nord, et mène également au deuxième rang. Le sol par où passent ces chemins est d'une bonne qualité, bien boisé en merisier, érable, cèdre, épinctte, pin et sapin. Il y a aussi dans les environs du chemin d'importants pouvoirs d'eau faciles à exploiter. La population du canton Malbaie s'élève à 1,077 habitants dont 645 sont canadiens-français. Lors du dernier recensement de 1861 il n'y avait encore que 595 acres de terre défrichés sur 13,918 acres qui sont possédés. Les récoltes de 1860 ont donné 2,391 minots de grains et 11,176 minots de patate**, formant en tout 13,527 minots. Deux

(1). Il est regrettable d'apprendre que le monlin dont il est ici question a été détroit par le feu dépôts, par a ne cause inconnue.

COLONISATION DtT BAg-CANADA

écoles fonctionnent dans l'endroit, fréquentées par 62 enfants. Une nouvelle paroisse se forme dans le même canton, sons le vocable de Saint George, dan6 laqnelle déjà fonctionne nne école fréquentée par 30 enfants.

La mission de Saint-Joseph (Cap d'Espoir) possède une population bien disposée et très pieuse. C'est «ne nouvelle

Êaroisse qui se forme dans le canton Percé, à l'entrée de la taie des Chaleurs. Il y a une chapelle construite, longnode 80 pieds. La population de Saint-Joseph s'élevait à 96 familles ou 690 âme*, en 1860, et on y comptait déjà trois écoles en opération.

La jnission de l'Isle Bonaventure, située vis-à-vis St. Michel, est composée de jersiais, guemesais et irlandais. La population se compose de 12 familles catholiques et de 6 ramilles protestantes, formant une population d'environ Î15 personnes

3 ni vivent assez à Taise. Une petite chapelle est construite epuis quelques années sur l'Isle, qui n'a que trois quarte de lieue en longueur, et une école est ouverte, fréquentée par 20 élèves. «

Notre-Dame (Grande Rivière).— Cette paroisse renferme une population de 879 âmes dont 737 hab. sont d'origine canadienne-française. Les terres de Notre-Dame sont fertiles et produisent toutes espèces de récoltes ; on y possède 2,415 acres de terre dont 1,017 sont en état de culture, avant produits 5,123 minots de grains et 22,024 minots de patates et navets, formant en tout 27,147 minots et 303 tonneaux de foin. L'éducation progresse mieux là qu'ailleurs, en conséquence des dispositions plus favorables de la population à {>ayer les cotisations exigées par la loi. Il existe deux écoles réqnentées par 181 enfants ; il est même question d'en établir une troisième, qui serait une école modèle ! Un prêtre réside àîf D. depuis quelques années, chargé aussi des missions de Pabos, et Pointe-au-Genièvre, qui sont les derniers postes du comté de Gaspé, du côté de la Baie des Chaleurs.

Les missions de Sainte- Adélaïde (Pabos) et SainkDominiquc (Pointe-au Genièvre) sont composées d'une population mélan-

fée qui s'élève à 1,169 âmes : les canadiens-français comptant ans ce chiffre pour un peu plus de la moitié. La pêche est leur principale occupation. Il n'y a, d'ailleurs, que 897 acres défrichés aans ces endroits sur 10,320 acres possédés. Les récoltes de 1860 ont été de 6,625 minots de grains et 24,327 minots de patates, en tout 30,952 minots et 252 tonneaux de foin. Il y a une chapelle dans chacune de ees deux missions.

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À Saint-Dominique les habitant» ont dû commencer à préparer le boia nécessaire à une nouvelle chapelle qni devra être construite pins an centre de la nouvelle paroisse. Trois écoles sont en opération \ deux à Sainte-Adélaïde, fréquentées par lift enfanta ; et une à Saint-Dominique, instruisant 62 enfants.

Isks dé 1% Magdeleine- — Le groupe d'Isles delà Magdeleine situées à l'entrée du golfe Saint-Laurent, à environ 125 milles des côtes de Gsspé, renferme «ne population de 2,651 habitants dont 2,097 sont d'origine acadienne on canadienne française (1). Le nombre d'acres de terre possédés s'élève à 7,233 acres dont 5,180 acres sont en état de culture. Les récottes de 1860 ont été de 13,754 minots de grains et 21,532 ininots de patates, formant une récolte totale de 85,266 minots, à part 2,259 tonneaux de foin. La valeur de la propriété

(1) A propos de cet laies, voici ce que dit l'hon. M. Chauveau, snrm tendant de l'éducation, dans le Journal de V Instruction PtARque du mois d'Octobre

Les Islea de la Magdeleine, comme tout le monde le sait ou plutôt comme tout le monde devrait le savoir, appartiennent au Bas-Canada. C'est pour cela «os doute que nous n'en recevons guère de nouvelles que par le Nouveau- Bnmswick ou par l'Ile do Prince-Edouard. Ces deux colonies ont à diverses reprises tenté de se les annexer ; et il fut même un temps où notre gouvernement, p* u inst. uit dee ressources et de l'importance de ce groupe d'îles, n'aurait pu été très-éloigné de se les laisser enlever. Les habitants eux-mêmes, découragés du peu de succès de toutes leurs demandes, étaient assez enclin à se joindre à l'Ile du Prince-Edouard ; heureusement que l'initiative de feu M. Chtistie, si longtemps représentant du comté de Gaspé, et plus tard, les rapports du Capitaine Fortin, surintendant des pêcheries, ont attiré l'attention de nos hommes publics sur cette p>éeieuse possession, qu'il ne tiendrait qu'à nous de rendre prospère et profitable.

Ce groupe, formé de onze 1 les,- et de nombreux îlots et rochers, de différentes grandeurs, se trouve à un peu plus du tiers de la route qu'il faudrait faire pour se rendre de l'Ile du Prince-Edouard à l'Ile d'Anticosti. Les terres les plus voisines sont au nord, cette île solitaire et sauvage, au sud. l'Ile du Prince-Bdouard, à l'est l'Ile du Cap»- Breton et à l'ouest le Nouveau- Brunswick et la Gaspésie.

Les principales Iles du groupe, en commençant au nord-est, sent d'abord Ml* de la If agdeleioe proprement dite, appelée autrefois l'Ile Hovale et & laquelle on a aussi donné le nom de l'amiral Coffin. Par une assez funèbre coïncidence, un rocher, situé an sud^ouest de tout le groupe, s'appelle le Corp+Mort, en anglais M Dead Man's friand," à raison de l'illusion qu'il produit à une certaine distance; Vient ensuite AUrighl Island, à laquelle nous n'avons pu trouver de nom français dans les documents que nous avons consultés : cela vient sent doute de ce qu'elle a été longtemps considérée comme misant partie de llle de la Magdeleine, à laquelle elle est presque continge. UlU^auz- Mtskt, on du Cap-evX'Meule*) a reçu son no» de deux monticules qui ressemblent, de loin, à des meules de foin. Par un de cet quiproquos bizarres

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foncière est évaluée à $39,041 ; celle des instruments d'agriculture à $3,696. Le produit des pêcheries est évalué comme suit : 9,150 quintaux de morue sèche, évalués à $27,450, et 7,271 quarts de morue verte, évalués à $18;177.50, formant en tout $45,627.50, à part l'huile et autres sortes de poissons. On compte 25 à 30 goélettes employées à la pêche, donnant de l'occupation à 618 hommes de la place. Les Isles de la Magdeleinc sont en grande réputation comme poste avantageux de pêche. Cinq écoles, fréquentées par 209 enfants, sont en opération. Le grand obstacle à l'instruction des enfants, dans les endroits qui nous occupent, c'est le besoin réel qu'ont les parents des services de leurs enfants pour la pêche. Ce besoin des enfants à la maison,— dit M. l'Inspecteur Painchaud dans son rapport de 1861, — est encore plus grand chez les pêcheurs que chez les cultivateurs. Quoiqu'il en soit, on compte dans

dont abonde notre géographie, les anglais en ont fait Grvuhtone blond. C'est dans l'Ile Atnkerst, ou Aubert, on se trouve le Havre- Aubert, que se tient la cour de circuit. Le nom d'Amhertt lui a été donné en l'honneur du Général Amherst, qui prit une si grande part à la guerre de la conquête ; et celui d'Aubert lui Tenait, assure la tradition, d'un des compagnons de Jacques* Cartier. L'île à1 Entrée est située à l'entrée sud-est de tout le groupe. Les Iles aux Oiseaux, à une assez grande distance au nord-est ; 111e Bryon au nord, et le Corps-Mort au sud-ouest, sont les plus isolées de ce curieux archipel. Les autres se rejoignent presque par des battures et de nombreux flots et rochers à fleur d'eau qui les entourent.

La poche est l'occupation principale des habitants — le hareng, le maquereau et la mor^e y abondent en leurs saisons. Le marsouin, le loup marin, la vache marine et quelquefois même la baleine s'y capturent en assez grande quantité. Les vaisseaux des Etats-Unis, de la France, de l'Angleterre et même de l'Espagne viennent s'y charger de ces produits prêclqux. Le sol, dans quelqn* sunes des lies, est fertile ; l'on y trouve du plâtre, de l'albâtre et diverses espèces d'ocrés.

La population est de 2651 habitants, presque tons acadiens ou canadiens. Il y a trois églises catholiques et trois chapelles protestantes, dont deux ne sont pas encore terminées. La population catholique est placée sous la jurisdictioû de l'évoque de Charlottetown, dans l'Ile du Prince Edouard.

Lors de la conquête, il y avait déjà un bon nombre de familles acadiennes. Mais les pauvres acadiens n'ont point de chance et l'amiral Coffin, qui ramenait avec lui Lord Dorchester, en passant devant ces îles, obtint de ce gouverneur la promesse d'une concession qui lui fut faite en 1798. L'amiral ni ses héritiers n'ont jamais voulu concéder eux-mêmes autrement qu'à bail emphytéotique. Lors de l'expiration de ces baux, il arrivera à la population acadienne des îleB de la Magdeleine ce qui arrive aujourd'hui à celle de l'Ile du Prince Edouard, à laquelle nous ouvrons dans ce moment un asile à Maiapédiac. Ne serait-il point mieux de prévenir un pareil malheur? Cette question mérite l'attention delà législature et de ceux qui s'intéressent à la race acadienne, sans compter que l'état précaire de la propriété aux Iles de la Magdeleine empêche toute amélioration et fait qu'elles n'ont point pour le Bas-Canada l'importance qu'elles devraient avoir. ,

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les différents endroits que nous venons d'étudier 26 écoles, fréquentées par 1,176 enfants.

Je rais conclure en disant qu'il n'y avait que doux missionnaires résidents dans ce comté, en 1851, l'un à Percé, l'autre à Douglastown, tandis qu'aujourd'hui on en compte cinq, ayant pour Biége de leurs missions respectives les paroisses de Sainte Anne des Monts, Jiivière-ati-Éenard, Douglaston, Percé et Grande-Ilivière.

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