I* ÉTUDE. — COMTÉ DE BONATENTTBE
des moyens suffisants de subsistance, n'ont pas le temps de les faire. Il faut que le gouvernement leur vienne en aide. Il faut se rappeler qu'il y a dans le district de Gaspé, des milliers et des milliers d'acres de terres possédant un sol des plus riches et encore couvertes de bois des espèces les plus précieuses, qui ne peuvent pas être défrichées et qui ne sont (l'aucune utilité par conséquent, parce que les colons ne peuvent s'y rendre faute d« moyens de communication.
" Avec les routes et les encouragements que le gouvernement accorde maintenant à l'agriculture et aux pêcheries, nous verrions la population de cet important district se doubler en peu d'années.
" Je n'exagère pas quand je dis que les deux comtés de Gaspé et Bonavcnture peuvent nourrir, avec les produits que lui fournissent l'agriculture et la pêche, une population d un million d'habitants. "
De son côté, M. l'abbé Lapointe, ci-devant missionnaire à Paspébia, écrivait à la date au 1er novembre 1861 :
" Au-delà de ce premier rang d'habitations (situées
sur les bords de la Baie des Chaleurs), s'étend une immense forêt d'érable, merisier et cèdre plantée sur un sol de terre forte à grain, où il n'y a pas de pierre ; vaste pays qui s'étend depuis la rivière Port-Daniel jusqu'à la rivière Cascapédia, formant une longueur de 51' milles. . La profondeur n'est pas explorée. Cette forêt qui n'a d'autres aspérités qu'une pente douce, s'étend aussi loin que l'œil peut atteindre, sans rencontrer une seule montagne. On présume qu'en plusieurs endroits la colonisation pourrait s'étendre jusqu'à 20 on 30 milles du bord de la mer sans rencontrer d'obstacles sérieux. La raison qui a fait que ce riche plateau n'est point occupé, c'est qu'il n'y avait point de chemin, et que la quantité des terres à prendre sur les bords de la Baie des Chaleurs était suffisante pour les besoins de la population. "
Le Dr. T. Kobitailh», de New-Carlisle, membre du comt6r rapporte également qu'il y a de l'espace dans cet étendue de pays pour y placer de suite cinq à six milles familles qui ne seraient éloignées des eaux de la Baie des Chaleurs que de deux à trois milles.
Quant au reste de cette immense lisière de terrain, située entre la rivière Cascapédia et celle Patapédîa, formant une étendue de pays d'environ 75 milles, cette contrée renfermeégalement, comme nous l'avons vu, une quantité considérable; de bonnes terres, arrosées par des rivières très poissonneuses,, pouvant offrir un asile à plus de 20,000 familles.
Enfin, par l'exposé que je viens de faire des chemins de colonisation et de la qualité des terres qu'ils traversent, on peut conclure que ces terrains sont très propres à faire de lâches et stables établissements agricoles, et que ces chemins, pour la plupart, mènent à d'autres étendues de territoire d'une égale valeur, pourvus de sources vives et de grands ruisseaux qui abondent en poissons, suivant que le constatent d'antres rapports que je ne puis reproduire.
Toutefois, je dois déclarer ici, que je ne saurais prendre la responsabilité complète de& rapports ou appréciations faîtes ar les divers conducteurs des travaux publics, sur la qualité u sol ou les avantages immédiats offerts à la colonisation dans les divers cantons du Bas-Canada, quoique d'ordinaire ces rapports soient assez exacts dans les informations qu'ils renferment. C'est la seule réserve que je réclame pour tout ce qui doit composer ce volume.
BESUMÉ.
Avant de fermer le chapitre de cette importante région dela Oaspésie, je vais consigner et mettre en parallèle les développements de la population comme les ressources de la contrée que nous venons d'apprécier en. détail, et suivant que le constatent les recensements de 1851 et 1861, afin que lelecteur puisse voir d'un seul coup-d'œil les importants progrès opérés depuis dix ans.
Population. — En 1851, le chiffre de la population totale des deux comtés composant la région s'élevait à 21,748 habitants, dont 9,692 étaient d'origine britannique- %t 12,056 d'origine canadienne-française, donnant à cette- dernière origine une majorité de 2,364 âmes.
En 1861, la population s'était élevée à 27,169 habitants, dont 11,161 sont d'origine britannique et 16,008 canadiensfrançais, donnant ainsi une majorité de 4,847 habitants à l'origine canadienne-française.
De ces calculs, il faut conclure que c'est l'élément français qui a le plus progressé, puisque par ces chiffres il appert que la population a augmenté de 5,421 habitants durant ces